Aimé, Fernand, David Césaire

1913 - 2008

Informations générales
  • Né le 25 juin 1913 à Basse-pointe (Martinique - France)
  • Décédé le 17 avril 2008 à Fort-de-france (Martinique - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Martinique
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Martinique
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Martinique
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Martinique
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Martinique
Groupe
Communiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Martinique
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Martinique
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 5 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Martinique
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Martinique
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 4 mars 1973 au 2 avril 1978
Département
Martinique
Groupe
Non inscrit
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 12 mars 1978 au 22 mai 1981
Département
Martinique
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 14 juin 1981 au 1er avril 1986
Département
Martinique
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 16 mars 1986 au 14 mai 1988
Département
Martinique
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IXe législature
Mandat
Du 5 juin 1988 au 1er avril 1993
Département
Martinique
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 25 juin 1913 à Basse-Pointe (Martinique)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Martinique)
Député de la Martinique de 1946 à 1958

Fils de Fernand Césaire, contrôleur des contributions, Aimé Césaire est né à Basse-Pointe (Martinique) le 25 juin 1913. Après ses études secondaires au lycée de Fort-de-France, puis au lycée Louis-le-Grand à Paris, il passe une licence ès-lettres et un diplôme d'études supérieures, et entre à l'Ecole normale supérieure. Le 10 juillet 1937, il épouse Suzanne Roussi qui lui donnera six enfants. A l'issue de ses études supérieures, Aimé Césaire est nommé professeur au lycée de Fort-de-France (1940-1945). Il se consacre aussi à la rédaction de poèmes qui l'ont rendu célèbre comme l'un des représentants de l'Ecole surréaliste.

C'est à l'issue de la Seconde Guerre mondiale que commence la carrière politique proprement dite d'Aimé Césaire. Il est alors candidat du Parti communiste et est élu conseiller municipal et maire de Fort-de-France, mandat qui lui sera renouvelé en 1947 et en 1953, puis Conseiller général de la Martinique (1945-1951 et depuis avril 1958).

Aux élections pour la première Assemblée nationale Constituante, Aimé Césaire, toujours sous l'étiquette communiste, est élu au second tour, le 4 novembre 1945, représentant de la première circonscription de la Martinique par 14 405 voix sur 20 264 votants pour 67 121 inscrits.

A l'Assemblée, il est nommé de manière logique membre de la Commission des territoires d'outre-mer. C'est au nom de celle-ci qu'il présente le 26 février 1946, un rapport sur la proposition de loi déposée le 17 janvier précédent par son collègue martiniquais Léopold Bissol, et tendant à faire classer la Guadeloupe et la Martinique comme départements français. La loi d'assimilation sera votée à l'unanimité le 19 mars 1946.

Aimé Césaire prend en outre largement part aux débats notamment lorsqu'ils sont relatifs à la France d'outre-mer, et est rapporteur de la proposition de loi de MM. Bissol, Monnerville et Vergès tendant au classement de la Guyane comme département. Aimé Césaire vote les nationalisations et le projet de Constitution. Cependant le rejet de ce dernier texte par le référendum du 5 mai entraîne l'élection d'une nouvelle Assemblée nationale Constituante.

Aux élections du 2 juin 1946, pour la seconde Assemblée nationale Constituante, Aimé Césaire est réélu toujours sous l'étiquette communiste, avec 19 704 voix sur 30 937 votants (62 915 inscrits). A l'Assemblée il retrouve la Commission des territoires d'outre-mer et intervient à plusieurs reprises dans les débats constitutionnels. Le 18 septembre il présente des observations sur l'Union française puis vote le projet de Constitution le 28 septembre.

Aux élections pour la première législature de la IVe République, la Martinique ne forme plus qu'une circonscription, mais le nombre des sièges à pourvoir passe de deux à trois. Aimé Césaire conduit la liste présentée par le Parti communiste et, avec 34 659 voix sur 55 007 suffrages exprimés (119 467 électeurs inscrits), est à nouveau réélu : la liste communiste emporte deux sièges sur trois, la S.F.I.O. avec Emmanuel Hermence-Véry, obtenant le troisième. L'élection d'Aimé Césaire sera validée le 22 mai 1947, par la majorité de l'Assemblée malgré le rapport du 5e Bureau tendant à son annulation. La Chambre conclura cependant à la nécessité de réviser les listes électorales de la Martinique.

