Gaspard, Jean, Joseph Lesage-Senault

1739 - 1823

Informations générales
  • Né le 22 novembre 1739 à Lille (Nord - France)
  • Décédé le 30 avril 1823 à Tournai (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Nord
Groupe
Montagne
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 14 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Nord
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-cents, né à Lille (Nord) le 22 novembre 1739, de Jean Félix Lesage et Marie Claire Marlier, mort en Belgique le 30 avril 1823, il était négociant à Lille avant la Révolution.

Elu, le 3 septembre 1791, haut juré du Nord, puis administrateur du directoire de Lille, il fut envoyé (septembre 1792) par son département à la Convention, le 6e sur 12, à la pluralité des voix. Il prit place à la Montagne et, dans le procès du roi, répondit au 3e appel nominal : « Un juge national, un citoyen libre, ne peut pas ne pas condamner le tyran à mort. Je demande qu'il soit exécuté dans les vingt-quatre heures. »

Envoyé en mission à l'armée du Nord (avril 1793), il adressa à l'assemblée les preuves de la défection de Dumouriez, annonça que nos soldats s'étaient repliés sur les places de deuxième ligne, écrivit que les habitants du Nord étaient prêts à se lever en masse contre les ennemis, et destitua le général Lavalette que protégeait Robespierre. Ce ne fut pas la seule circonstance où Lesage-Sénault se trouva en opposition avec ce dernier.

Après le 9 thermidor, il fut placé au nouveau comité de sûreté générale, favorisa la réaction thermidorienne, mais n'échappa point lui-même à l'accusation de « terrorisme ». Il se rapprocha alors des derniers montagnards. Dans les séances des 27 et 29 décembre 1794, il fut rappelé deux fois à l'ordre pour avoir apostrophé le président en criant : « Assassine-nous ! » et avoir dit à Girot-Pouzol, qui était à la tribune: « Tu en as menti ! » Accusé, en avril 1795, dans un rapport de Pémartin sur les événements du 12 germinal, il fut défendu par Bion et Legendre, qui réussirent à faire écarter l'accusation. A la fin de la session, il demanda la mise en liberté de Duhem, Choudieu et autres jacobins.

Le 22 vendémiaire an IV, Lesage-Sénault fut réélu député du Nord au Conseil des Cinq-cents, par 321 voix sur 620 votants; en même temps il obtint la majorité dans la Loire-inférieure et dans le Puy de Dôme. Il prononça dans la nouvelle assemblée plusieurs discours passionnés : sur les élections, sur les troubles du Midi, sur les envahissements du royalisme, etc. Le 12 avril 1796, au milieu d'une discussion très vive qui s'éleva sur l'impunité dont jouissaient les « écorcheurs » des Jacobins dans le Midi de la France, il s'élança sur les défenseurs de la contre-révolution, en vint aux mains et fut reporté à sa place tout meurtri et couvert de contusions. Le 8 octobre, il provoqua encore une scène violente en déclarant que les royalistes étaient partout, dans les autorités constituées, dans le Directoire même et dans les Conseils.

Sorti du Conseil des Cinq-cents en mai 1797, Lesage-Sénault devint ensuite président du directoire du département du Nord, et fut réélu, le 23 germinal an VI, député de ce département aux Cinq-cents. Il y apporta les mêmes sentiments que précédemment, s'opposa au rétablissement des impôts indirects et des maisons de prêts sur gages désignées sous le nom de Monts-de-piété, et se montra très attaché aux institutions républicaines. Il concourut à faire supprimer (en 1799) dans le serment civique la formule de haine à l'anarchie, qui favorisait, dit-il, les prétentions des royalistes, appuya (18 brumaire) la déclaration de « la patrie en danger », et, dans la séance du 19, à Saint-Cloud, fut un des députés qui s'élevèrent avec le plus d'énergie contre le coup d'Etat.

Exclu du Corps législatif, il fut déporté par Bonaparte dans la Charente-inférieure, et vécut dans la retraite pendant le règne de Napoléon Ier; frappé par la loi de 1816 comme régicide, il passa en Belgique où il mourut.

Date de mise à jour: décembre 2019