Jacques, Antoine Rabaut-Pommier

1744 - 1820

Informations générales
  • Né le 24 octobre 1744 à Nîmes (Gard - France)
  • Décédé le 16 mars 1820 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 8 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Gard
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

membre de la Convention, député au Conseil des Anciens, né à Nîmes (Gard) le 24 octobre 1744, mort à Paris le 16 mars 1820, frère cadet du suivant, fut envoyé comme lui au séminaire de Lausanne, et fut reçu pasteur. Il exerçait le ministère à Montpellier, lorsqu'il fut élu, le 8 septembre 1792, député du Gard à la Convention, le 7e sur 8, par 288 voix sur 486 votants. Il siégea dans les rangs des Girondins et, dans le procès du roi, répondit au 3e appel nominal : « Lorsque la Convention décréta qu'elle jugerait elle-même Louis, je vis dans ce décret, rendu par article additionnel et sans discussion préalable, une source de maux pour la République. Je crus alors que la Convention pourrait en éviter une partie, en appelant le peuple à la ratification du jugement qu'elle aurait prononcé, et j'ai opiné pour cette mesure. Vous l'avez rejetée, et les suites funestes que peut avoir le supplice de Louis ordonné par vous seuls m'en paraissent plus inévitables. Ce supplice ralliera les tyrans, éloignera de nous et de notre révolution des peuples que nous voulions rendre libres, et dont les forces nous seront funestes, au lieu de nous être utiles ; il divisera la France; il donnera aux émigrés et aux ennemis intérieurs un chef plus actif, plus habile, plus entreprenant que Louis détrôné, méprisé, haï et captif, ne peut l'être : il laissera le trône plus libre à ceux qui veulent y arriver, et qui auront plus de ressources pour y monter, que celui à qui nous les avons toutes ôtées; il laissera à leurs soutiens et aux agitateurs subalternes plus de facilités pour désorganiser la République; et au milieu des ennemis, de la pénurie, des divisions et des maux qui l'assiégent, augmenter tant d'obstacles par cette mesure impolitique, c'est contribuer à la perdre; cependant nous avons été députés surtout pour la sauver; et c'est par un motif de sûreté générale que nous nous occupons du sort de Louis. Je gémis aussi sur les massacres auxquels tant de patriotes ont été exposés; mais la vengeance la plus utile à la République que l'on puisse tirer du sang versé est d'en prévenir une nouvelle effusion; et les victimes que le tyran a immolées à son ambition nous désavoueraient, si nous ne prenions pas la mesure qui nous paraîtra la plus propre a épargner le sang de leurs frères et de leurs concitoyens.

« Je déclare donc que je crois que Louis mérite la mort; mais que l’intérêt politique ne la demande pas. Si cependant vous la prononcez, et quel que soit votre jugement, je crois que l'exécution doit en être renvoyée après que les décrets constitutionnels, que vous avez déjà faits, auront été présentés à la ratification des assemblées primaires, et mon opinion est indivisible. »

Rabaut-Pommier protesta contre l'arrestation des Girondins au 2 juin 1793, fut décrété d'arrestation le 14 octobre suivant, et réussit à se cacher pendant six mois, avec son frère. Arrêté en même temps que lui (4 décembre), il fut enfermé à la Conciergerie, où on l'oublia, et d'où il sortit après la chute de Robespierre. Réintégré à la Convention le 18 frimaire an III, il fut nommé secrétaire de l'assemblée le 1er ventôse, fit décréter l'établissement d'un télégraphe aérien au Palais national (29 messidor), et, le 21 vendémiaire an IV, fut réélu député du Gard au Conseil des Anciens par 143 voix sur 225 inscrits. Secrétaire du Conseil (1er messidor an IV), il en sortit en l'an VI et fut nommé pasteur protestant à Paris. Favorable au coup d'Etat de brumaire, il fut appelé, le 17 prairial an VIII, aux fonctions de sous-préfet du Vigan, qu'il résigna au bout de quelques mois, et fut promu membre de la Légion d'honneur (16 messidor an XII). Il exerça le ministère évangélique à Paris, et fut membre du Consistoire de l'Eglise réformée de Paris depuis 1803. Atteint par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides, il partit de Paris le 17 mars 1816 avec un passeport pour la Prusse : il avait signé, aux Cent Jours, l'Acte additionnel; mais il bénéficia bientôt de l'amnistie partielle accordée par Louis XVIII, le 11 février 1818, aux conventionnels dont le vote n'avait pas été compté pour la mort dans le jugement de Louis XVI. Il rentra à Paris le 19 août suivant. Rabaut-Pommier fut un des propagateurs les plus actifs de la vaccine en France. On a de lui : Napoléon libérateur, sermon (1810) ; Sermon d'action de grâces sur le retour de Louis XVIII (1814).


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