Aimé Césaire est, à l'Assemblée, nommé membre de plusieurs Commissions parlementaires importantes : affaires étrangères (1946), territoires d'outre-mer (1946, 1948, 1949, 1950, 1951) et enfin, éducation nationale (1948, 1950, 1951). En outre, la Commission des territoires d'outre-mer le désigne en vue de représenter l'Assemblée au sein du Comité de gestion du fonds d'investissement pour le développement économique et social des territoires d'outre-mer (le F.I.D.E.S).

Elu le 3 décembre 1946 secrétaire de l'Assemblée nationale, Aimé Césaire vote le 12 pour la candidature de Léon Blum comme président du gouvernement provisoire de la République. Au cours de la première législature, il déposera un très grand nombre de textes parlementaires. Réélu secrétaire de l'Assemblée nationale le 14 janvier 1947, il vote le 4 mai contre la confiance au gouvernement Paul Ramadier, scrutin à la suite duquel celui-ci se sépare de ses ministres communistes. Au cours de la séance du 22 mai 1947, Aimé Césaire intervient longuement à propos des opérations électorales en Martinique. Il conclut : « il conviendra de ne procéder à de nouvelles élections à la Martinique que lorsque vous aurez obtenu que le pouvoir exécutif y place, conformément (...) à la loi qui a transformé cette vieille colonie en département, une administration démocratique et républicaine qui sera chargée de veiller scrupuleusement à l'application des dispositions législatives (...). A travers ce problème se pose un autre problème (...) plus vaste, plus général (...), le problème de la démocratie outre-mer dans sa dignité, dans son existence et dans son avenir ». Sa proposition de loi du 13 août suivant vise à nationaliser de grandes banques des départements d'outre-mer. Enfin, il s'abstient volontairement lors du scrutin du 27 août 1947 sur le projet de statut de l'Algérie.

Aimé Césaire est réélu secrétaire de l'Assemblée nationale le 14 janvier 1948, poste dont il démissionne dès le lendemain. Le 12 février suivant, il dépose une demande d'interpellation à propos des incidents survenus à Fort-de-France et, le 23, une autre demande d'interpellation sur la non-application de la loi relative à la Sécurité sociale dans les départements d'outre-mer. Puis, le 23 juin 1948, il revient sur ces problèmes en déposant une proposition de loi visant à assurer l'application effective de la Sécurité sociale dans les départements de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique et de la Réunion. Il vote le 9 juillet 1949 contre la constitution du Conseil de l'Europe et le surlendemain, intervient longuement sur le projet de loi relatif au découpage électoral des départements d'outre-mer. Aimé Césaire vote le 7 mai 1951 contre le projet de réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec apparentements.

Aimé Césaire conduit la liste présentée par le Parti communiste français en Martinique aux élections législatives du 17 juin 1951. Ses engagements électoraux reprennent un programme exposé le 31 mai précédent dans l'hebdomadaire Justice, que dirige alors son collègue Léopold Bissol. Ils insistent sur le mauvais bilan du gouvernement depuis le départ des ministres communistes : hausse des prix pour les consommations de première nécessité, quadruplement du budget militaire, chômage, etc. En Martinique, la liste communiste obtient 41 231 voix sur 65 626 suffrages exprimés et conserve ses deux sièges.

A l'Assemblée, Aimé Césaire est à nouveau nommé membre de la Commission de l'éducation nationale (1951) et de celle des territoires d'outre-mer (1951, 1953, 1954, 1955) et dépose au cours de la deuxième législature six textes parlementaires.

Aimé Césaire vote le 13 décembre 1951 contre la ratification du traité de Paris instituant la C.E.C.A. (pool charbon-acier). Le 24 mars 1951, il dépose une proposition de résolution pour porter secours aux victimes du tremblement de terre que vient d'éprouver la Martinique et intervient longuement le 10 juin 1952 lors du débat sur l'investiture de Georges Bidault comme président du Conseil désigné : « Il est (...) une fâcheuse tradition qui veut que les présidents du Conseil désignés soient d'une singulière discrétion sur les problèmes de l'Union française. Je constate, Monsieur le président du Conseil désigné, que vous avez scrupuleusement respecté cette tradition... » Le 16 février 1954, Aimé Césaire dépose une demande d'interpellation sur la politique économique et sociale dans les départements d'outre-mer, interpellation qu'il développera longuement avec celle déposée le 26 mars suivant sur les revendications des fonctionnaires des territoires d'outre-mer au cours de la séance du 9 avril. Le 17 juin, il vote pour l'investiture de Pierre Mendès-France comme président du Conseil désigné.

