Robert Chambeiron

1915 - 2014

Informations générales
  • Né le 22 mai 1915 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 30 décembre 2014 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Vosges
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Vosges
Groupe
Union républicaine et résistante
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Vosges
Groupe
Union républicaine et résistante
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Vosges
Groupe
Républicain progressiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 22 mai 1915 à Paris (4e)
Décédé le 30 décembre 2014 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Vosges)
Député des Vosges de 1946 à 1951 et de 1956 à 1958

Robert Chambeiron, né le 22 mai 1915 à Paris, est issu par son père d'une vieille famille parisienne et républicaine tandis que celle de sa mère, d'origine bretonne, comprend des membres de professions libérales.

Après des études secondaires, Robert Chambeiron devient fonctionnaire et entame très jeune une activité politique.

En 1936, aux côtés de Jean Moulin, il entre avec Pierre Mendès-France au cabinet de Pierre Cot, alors ministre de l'Air du gouvernement Léon Blum.

Mobilisé dans l'aviation en 1939, il entre dès 1940 dans la Résistance. Le représentant du général de Gaulle qu'est Jean Moulin lui confie différentes missions en zone nord, et plus particulièrement à Paris. C'est ainsi qu'en compagnie de Pierre Meunier, il prend une part active dans les négociations qui aboutissent à la fondation du C.N.R. Tous deux organisent d'ailleurs la première réunion du Conseil le 27 mai 1943, rue du Four à Paris. Robert Chambeiron devient secrétaire général adjoint du C.N.R.

Délégué à l'Assemblée consultative provisoire en 1944 et 1945, il est nommé membre de la Commission des finances, de la Commission de la réforme de l'Etat et de la législation, de la Commission du règlement et de celle du contrôle de la circulation monétaire.

La Légion d'honneur, la Croix de guerre 1939-1945, la Rosette de la Résistance récompensent son action au cours du second conflit mondial.

Aux élections à la première Assemblée Constituante, le 21 octobre 1945, Robert Chambeiron conduit dans les Vosges la liste d'Union républicaine et de la Résistance soutenue par les communistes. Avec 31074 suffrages sur 169 105 suffrages exprimés, Robert Chambeiron devient, à la plus forte moyenne, l'un des cinq représentants de ce département.

Inscrit au groupe radical, il est nommé membre des Commissions des affaires économiques, des douanes et des conventions commerciales, et de la reconstruction et des dommages de guerre. Pour avoir approuvé le premier projet constitutionnel - qui est d'ailleurs rejeté par les Français - il doit quitter le Parti radical.

Le 2 juin 1946, Robert Chambeiron conduit une liste dénommée cette fois-ci liste communiste et d'union républicaine et résistante. Elle obtient 38 949 suffrages sur 169 955 exprimés. Réélu, Robert Chambeiron appartient au groupe d'Union républicaine et résistante apparenté au groupe communiste.

C'est la Commission de la presse, de la radio et du cinéma qui l'accueille pour la durée de la seconde Constituante.

L'ancien collaborateur de Pierre Cot confirme, en 1946, lors de l'élection de la première Assemblée nationale de la IVe République son implantation, en attirant sur sa liste 41 713 suffrages sur 156 709 exprimés, ce qui la place juste derrière les listes M.R.P. et gaulliste.

Secrétaire de l'Assemblée depuis 1946, il démissionne en 1948 par solidarité avec les communistes qui s'estiment lésés par la répartition des postes au Bureau. Pendant la durée de la législature, il est nommé membre de la Commission des affaires économiques, de la Commission de la presse pour l'année 1946, de la Commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions ainsi que des territoires d'outre-mer en 1949, et enfin de la Commission des immunités parlementaires en 1949, 1950 et 1951. Il est, en outre, juré à la Haute Cour de justice en 1948.

En 1950, il manifeste sa fidélité à Pierre Cot, son patron de toujours, en occupant le poste de secrétaire de l'Union progressiste que celui-ci vient de fonder.

Sans oublier d'intervenir pour ses administrés victimes d'inondations en 1948, de l'orage en 1950 ou pour les agriculteurs victimes de l'invasion massive des vers blancs dans les cultures en 1947, Robert Chambeiron prend une part active aux débats qui intéressent la Commission des affaires économiques. Mais, il intervient aussi et souvent sur les questions d'actualité.

Le 7 décembre 1948, saisissant l'occasion d'une mutinerie et de tentatives d'évasion de collaborateurs emprisonnés au camp de la Vierge à Epinal, il dénonce la mansuétude de la politique gouvernementale à l'égard des faits de collaboration. De même, le 3 février 1949, alors qu'une campagne de presse a été déclenchée contre André Marie au sujet de l'affaire Sainrapt et Brice, il demande une commission d'enquête dotée de pouvoirs judiciaires pour examiner les conditions dans lesquelles sont intervenues les décisions concernant les dossiers de collaboration économique.

