Raoul, Joseph, Emile Calas

1899 - 1978

Informations générales
  • Né le 25 mars 1899 à Thezan-lès-béziers (Hérault - France)
  • Décédé le 23 décembre 1978 à Ivry (Seine-St-Denis - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Hérault
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Hérault
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Hérault
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Hérault
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 25 mars 1899 à Thezan-les-Béziers (Hérault)
Décédé le 23 décembre 1978 à Ivry (Val-de-Marne)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Hérault)
Député de l'Hérault de 1946 à 1951 et de 1956 à 1958

Fils de régisseur, Raoul Calas effectue sa scolarité à l'école primaire confessionnelle de son village avant d'entrer à l'Ecole normale d'instituteurs de Montpellier (promotion 1916-1919). Mobilisé pour son service militaire en avril 1918, à Carcassonne puis dans l'Aude (1918-1919), nommé caporal, il est volontaire pour le Maroc dans le corps des secrétaires d'Etat-major (1920-1921). Promu sergent, il participe à la première occupation de la Ruhr.

Rendu à la vie civile, Raoul Calas termine ses études à l'Ecole normale de Montpellier et, devenu instituteur, il prend son premier poste à Pézenas, le 1er octobre 1921. Jusqu'en 1929, il exercera dans cinq autres localités : Aigne, Béziers, Marseillan, Agde et Soubès. Ayant adhéré au Parti communiste en 1924, il mène de front activité syndicale et politique. Secrétaire du syndicat des membres de l'enseignement laïc de l'Hérault (1924-1925), puis secrétaire de l'Union locale de la C.G.T.U. d'Adge (1926-1927), il assure en août 1926 le secrétariat du Congrès national de la fédération C.G.T.U. de l'enseignement. Au plan politique, membre dès 1924 du Bureau de la fédération communiste de l'Hérault, il accède au Bureau régional en 1925 et devient, en juillet de la même année, secrétaire du comité d'action contre la guerre du Maroc. A ce titre, ayant compétence dans les départements de l'Hérault, de l'Aude, des Pyrénées-orientales, du Gard et de la Lozère, il fait la connaissance d'André Marty. Peu après son parti lui confie la réorganisation de la fédération des Pyrénées-orientales, consécutive à sa « bolchévisation ». Dans ses nouvelles fonctions, à Rivesaltes, il rencontre Irène Cadourcy, institutrice et militante communiste dans cette ville. Il l'épouse en 1927. Le 8 mai 1927, la municipalité communiste organise une réunion à l'occasion du départ sous les drapeaux de conscrits et de réservistes. Raoul Calas prend la parole : « en cas de grève, tournez les armes contre ceux qui vous prescriraient de tirer sur vos frères ». Condamné à cinq mois de prison par le tribunal correctionnel de Perpignan, il est suspendu de ses fonctions d'instituteur. En février 1928, il retrouve néanmoins un poste à Soubès du fait de l'infirmation du jugement pour vice de forme et du jeu de la prescription.

Dès 1925, Raoul Calas conduit sans succès la liste communiste pour les élections municipales à Agde. Aux législatives de 1928, son parti le présente dans la deuxième circonscription de Béziers puis lui demande, en 1929, d'affronter Léon Blum lors de l'élection législative partielle de Narbonne. Ce troisième échec ne l'empêche pas, deux mois plus tard, de se porter candidat au Conseil général de l'Hérault à l'occasion d'une autre élection partielle.

Cependant, en juillet 1929, Raoul Calas est révoqué de son emploi d'instituteur pour avoir écrit dans « le travailleur du Languedoc » : « Soldats vous ne tirerez pas sur vos frères, les ouvriers et les paysans. » Condamné à six mois de prison, il effectue sa peine à la Santé de décembre 1929 à juin 1930.

Après sa libération, devenu permanent du Parti communiste et secrétaire régional pour le Languedoc, il se présente à la législative partielle du 27 janvier 1931 à Céret (Pyrénées-orientales). Quelques mois plus tard, il quitte la région pour le Nord-Pas-de-Calais où, comme secrétaire régional, il remplace Arthur Ramette, alors emprisonné. Malgré les critiques de Maurice Thorez, qui lui reproche d'avoir préconisé la révision de la tactique « classe contre classe », il occupe cette fonction jusqu'en février 1934 non sans avoir, entre temps, fait acte de candidature aux législatives de mai 1932 dans la deuxième circonscription de Lille et à la législative partielle de janvier 1934 dans la première circonscription de Cambrai.

De février 1934 au 1er juillet 1936, Raoul Calas remplit les fonctions de Secrétaire général de l'« Humanité », organe auquel il avait déjà collaboré de juillet à décembre 1929 après sa révocation par l'Education nationale. A ce titre, il fait l'objet d'une condamnation à cinq cent francs d'amende. Réintégré dans l'enseignement par le gouvernement de Front populaire en juillet 1936, Raoul Calas est nommé, avec sa femme à Marsillargues puis à Sète. Il reprend des fonctions dirigeantes au sein des instances régionales du Parti communiste : comité puis bureau et secrétariat régional.

Mobilisé comme soldat de deuxième classe - il avait été cassé de son grade de sergent - fait prisonnier puis rapatrié en juin 1941, il retrouve un poste à Beaucaire (Gard). Peu après, le 7 décembre 1941, il entre dans la clandestinité et organise la résistance communiste dans le Puy-de-Dôme, puis dans les départements de la Loire, de la Haute-Loire, du Cantal, de l'Allier et du Cher. Arrêté à Saint-Etienne le 10 juin 1942, condamné à mort le 12 août, sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuité à la suite d'une vive campagne de protestation développée dans la région Languedoc-Roussillon. Emprisonné à Nontron (Dordogne), libéré le 10 juin 1944 par l'intervention des F.T.P., Raoul Calas rejoint la résistance armée et, lieutenant colonel F.F.I., dirige les combats du 19 août à Tulle et du 20 août à Egletons (Corrèze). Ces actes de résistance lui valent d'être décoré de la Légion d'honneur, de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance.