Le 30 août 1954, Aimé Césaire vote pour la question préalable opposée par Edouard Herriot et le général Aumeran à la ratification du traité sur la Communauté européenne de défense (vote équivalant au rejet du traité) et le 10 décembre suivant, contre la confiance au gouvernement sur sa politique en Algérie. Il votera également contre la confiance à Pierre Mendès-France lors du scrutin du 4 février 1955 sur la situation en Afrique du Nord, scrutin à la suite duquel le gouvernement est renversé. Puis le 31 mars, il vote contre l'état d'urgence en Algérie. Enfin le 6 octobre 1955, il dépose une proposition de résolution tendant à faire apporter une aide immédiate aux victimes du raz-de-marée qui vient de toucher la Martinique.

Lors des élections du 2 janvier 1956, Aimé Césaire conduit la liste du Parti communiste français en Martinique et insiste dans ses engagements électoraux, sur la « situation (...) dramatique » de la Martinique touchée notamment par la réduction de son contingent du rhum. « Ce que nous proposons, c'est une politique, démocratique dans son inspiration, sociale dans ses buts, et martiniquaise dans ses moyens. » Avec 46 915 voix sur 75 868 suffrages exprimés (et 121668 inscrits), la liste communiste conserve ses deux sièges. A nouveau nommé membre de la Commission des territoires d'outre-mer (1956), Aimé Césaire vote la confiance à Guy Mollet (31 janvier 1956), puis les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars). Le lendemain il intervient longuement à propos de la situation de l'agriculture dans les départements d'outre-mer, et notamment en Martinique.

Mais l'année 1956 est, surtout marquée par la crise du mouvement communiste : le « rapport Khrouchtchev », présenté secrètement au 20e congrès du Parti communiste d'Union soviétique condamne le système stalinien. Les répercussions en Europe de l'Est sont très importantes, avec notamment la révolte hongroise d'octobre 1956. Aimé Césaire, comme plusieurs autres intellectuels français, tire les leçons de la crise : il donne par une lettre à Maurice Thorez datée du 25 octobre 1956 sa démission de membre du Parti communiste français. Se plaçant d'abord du point de vue de la politique nationale, il condamne l'immobilisme du P.C.F. par rapport à la situation politique française et face au développement du débat idéologique. Puis il en vient à la situation internationale, en relevant les problèmes soulevés par les conclusions du « rapport Khrouchtchev ». Enfin, Aimé Césaire ajoute : « il faut que le marxisme et le système soviétique servent le peuple noir et non l'inverse, il faut plus généralement que les doctrines et les mouvements politiques soient au service de l'homme et non le contraire ».

Aimé Césaire s'inscrit au Parti du regroupement africain et des fédéralistes. Le 6 juillet 1957, il prend la parole dans le débat relatif à la Communauté économique européenne (C.E.E.) et à l'Euratom : « je crois que l'avenir des Antilles est fonction d'une politique cohérente et résolue d'industrialisation (...). Non seulement il est illusoire de croire que les produits de l'Union française conquerront une part du marché allemand, mais encore il (...) y a grand danger que, par le biais du Marché commun, nos produits (...) ne perdent une partie du marché national français... ». Le 9 juillet Aimé Césaire vote contre la ratification des traités instituant la C.E.E. et l'Euratom.

En 1958, Aimé Césaire ne prend pas part au vote du 1er juin sur l'investiture du général de Gaulle ni à celui du 2 juin relatif à la révision constitutionnelle mais le même jour il refuse les pleins pouvoirs au gouvernement.

Durant cette période, Aimé Césaire a notamment publié Cahier d' un retour au pays natal, Les armes miraculeuses, Soleil cou coupé, Discours sur le colonialisme.



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