Paul, Auguste, Pierre, Marie Chassaigne-Goyon

1855 - 1936

Informations générales
  • Né le 2 août 1855 à Châlons-sur-marne (Marne - France)
  • Décédé le 2 février 1936 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Seine
Groupe
Entente républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Seine
Groupe
Union républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Seine
Groupe
Union républicaine démocratique
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 2 février 1936
Département
Seine
Groupe
Fédération républicaine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 2 août 1855, à Châlons-sur-Marne (Marne), fils du député Alexandre Chassaigne et de Marie Aphélie Goyon, il est mort le 2 février 1936 à Paris (10e).

Il fut député de la Seine de 1919 à 1936. De souche auvergnate, les circonstances firent naître Paul Chassaigne-Goyon à Châlons-sur-Marne où son père était préfet, avant d'être conseiller d'Etat et maire de la ville de Thiers.

Il fit ses études secondaires au lycée de Clermont-Ferrand, puis au lycée Condorcet, à Paris. Licencié, puis docteur en droit de l'Université de Paris, il se fit recevoir avocat à la Cour d'appel et présida, en 1886, la Conférence Molé-Tocqueville. Il était en même temps administrateur délégué de la Compagnie générale des travaux d'éclairage et de force. Ayant le goût de la politique, il se fit élire, en 1896, Conseiller municipal du 8e arrondissement de Paris (Faubourg du Roule). Il y siégea jusqu'en 1919, et appartint, de ce fait, pendant la même période, au Conseil général de la Seine.

Il présida, à l'Assemblée municipale, la commission de réforme de l'octroi et de l'impôt, ainsi que la Commission d'examen des comptes de l'assistance publique. Il siégea en outre dans les Commissions les plus importantes : budget et contrôle, métropolitain, transports en commun, contrôle de l'électricité, et appartint au Conseil du surveillance de l'Assistance publique. Il dirigea, en outre, le Comité du budget de la ville de Paris.

Elu président le 28 mai 1913, il reçut à l'Hôtel de Ville, en présence de l'Ambassadeur d'Angleterre, le Commandant Evans, second de l'expédition Scott, et, le 22 avril 1914, fit les honneurs de l'Hôtel de Ville au roi Georges V et à la reine Mary. Il reçut également au nom de la ville de Paris, le roi et la reine du Danemark (16 mai 1914). Il prit enfin l'initiative de réunir à Paris, du 2 au 6 juin, les représentants des municipalités étrangères avec lesquelles la ville de Paris entretenait des relations cordiales : la corporation de la cité de Londres, le London County Council, la municipalité de la Cité de Westminster, celle de Moscou, de Saint-Petersbourg, de Madrid, de Tolède, de Grenade, de Bruxelles, de Liège, de Gand, de La Haye et d'Amsterdam. Sa présidence prit fin en 1914. Mais à la mort de Mithouard en avril 1918, Chassaigne-Goyon retrouva le siège de président de l'Assemblée municipale jusqu'au 23 juin où devait avoir lieu, avec le retour à la tradition, le renouvellement complet du Bureau. Pendant la guerre, il siégea aux côtés du Général Galliéni au Comité de défense du camp retranché de Paris, et présida le Comité des œuvres de guerre de l'Hôtel de Ville.

Aux élections générales du 16 novembre 1919, il prit la tête de la liste du bloc national républicain et de l'Union nationale républicaine socialiste et nationale dans la première circonscription de la Seine, liste qui eut neuf élus. Il obtint personnellement 86.788 voix sur 191.830 votants.

Inscrit à l'Entente républicaine démocratique, il siégea à la Commission des crédits, à celle des finances, et à celle des spéculations de guerre. Il déposa trois propositions de loi tendant, la première, à créer en faveur des débiteurs ou créanciers français la réciprocité d'exceptions qui leur sont opposables en pays étrangers par leurs débiteurs ou créanciers étrangers (1921), la deuxième, tendant à venir immédiatement en aide aux populations victimes des inondations (1924) ; la troisième ayant pour objet de fournir des ressources à la trésorerie et de faciliter l'amortissement de la dette flottante par sa consolidation progressive (1924).

