Claude, Hilaire Laurent

1741 - 1801

Informations générales
  • Né le 13 janvier 1741 à Mailleroncourt-Charette (Saône-et-Loire - France)
  • Décédé le 10 avril 1801 à Strasbourg (Bas-Rhin - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Bas-Rhin
Groupe
Montagne
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 avril 1798 au 26 décembre 1799
Département
Bas-Rhin
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, né à Mailleroncourt-Charette (Haute-Saône) le 13 janvier 1741, mort à Strasbourg le 10 avril 1801, il était médecin dans cette dernière ville au moment de la Révolution.

Il s'en déclara partisan, fut élu administrateur du Bas-Rhin, et suppléant à l'Assemblée législative (31 août 1791), pour ce département, puis, le 4 septembre 1792, député a la Convention, le 2e sur 9, par 346 voix (589 votants).

Il siégea à la Montagne et opina dans le procès du roi, au 2e appel nominal: « J'ai été investi de tous les pouvoirs de mes mandataires en me rendant à la Convention nationale. Le salut du peuple est la suprême loi. Louis XVI a favorisé les aristocrates, les fanatiques, les nobles, les marchands d'apothéose, les émigrés : et la liste civile, répandue dans les différents quartiers de l'Europe, paraît vouloir réchauffer ce parti; d'un autre côté, il est temps de donner un grand exemple à nos ennemis; il faut les effrayer. Un ancien a dit : Qui épargne les méchants, nuit aux bons; et moi je dis : Qui épargne un tyran, nuit aux nations. La justice, la raison et la politique s'accordent à ce que nous jugions définitivement Louis Capet, et qu'il n'y ait point d'appel au peuple; je dis non, non. »

Au 3e appel : « Je ne distingue pas entre le juge et le législateur. Le sentiment de la justice les confond en moi. Bannir Louis sur les terres étrangères, ce serait rallumer les feux d'une guerre mal éteinte. Le renfermer dans une prison, ce ne serait pas venger le sang de mes concitoyens que sa perfidie a fait et pourra faire couler encore; je prononce en républicain sans peur et sans reproche. Je vote pour la mort. »

Chargé de plusieurs missions, à Porentruy, près des armées du Rhin, du Nord et de Sambre-et-Meuse, il y montra beaucoup de bravoure. Il « épura » le département du Nord et activa le tribunal révolutionnaire. De Maubeuge, il écrivait à un de ses collègues, le 20 germinal an II : « Frappe sur les riches et les égoïstes : tu ne saurais croire combien ils rient sous cape de voir le pauvre sans-culotte fournir aux réquisitions avec loyauté. » Le 5 messidor suivant, annonçant l'occupation de l'abbaye de Zonebecke, près d'Ypres, il écrivait : « Comme ces moines avaient avancé 10,000 florins à S. M. l'empereur et roi pour nous faire la guerre, j'ai cru de toute justice de leur demander une somme de 1,000 louis pour faire aussi la guerre à S. M. et à toutes les Majestés de l'Europe coalisée contre la République. Comme la somme partait, j'ai invité ces pauvres de J.-C. à rentrer dans leur état et à remercier la Providence de m'avoir envoyé chez eux pour les soustraire aux dangers des richesses et les remettre dans les voies du salut. » Laurent était surtout chargé d'appliquer aux villes belges occupées le tarif des contributions ; il adressait aussi de nombreuses communications à l'Assemblée, notamment sur la situation de l'arsenal d'Huningue, sur les succès de nos troupes près de Maubeuge, sur la prise de Mons, sur celle de Louvain et de Malines, sur celle d'Anvers, etc.

A la Convention, il prononça un discours concernant les relations extérieures de la France, combattit l'effet rétroactif de la loi des successions et proposa de prohiber le commerce des grains pendant la nuit.

Réélu, le 26 germinal an VI, député du Bas-Rhin au Conseil des Cinq-Cents, il y prit encore plusieurs fois la parole, réclama la mise en vente des biens des cultes réformés, vota contre l'impôt sur le tabac, fut élu secrétaire, et traita diverses questions relatives à l'armée.

Adversaire du coup d'Etat du 18 brumaire, il combattit énergiquement Bonaparte et fut un des députés exclus du corps législatif par l'arrêté du lendemain. Retiré à Strasbourg, il y mourut en 1801.

Date de mise à jour: décembre 2019