Tandis qu'il s'apprête à rejoindre un nouveau poste à Sète, la direction du Parti communiste lui demande de devenir permanent à Paris et le présente au Comité central auquel il sera constamment réélu. Quatre mois plus tard, aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, Raoul Calas conduit la liste communiste dans l'Hérault. Il en ira de même aux élections pour la seconde Assemblée nationale Constituante (2 juin 1946) et aux trois élections législatives de la IVe République (10 novembre 1946 ; 17 juin 1951 et 2 juin 1956). A chacune d'elles, avec au moins 30 % des suffrages exprimés, le Parti communiste arrive en première position, devançant largement les listes de MM. Jules Moch (S.F.I.O.) et Paul Coste-Floret (M.R.P.). Toutefois, le 17 juin 1951, l'apparentement conclu entre la S.F.I.O., le M.R.P., les Radicaux et les Indépendants obtient la majorité absolue et se répartit les six sièges à pourvoir, privant le Parti communiste de toute représentation. Raoul Calas et Antonin Gros retrouveront leur siège aux élections du 2 janvier 1956.

A la première Assemblée nationale Constituante, membre de la Commission de la Constitution et juré à la Haute Cour de justice, il intervient sur la déclaration des droits et, avec son groupe vote la Constitution qui sera rejeté par référendum le 5 mai 1946.

A la seconde Assemblée nationale Constituante, membre de la Commission de l'éducation nationale, il intervient sur la revalorisation de la fonction enseignante (3 septembre 1946). Il s'intéresse également à l'agriculture - le 19 septembre il dépose une proposition de résolution sur le calcul des bénéfices des exploitations viticoles - et à ses camarades de la Résistance. A ce titre, il rédige une proposition de loi en faveur de « marins détenus dans des camps de concentration pour faits de résistance » (20 septembre). Il vote la Constitution (28 septembre).

Durant la première législature de la IVe République, membre des Commissions de la marine marchande et de l'éducation nationale, Raoul Calas dépose de nombreux textes et intervient fréquemment dans ces domaines, tout en défendant les intérêts de son département : fermetures de mines, situation de l'agriculture et de la viticulture. Très présent à l'Assemblée, il fut durant cette législature l'acteur principal d'un épisode fameux de l'histoire parlementaire de la IVe République : l'incident Calas. En novembre 1947, six mois après le départ des ministres communistes du gouvernement, et quelques semaines après le succès du R.P.F. aux élections municipales, le cabinet de Robert Schuman est aux prises avec de sérieuses difficultés économiques et un mouvement de grève qui peuvent mettre en jeu l'existence même du régime. Le 29 novembre, deux projets de loi viennent en discussion devant l'Assemblée. Le premier, relatif à la défense de la République autorise le gouvernement à faire appel à quatre-vingt mille hommes de troupe et à les mettre à la disposition du ministre de l'Intérieur ; le second renforce la protection de la liberté du travail. Dans une atmosphère surchauffée, après de multiples incidents à la suite desquels des sanctions furent prononcées contre des députés communistes, Raoul Calas prend la parole et conclut son intervention en exaltant le 17e régiment d'infanterie qui, en 1907, à Béziers, avait refusé de faire feu sur les viticulteurs : « c'est un geste à la fois républicain et patriote, d'autres suivront son exemple ». Le compte-rendu des débats rapporte que « les députés siégeant à l'extrême gauche se lèvent et chantent l'hymne aux soldats du 17e ». Le président Herriot suspend la séance. A la reprise, il demande à l'Assemblée de prononcer la censure avec exclusion temporaire contre Raoul Calas qui « a fait appel à la violence, à l'insurrection de l'armée contre les ordres qui peuvent lui être donnés. » La censure prononcée, la séance suspendue, le député de l'Hérault demeure à la tribune. A la reprise, entouré de députés communistes qui en bloquent l'accès, il refuse de la libérer. Le président suspend à nouveau la séance. Le lendemain matin, à six heures, Raoul Calas obtempère aux injonctions de la garde du Palais Bourbon. Le 12 janvier suivant, son groupe présente sa candidature à la présidence de l'Assemblée contre Edouard Herriot.

Après l'interruption de 1951-1955, réélu député de l'Hérault aux élections du 2 janvier 1956, nommé membre de la Commission de la presse - il est alors rédacteur en chef de l'hebdomadaire « France-nouvelle » - Raoul Calas se consacre surtout à la défense des intérêts de son département. A ce titre, il dépose des propositions de loi et intervient sur l'usine à gaz d'Agde, l'activité d'établissements industriels et les difficultés des agriculteurs et viticulteurs. Avec son groupe il vote la confiance à Guy Mollet (31 janvier 1956), les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars 1956), la confiance à Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957). Il s'oppose à la C.E.E. et à l'Euratom (9 juillet 1957), vote la confiance à Félix Gaillard (5 novembre) auquel il refuse les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 novembre). Il s'abstient sur la confiance à Pierre Pflimlin (13 mai 1958), mais vote l'état d'urgence en métropole (16 mai). Il refuse la confiance au général de Gaulle (1er juin) ainsi que les pleins pouvoirs et la révision de la Constitution (2 juin 1958).


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