Joseph, Pierre, Marie Fayau

1766 - 1799

Informations générales
  • Né le 25 mars 1766 à Rocheservière (Vendée - France)
  • Décédé le 25 mars 1799 à Rocheservière (Vendée - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Vendée
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Rocheservière (Vendée) le 25 mars 1766 « fils de Me Jean-Baptiste Fayau et de Delle Perrine Mitteau sa légitime épouse », mort au même lieu le 25 mars 1799 , il était avocat et se faisait appeler, avant la Révolution, M. des Bretinières.

Partisan des idées nouvelles, il fut nommé, par ses concitoyens, administrateur de la Vendée, et entra, le 5 septembre 1792, à la Convention, comme l'élu de ce département, le 5e sur 9, par 230 voix (341 votants). Il siégea à la Montagne, et opina dans le procès du roi pour la mort sans appel ni sursis : « Citoyens, dit-il au 2e appel nominal, afin de ne pas faire croire aux nations voisines qu'il faut 25 millions d'hommes pour juger un roi; parce que la responsabilité de Brutus fut une couronne civique, je dis non, et, quand j'aurais à prononcer sur le sort de Charles Stuart, je dirais encore non. Mais mon seul regret en mourant serait de ne pas renaître de mes cendres pour ne pas offrir à mes concitoyens autant de fois ma vie que de fois ils seraient assez lâches pour se donner un tyran. » Au 3e appel, il déclara : « Je ne vois dans cette affaire que Louis Capet, qu'un homme coupable, qu'un conspirateur. Je vote pour la peine de mort. »

Fayau devint secrétaire de l'Assemblée, et fut envoyé en mission dans son département pour organiser les levées en masse. Il se signala par l'ardeur de ses sentiments révolutionnaires, annonça à la Convention la prise de la Châtaigneraye sur les Vendéens, puis la reprise de Châtillon et, en novembre 1793, proposa un incendie général de la Vendée, de manière à la rendre inhabitable pendant un an. En mission avec Gaston à l'armée des Pyrénées-Orientales, il écrivait (29 avril) qu'ils avaient parcouru l'Ariège annonçant à tous « les sublimes vérités qui fixent l'univers sur la Convention nationale ». Adversaire acharné de Baco, maire de Nantes, il déclara aussi qu'il trouvait trop légère la peine de la reclusion infligée à Pichard, chef de rébellion de la Vendée, par la commission militaire de Fontenay-le-Peuple.

Fayau suivait alors la politique des Jacobins. Il continua de la défendre après le 9 thermidor, s'éleva un des premiers contre la marche rétrograde de la Convention, et défendit vivement les sociétés populaires, lors des attaques que leur porta la nouvelle majorité. A la séance du 11 ventôse an II, un membre ayant parlé de la nécessité de détruire les loups, les renards et les blaireaux nuisibles à l'agriculture, Fayau dit : « Je ne puis croire que ce membre ait parlé autrement que par figure. Sous le nom de loups et de renards, il a sans doute voulu désigner les différentes espèces d'aristocrates : les loups sont ceux qui, la tête levée, dévorent le peuple et sa substance, les renards sont les fins matois qui enlèvent les meilleures volailles pour empêcher les sans-culottes de mettre la poule au pot; les blaireaux sont les aristocrates qui, moins hardis que les premiers et moins adroits que les autres, se cachent le jour et courent la nuit pour assassiner le peuple. »

Au commencement de 1795, il protesta contre le « modérantisme », se plaignit de ce que les vrais patriotes étaient persécutés, et invoqua, à cette occasion, « l'âme de Marat. » Suspect aux vainqueurs de thermidor, Fayau ne tarda pas à être décrété d'accusation et arrêté, tant pour son attitude en Vendée, que comme l'un des instigateurs du mouvement insurrectionnel du 1er prairial an III. L'amnistie de brumaire an IV lui rendit la liberté. Il ne prit plus aucune part aux affaires publiques et mourut moins de quatre ans après.