S'affirmant, après Pierre Cot, comme l'un des principaux porte-parole des députés progressistes, Robert Chambeiron, lors de la discussion du pacte atlantique, lit à la tribune une lettre envoyée au Président Truman par laquelle le Conseil national des combattants de la liberté et de la paix précise que la France ne se livrerait pas à une guerre d'agression contre l'U.R.S.S., et qu'elle devait respecter le traité d'alliance franco-russe. Aussi, au nom de son groupe, rejette-t-il le Pacte Atlantique.

Le 15 décembre 1949, lors du débat sur la libre discussion des salaires dans le cadre des conventions collectives, il soutient la revendication de la C.G.T. d'une prime mensuelle de 3 000 francs accordée aux salariés. Il souhaite de plus l'instauration d'un salaire minimum.

Toujours au nom du groupe progressiste, le député des Vosges condamne la politique française en Asie. Le 27 janvier 1950, il fustige une politique en Indochine qui coûte des milliards à l'économie nationale et qui, selon lui, profite surtout aux Etats-Unis. A la tribune, il est accusé d'incitation à la désertion lorsqu'il fait part de sa compréhension à l'égard de jeunes soldats français qui avaient refusé d'aller en Indochine. De la même manière, le 21 juillet 1950, il s'étonne que la France, en envoyant l'aviso « la Grandière » en Corée, s'associe aux Etats-Unis et à l'O.N.U. pour s'opposer à la réunification. S'il refuse le 6 mai 1951 sa voix à Guy Mollet, président désigné, c'est qu'il juge certes sa politique économique et sociale trop conservatrice mais aussi parce qu'il ne partage pas ses conceptions sur l'Indochine.

Le 17 juin 1951, dans un contexte de guerre froide, la percée du R.P.F. dans les Vosges interdit à la liste Communiste et progressiste avec 35 325 voix sur 162 206 suffrages exprimés de reconduire le mandat de Robert Chambeiron qui ne disposait d'ailleurs d'aucun mandat local pour le soutenir.

En revanche, en 1956, les Vosgiens sont surtout préoccupés par la crise que traverse la petite industrie textile. Robert Chambeiron et le socialiste Maurice Poirot, lui aussi battu en 1951, présentent une liste « pour un nouveau Front populaire ». Avec 59 577 voix sur 180 615 suffrages exprimés, elle dépasse le total atteint séparément par leurs deux listes en 1951 et leur permet de retrouver leur siège au Palais Bourbon.

C'est à nouveau en tant que membre de la Commission des affaires économiques qu'il participe au travail de l'Assemblée. Luttant pour mettre un terme à la guerre d'Algérie, il en montre les conséquences négatives pour l'économie du pays, reprenant l'argument économique qu'il avait déjà employé pour l'Indochine quelques années plus tôt.

Le 29 novembre 1957, le groupe progressiste, par la voix de Robert Chambeiron, fait savoir qu'il n'accorde pas la confiance au gouvernement Bourgès-Maunoury au sujet du projet relatif aux institutions en Algérie, car les Mulsulmans n'ont pas participé à l'élaboration de la loi-cadre. En outre, la politique d'intégration finalement proposée lui paraît incompatible avec les moyens financiers de la France et la construction européenne qui se met en place. Enfin, il prône une politique de négociation avec les peuples d'Afrique du Nord au sujet de leur association avec la France.

Fidèle à une politique de rapprochement avec les pays communistes qu'il a toujours encouragée, Robert Chambeiron dépose le 14 février 1957 une demande d'interpellation du gouvernement, au sujet des avantages économiques, commerciaux et culturels qu'il y aurait à reconnaître la République populaire de Chine.

En 1958, le député progressiste des Vosges s'oppose au retour au pouvoir du général de Gaulle.


Il perd son siège de député au deuxième tour des élections législatives le 30 novembre 1958, n'obtenant, dans la 2e circonscription des Vosges, que 8 107 voix face à Maurice Lemaire, U.N.R., élu avec 18 468 voix, et Jean Poirot, 13 661 voix.


Robert Chambeiron est député européen apparenté communiste de 1979 à 1989.


En 1992 il s’oppose au traité de Maastricht ; il se rapproche de Jean-Pierre Chevènement, dont il préside le comité national de soutien à sa candidature à l’élection présidentielle de 2007, avant que celui-ci ne retire sa candidature. Il est président puis président-délégué de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR) de 1992 à 2010.


Il est décède le 30 décembre 2014, à l’âge de 99 ans. Il était à la fois témoin et dernier acteur du Conseil national de la Résistance et dernier Délégué à l'Assemblée consultative provisoire.

Grand croix de la Légion d'honneur en 2001, titulaire de la croix de guerre 1939-1945 et de la rosette de la Résistance.

Il est l'auteur de Tchécoslovaquie, carrefour de l'Europe, avec Madeleine Braun (Éditions sociales, 1949) et de Résistant, livre d'entretiens avec Marie-Françoise Bechtel (Fayard, 2014).

Date de mise à jour : décembre 2014



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