Jean Duprat

1760 - 1793

Informations générales
  • Né le 22 décembre 1760 à Avignon (Vaucluse - France)
  • Décédé le 31 octobre 1793 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 16 juillet 1792 au 20 septembre 1792
Département
Vaucluse
Groupe
Majorité réformatrice
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 31 octobre 1793
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Avignon (Vaucluse) le 22 décembre 1760, exécuté à Paris le 31 octobre 1793, il était marchand de soieries à Avignon.

Partisan de la Révolution, il fut nommé maire de cette ville, avant sa réunion à la France, et eut des démêlés avec les commissaires du roi ; mais la population le rappela à son poste, et sa réinstallation fut un triomphe.

Elu, le 4 septembre 1792, par les Bouches-du-Rhône, le 1er sur 11, à l'unanimité de 742 votants, membre de la Convention, il suivit les opinions de son ami Barbaroux. Dans le procès du roi, lorsqu'il fut question de se prononcer sur l'appel au peuple, il s'exprima ainsi :

« Je respecte également toutes les opinions. Cependant une considération nouvelle m'a frappé tout à l'heure en faveur du renvoi de notre décision à la sanction du peuple ; et je dis oui avec d'autant plus de confiance, que Philippe (ci-devant duc d'Orléans) a dit non. Au reste, ne croyez pas que je redoute d'engager ici ma responsabilité. Lorsqu'il s'agira de prononcer la peine qu'a méritée le traître, je prouverai à l'univers que l'amour de la justice et mon dévouement à la république sont pour moi au-dessus de toutes les considérations. »

Au 3e appel nominal il répondit :

« Avons-nous sauvé la patrie ou perdu la République ? Il s'avance à grands pas le jour où ce problème important sera résolu : je l'attends sans crainte et sans remords. J'avais toujours pensé et je pense encore que les grandes considérations de compétence, de politique et de sûreté générale, qui déterminent aujourd'hui les opinions diverses, étaient toutes attachées au système de renvoi de votre décision à la sanction du peuple. Ce système est renversé. J'ignore ce que nous avons à craindre ou à espérer du système contraire. Je respecte souverainement le vœu de la majorité, et je trouve écrite dans le livre de la loi ma réponse à l'interpellation qui m'est faite en cet instant. On sera peut-être étonné de me voir en conformité de vœu avec un opinant que j'ai combattu mardi ; ce qui me rassure, c'est que mes commettants et la postérité ne croiront pas à l'identité de nos motifs. Citoyens, je me crois obligé d'opiner ici, comme je l'eusse fait dans les assemblées primaires, si la Convention nationale eut témoigné au peuple plus de confiance en sa sagesse et ses vertus. Je condamne à mort Louis le traître. Puisse son sang satisfaire la justice éternelle, et son supplice porter l'effroi dans l'âme de tous ceux qui peuvent espérer de lui succéder ! Je prévois aussi que l'exécution de ce jugement hâtera les sinistres projets des ambitieux conjurés. Eh bien ! c'est pour les rendre moins funestes que je veux presser leurs téméraires efforts. Il me tarde de voir éclore leurs complots ourdis dans les ténèbres. Qu'il se montre donc à découvert ce Cromwell dont on nous menace ! Je provoque sur moi toute sa colère, je brave ses satellites et leurs poignards ; et si la République ne triomphe pas des rois coalisés, si les amis de la tyrannie, si les anarchistes, si les Catilina pouvaient l'emporter sur les nombreux défenseurs des droits du peuple, citoyens, je vous apprendrai comment un Français doit mourir quand la liberté est perdue. En donnant mon opinion pour la mort du coupable, je demande que la Convention nationale s'occupe sans délai de la question de savoir s'il doit rester encore sur le sol français un seul rejeton de la famille royale. »

Il provoqua de violents murmures, le 29 avril 1793, en dénonçant son frère, révolutionnaire d'Avignon, comme « mauvais père, mauvais ami, mauvais frère. »

Il dénonça encore deux de ses collègues, Moïse Bayle et Boisset, et devint secrétaire de la Convention.

Mais ses relations étroites avec le parti girondin le firent décréter d'arrestation le 30 juillet 1793, en compagnie de Minvielle et Vallée. Le 3 octobre il fut décrété d'accusation et condamné à mort le 30, avec Brissot, Vergniaud, Gensonné, etc. Il marcha à l'échafaud en chantant la Marseillaise, à côté de Minvielle, son compatriote, son ami, son collègue à la Convention, et, assure la chronique du temps, l'amant de sa femme.

Après le 9 thermidor, la Convention accorda un secours à sa veuve et à ses enfants.

Date de mise à jour: octobre 2019