Paul, Antoine, Joseph Cermolacce

1912 - 1988

Informations générales
  • Né le 2 juillet 1912 à Marseille (Bouches-du-Rhône - France)
  • Décédé le 15 mai 1988 à Marseille (Bouches-du-Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 11 mars 1973 au 2 avril 1978
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 2 juillet 1912 à Marseille (Bouches du-Rhône)
Décédé le 15 mai 1988 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Membre de la premières et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Bouches-du-Rhône)
Député des Bouches-du-Rhône de 1946 à 1958

Paul Cermolacce est issu d'une vieille famille d'origine corse, installée à Marseille au début des années 1900. Ses oncles Sylvestre et Baptiste, militants syndicaux et responsables communistes à Marseille dans l'entre-deux guerres, influencèrent ses choix, d'autant que le jeune Paul Cermolacce quitte l'école communale à douze ans après avoir obtenu son certificat d'études. Il commence à travailler comme coursier, fait son apprentissage de plombier puis, à quatorze ans, navigue comme mousse dans la marine marchande ce qui le conduit à effectuer son service militaire dans la marine nationale. De cette époque de sa vie datent ses deux principaux centres d'intérêt : la marine et la condition des marins d'une part ; l'Outre-mer et le colonialisme d'autre part. En 1927 il adhère à la C.G.T. (réformiste), syndicat dominant dans le port de Marseille puis s'inscrit à la C.G.T.U. (communiste) et milite au P.C.F. Après le 6 février, il participe aux grèves de 1934 et à la réunification syndicale, prélude à la formation du Front populaire. Entre 1936 et 1939 il est délégué syndical, secrétaire de cellule puis de section et prend part aux grandes grèves de 1936. En 1937, il est délégué au IXe Congrès du Parti communiste à Arles. Pendant cette période, comme marin, il effectue des voyages vers l'Espagne pour venir à l'aide des républicains et achemine des tracts en Italie et en Indochine. Licencié à plusieurs reprises en raison de ses activités syndicales, Paul Cermolacce prend part à la grève du 30 novembre 1938. Puis, fidèle au Parti communiste, il entre dans la clandestinité à la suite de la signature du pacte germano-soviétique.

Arrêté par le gouvernement de Vichy fin 1940, il est interné dans les camps de Chaffaut et de Saint-Sulpice avant d'être déporté en Algérie. Après le débarquement allié de novembre 1942, il refuse de signer un engagement de soutien à la politique du général Giraud et ne recouvre la liberté qu'en mai 1943.

De retour à Marseille le 31 août 1944, son parti lui demande de réorganiser le syndicat des marins, dont il devient le secrétaire, puis le présente dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône (Marseille) pour les élections du 21 octobre 1945 à la première Assemblée nationale Constituante. Avec 41,7 % des suffrages, la liste communiste conduite par François Billoux arrive nettement en tête et remporte quatre des neuf sièges à pourvoir, le quatrième revenant à Paul Cermolacce. Il en va de même aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante malgré un tassement du Parti communiste (37 % des voix).

Membre des Commissions des moyens de communication et du ravitaillement durant les deux Assemblées nationales Constituantes, le député de Marseille dépose une proposition de loi et deux rapports concernant les marins ou leurs enfants. Il s'intéresse aussi à sa région d'origine en rapportant, au nom de la Commission des moyens de communication, des propositions de résolution tendant à l'amélioration de la desserte ferroviaire de la Corse. Avec son groupe il vote les nationalisations et les deux projets de Constitution (19 avril et 28 septembre 1946).

Aux élections législatives du 10 novembre 1946, Paul Cermolacce occupe à nouveau la quatrième place sur la liste du Parti communiste, conduite à Marseille, par François Billoux. Elle recueille 40,3 % des suffrages et obtient quatre des neuf sièges à pourvoir. Pendant toute la législature le député des Bouches-du-Rhône siège à la Commission de la marine marchande dont il assume la vice-présidence de 1947 à 1949. A compter de 1948, il appartient de surcroît à la Commission des territoires d'outre-mer. Il dépose six textes parlementaires (cinq propositions de loi ou de résolution et un rapport) ayant trait à la situation des marins et tout particulièrement à leur pension de retraite. En séance, il participe à toutes les discussions des budgets des transports et de la marine marchande ainsi qu'à celles des projets de loi portant organisation de la marine marchande. Il suit de près l'activité du port de Marseille et de ses environs : il interpelle le gouvernement sur la « répression » frappant les travailleurs du port (24 mars 1950), soutient une motion préjudicielle lors de l'examen du projet de loi relatif à la construction navale et explique le vote de son groupe sur ce texte (16 mai 1951). L'Outre-mer constitue le second grand domaine de l'activité parlementaire de Paul Cermolacce. Il prend part à la discussion du budget de la France d'Outremer (6 juin 1950), à celle du projet de loi instituant un code du travail dans ces territoires (16 et 20 décembre 1950 et 10 février 1951) et propose l'extension du collège unique à tous les territoires d'outre-mer (24 avril 1951).

Réélu aux élections du 17 juin 1951, dans les mêmes conditions qu'en 1946, malgré un effritement de la liste communiste (38,6 % des suffrages), Paul Cermolacce reprend place au sein des Commissions de la marine marchande et des territoires d'outremer. Pendant cette législature, il ne dépose pas moins de dix-neuf rapports, propositions de loi ou de résolution ayant trait aux transports et à la condition des marins, spécialement à leurs salaires et pensions de retraite. Il devient un orateur important du groupe communiste, tant dans le champ des compétences des deux commissions auxquelles il appartient qu'à propos de sujets plus politiques. Ainsi il intervient sur la loi Barangé favorable à l'enseignement privé (27 juillet 1951), l'échelle mobile des salaires (10 septembre 1951), la paix en Indochine (19 décembre 1951) ou encore sur les pouvoirs spéciaux demandés par le gouvernement Edgar Faure en matière économique, sociale et fiscale (29 mars 1955).

Aux élections du 2 janvier 1956, Paul Cermolacce figure en troisième position sur la liste communiste, remplaçant à ce rang Yvonne Estachy, député sortant. Malgré un nouveau tassement (36,2 % des voix) la liste dirigée par François Billoux dans la première circonscription des Bouches-du-Rhône arrive nettement en tête et conserve ses quatre sièges, le dernier revenant à Yvonne Estachy. Membre des mêmes Commissions que durant la précédente législature, Paul Cermolacce dépose le même type de propositions et de rapports et intervient sur les budgets de la marine marchande et de la France d'Outre-mer. Il prend part à la discussion du projet de loi-cadre concernant les territoires d'Outre-mer et réclame une consultation des habitants du Togo préludant à l'unification et à l'indépendance du territoire. Présent à l'Assemblée lors de la discussion d'interpellations à la suite des événements de Hongrie, il fait l'objet d'un rappel à l'ordre par le Président André Le Troquer (7 novembre 1956). Votant avec son groupe, le député des Bouches-du-Rhône refuse la confiance au général de Gaulle (1er juin 1958), les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).

Parallèlement à son mandat parlementaire, Paul Cermolacce exerce des fonctions au sein du Parti communiste: membre de la direction fédérale des Bouches-du-Rhône depuis 1945, il devient secrétaire fédéral en juillet 1946. En 1954 et 1955, il a été professeur stagiaire à l'école centrale du P.C.F.



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