Louis, Joseph Gay-Lussac

1778 - 1850

Informations générales
  • Né le 6 décembre 1778 à Saint-léonard-de-noblat (Haute-Vienne - France)
  • Décédé le 9 mai 1850 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 25 mai 1834
Département
Haute-Vienne
Groupe
Groupe libéral
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Haute-Vienne
Groupe
Groupe libéral
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Haute-Vienne
Groupe
Groupe libéral

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1831 à 1839 et pair de France, né à Saint-Léonard (Haute-Vienne) le 6 décembre 1778, mort à Paris le 9 mai 1850, il était « fils de M. Antoine Gay, avocat du roi et procureur du roi à Saint-Léonard et juge au Pont-de-Noblat, et de dame Léonard Bouriquet, son épouse ».

Elevé par l'abbé Bourdeix, il se rendit à Paris en 1794, et, sur la recommandation de l'abbé Dumonteil, entra dans une pension à Nanterre. Quand le maître, M. Sencier, congédia ses élèves, en raison de la disette qui désolait la région, il ne garda auprès de lui que Gay-Lussac, dont les progrès en mathématiques le remplissaient d'étonnement.

Le 27 décembre 1797, il fut admis à l'Ecole polytechnique, puis, à sa sortie, passa à celle des ponts et chaussées, où il mérita l'amitié de Berthollet. Nommé répétiteur à l'Ecole polytechnique le 1er janvier 1802, il prit part avec Biot, le 24 août 1804, à des expériences aérostatiques qui avaient pour but de rechercher si la force magnétique qui dirige l'aiguille aimantée s'atténue à mesure qu'on s'éloigne de la surface de la terre. L'ascension du 24 août n'ayant pas donné de résultats probants, Gay-Lussac recommença seul l'expérience le 16 septembre suivant, et arriva cette fois au but proposé, c'est-à-dire à démontrer que « la force magnétique diminue avec la hauteur de l'air ». En outre, l'analyse de l'air qu'il rapportait des grandes hauteurs renversa, par l'absence d'hydrogène, la théorie de Berthollet qui expliquait les orages par la combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène.

Le 1er octobre suivant, Gay-Lussac lut devant l'Académie des sciences le résultat de ses recherches sur l'analyse de l'air par l'eudiomètre de Volta, recherches faites en commun avec Humboldt, auquel le liait un attachement non moins récent que profond. Les deux amis firent, en 1805, le voyage d'Italie, et visitèrent le Vésuve. C'est à la suite de ces excursions que Gay-Lussac crut qu'il n'était pas nécessaire de recourir à l'hypothèse du feu central pour expliquer les phénomènes volcaniques; l'eau de mer pénétrant par les fissures du sol jusqu'à des matières combustibles devait être le principal agent de ces phénomènes. D'Italie, Gay-Lussac gagna l'Allemagne ; à Gœttingue, il fut le commensal de Blumenbach, et à Berlin, d'Alexandre de Humboldt, son compagnon de route.

Il ne revint en France qu'en 1806, pour entrer à l'Académie des sciences. C'est en 1807 qu'il fit connaître au monde savant les lois célèbres des changements de volume du gaz et des vapeurs, qui portent son nom. En 1808, avec Thénard, il fut chargé par Napoléon Ier d'étudier les effets de la pile colossale construite à l'Ecole polytechnique. Au cours de ces expériences, le 3 juin, il fut brûlé par du potassium et faillit perdre la vue. En 1809, il étudia avec Thénard la composition de l'acide boracique, de l'acide fluorhydrique et de l'acide muriatique suroxygéné ou chlore, enfin de l'iode, récemment découvert. Professeur de physique à la Sorbonne (14 avril 1809), il fut conduit quelques années plus tard, en 1815, par ses recherches sur le bleu de Prusse, à la découverte du cyanogène, qui reste un de ses plus beaux titres scientifiques. En 1816, il inventa le baromètre à siphon, qui porte son nom; deux ans plus tard, il fut appelé à diriger le bureau des analyses à la Monnaie, en remplacement de Vauquelin, décédé. Son alcoolimètre, son chloromètre et son alcalimètre sont de ses créations les plus importantes.

En politique, Gay-Lussac, d'opinions très libérales, avait signé l'acte additionnel en 1815, et ne craignit pas de l'avouer sous la Restauration. Le 5 juillet 1831, il fut élu député dans le 2e collège électoral de la Haute-Vienne (Limoges), par 167 voix sur 245 votants et 311 inscrits. L'année suivante, il prit possession de la chaire de chimie générale du Muséum.

Réélu successivement député : le 21 juin 1834, par 141 voix sur 253 votants et 313 inscrits ; le 4 novembre 1837, par 142 voix sur 271 votants et 346 inscrits, il fut nommé, le 7 mars 1839 pair de France, dignité que Berthollet semblait lui avoir annoncée en lui léguant à sa mort (1822) son costume de pair.

Gay-Lussac mourut peut-être des suites d'une blessure reçue dans son laboratoire ; il souffrit beaucoup et longtemps.

Un de ses biographes lui attribue pourtant cette boutade in extremis à propos des récentes découvertes télégraphiques : « C'est dommage de s'en aller ; ça commence à devenir drôle. »

On a de lui un grand nombre de publications exclusivement scientifiques.


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