Gaspard, Séverin Duchastel

1766 - 1793

Informations générales
  • Né le 20 février 1766 à Cersay (Deux-Sèvres - France)
  • Décédé le 31 octobre 1793 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 3 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Haute-Saône
Groupe
Girondins

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Rochefou, commune de Cersay (Deux-Sèvres) le 20 février 1766, exécuté à Paris le 31 octobre 1793, il était fils d'un général des finances du Poitou, de petite noblesse, et riche propriétaire dans les Deux-Sèvres.

Après avoir fait ses études à Poitiers, il entra (1786) dans les gardes du roi, qu'il quitta à la mort de son père, pour revenir dans ses domaines (1788). Administrateur des Deux-Sèvres (1790), il se mit à la tête des gardes nationales, comme chef de légion à Thouars, lors du soulèvement de la Vendée, et repoussa les Vendéens à Châtillon (24 août 1791).

Ce fait d'armes le fit élire, le 5 septembre 1792, membre de la Convention par le département des Deux-Sèvres, le 4e sur 7, par 191 voix sur 353 votants. Il se lia avec le parti Girondin. Malade au 1er et au 2e appel nominal pour le jugement de Louis XVI, il vint en bonnet de nuit voter, au 3e appel, pour le bannissement.

Dans la séance du mardi 28 mai 1793, il fut désigné par la majorité de la Convention pour aller en mission à l'armée du Nord ; mais la Montagne protesta violemment contre cette nomination. Collet d'Herbois s'écria : « Je demande que l'on fasse imprimer le procès-verbal de la séance où Duchastel est venu en bonnet de nuit pour sauver Capet. C'est un scélérat. » Danton demanda la parole contre lui, et ils montèrent ensemble à la tribune. Duchastel ayant obtenu la parole, s'exprima ainsi : « Je déclare qu'avant prononcé mon opinion contre la mort de Louis Capet, et l'ayant envoyée au président qui ne put la lire, je me rendis, quoique malade, à l'Assemblée pour voter. Au surplus, puisque je n'ai pas la confiance de ces messieurs, je n'accepte pas la commission. »

Dans la séance du 15 juin, Berlier fit, au nom du Comité de Salut public, un rapport sur les faits imputés à Duchastel. Il donna lecture des déclarations de Choudieu et de Bourbotte, commissaires auprès de l'armée des côtes. Choudieu attestait que Duchastel avait parcouru les départements de la Loire Inférieure, de Mayenne et Loire et des Deux-Sèvres, au moment où les rebelles y faisaient des progrès. La municipalité de Brissac, district d'Angers, l'avait arrêté et fait conduire à Doué, district de Saumur. Il présenta un passeport de la Convention nationale, fut remis en liberté, et se dirigea sur les Deux-Sèvres. Choudieu ajouta que la conduite de Duchastel lui avait paru suspecte. « Depuis, dit-il, une lettre de Duchastel, trouvée dans la poche d'un chef des rebelles, a prouvé qu'il était en correspondance avec eux. » Berlier terminait en disant : « Bourbotte, arrivé hier des départements que les brigands ravagent, a déclaré au Comité de Salut public qu'il avait connaissance des mêmes faits, il en a rédigé le procès-verbal. »

Duchastel, qui avait déjà gagné Caen avec les autres Girondins, fut décrété d'accusation. Il fut arrêté à Bordeaux sur l'ordre du représentant Ysabeau, au moment où il allait s'embarquer pour Philadelphie. Compris dans l'acte d'accusation dressé contre la Gironde, il comparut devant le tribunal révolutionnaire avec ses co-accusés, le 3 brumaire an II. L'accusateur public dit qu'il avait envoyé, de concert avec Pétion et autres, Charlotte Corday pour assassiner Marat. Duchastel répondit à cette accusation : « A l'époque où j'ai vu Pétion dans le Calvados, Marat n'était plus, et je n'ai point conspiré contre l'unité de la République. » Il fit observer, en outre, qu'il n'avait été dans le Calvados que le 2 juillet et qu'à cette époque plusieurs départements s'étaient déjà révoltés. Il déclara qu'il ne se serait pas rendu à Caen s'il avait su qu'il s'y trouvait des conspirateurs cherchant à soulever les départements contre la Convention nationale. Le président Hermann lui ayant fait cette question : « N'est-ce pas vous qui, en bonnet de nuit, êtes venu voter contre la mort du tyran ? » il répondit: « Comme je n'ai à rougir d'aucune de mes actions, je déclare que c'est moi ! » Il fut condamné à mort, lui quinzième, le 9 brumaire an II, à onze heures du soir. Il fut exécuté le lendemain, 31 octobre 1793, avec les chefs de la Gironde, sur la place de la République, à midi. Il avait vingt-sept ans.

Date de mise à jour: octobre 2019