Ses interventions à la tribune furent nombreuses. Il se fit entendre sur : le projet de loi tendant à autoriser un nouveau relèvement temporaire des tarifs de chemins de fer d'intérêt général (1919) ; le projet de loi tendant à autoriser la ville de Paris à emprunter une somme de quatre cents millions de francs (en qualité de rapporteur) (1920) ; le projet de loi relatif à la création de nouvelles ressources fiscales (1920) ; la loi de finances de l'exercice 1920 (1920); le projet de loi concernant le rétablissement de l'ambassade de la République française près le Saint-Siège (1920) ; le projet de loi relatif au nouveau régime des chemins de fer d'intérêt général (1920) ; le projet de loi tendant au maintien provisoire en jouissance des locataires de bonne foi de locaux d'habitation (1920 et 1921); le budget général des dépenses recouvrables de l'exercice 1921 (1921) ; les interpellations sur la politique financière du Gouvernement (1921); le budget des finances de l'exercice 1922 (1921); la loi de finances de l'exercice 1923 (1923); le projet de loi tendant à l'institution d'un double décime sur l'ensemble des contributions (1923) ; la proposition de loi tendant à réprimer la hausse illicite sur les loyers (1923) ; la proposition de loi concernant les baux à loyer d'immeubles à usage commercial et industriel (1923) ; les interpellations sur les attentats royalistes (1923) ; le projet de loi concernant la taxe sur le chiffre d'affaires (1923) ; la proposition de loi ayant pour but de limiter la hausse des prix des baux à loyer (1923) ; le projet de loi ayant pour objet la réalisation d'économies et la création de nouvelles ressources fiscales, le contrôle des opérations de change et la création d'une caisse des pensions de guerre (1924). Il demanda en outre à interpeller le Gouvernement sur l'orientation que le Ministre des Finances comptait imprimer à notre politique financière et fiscale (1920); sur la situation de notre trésorerie dans ses rapports avec la circulation fiduciaire et la développa (1921) ; sur la nécessité s'imposant d'instaurer une politique des changes étroitement liée à la politique économique, financière et douanière (1924). Il fut élu vice-président de la Chambre au début de la session ordinaire de 1922 et le demeura une année durant.

Réélu aux élections générales du 11 mai 1924 sur la liste d'Union républicaine et de concorde nationale où il occupait la deuxième place et qui eut huit élus, il compta sur son nom 70.170 suffrages sur 196.986 votants.

Il s'inscrivit au Groupe de l'Union républicaine démocratique et entra à la Commission des comptes définitifs et des économies. Auteur d'une proposition de loi concernant l'équilibre budgétaire, l'alimentation de la trésorerie, l'amortissement de la dette publique et la stabilisation monétaire (1925), et d'une proposition de résolution tendant à la révision de la loi constitutionnelle du 16 juillet 1875 (1925), son activité d'orateur resta intense. Il développa d'abord une interpellation sur la composition du Conseil national économique et ses attributions (1925), participa à la discussion d'interpellations relatives aux arsenaux (1925), et s'intéressa à de nombreux débats sur : le projet de loi instituant une contribution nationale exceptionnelle pour l'amortissement de la dette publique (1925), le projet de loi instituant des mesures exceptionnelles destinées à assurer l'équilibre de la trésorerie (1925), le projet de loi ayant pour objet de régler les rapports des bailleurs et des locataires de locaux d'habitation (1926), le projet et les propositions de loi relatifs au redressement financier, à l'équilibre du budget de 1926 et à la réforme du régime des taxes successorales (1926), les interpellations sur la politique générale et financière du Gouvernement (1926), le budget général de l'exercice 1927 (1926), les interpellations relatives à la vie chère et au chômage (1927), le projet et les propositions de loi portant rétablissement du scrutin uninominal pour l'élection des députés (1927), le budget général de l'exercice 1927 pour appeler l'attention du Gouvernement sur la situation du Lycée Condorcet (1928) ; enfin, il développa une interpellation sur les mesures à prendre pour découvrir et punir les fauteurs de désordres qui ensanglantèrent Paris les 23 et 24 août 1927, et déjouer leurs projets révolutionnaires (1927).

Aux élections générales du 22 avril 1928 qui marquèrent le retour au scrutin d'arrondissement, il fit acte de candidature dans le 8e arrondissement de Paris et emporta le siège au premier tour de scrutin, par 7.520 voix contre 4.676 à M. Missoffe, sur 14.623 votants.

Toujours inscrit au groupe de l'Union républicaine démocratique, il devint membre de la Commission des finances, poste qui s'adaptait parfaitement à son souci de défendre autant qu'il le pouvait les intérêts financiers de la France. Il prononça de nombreux discours sur : le projet de loi portant ouverture de crédits en vue de l'organisation de l'éducation physique (1928), la loi de finances de l'exercice 1929 pour évoquer la question des filiales étrangères de sociétés françaises (1928), le budget des services . pénitentiaires de l'exercice 1930 (en qualité de rapporteur) (1929 et 1930), le projet de loi portant dégrèvement d'impôts (1929 et 1930), le projet de loi autorisant l'émission d'emprunts coloniaux (1930), le projet et les propositions de loi relatifs au perfectionnement de l'outillage national (1930), le projet de loi relatif au transport des marchandises par mer (1931), le projet de loi tendant à permettre la continuation de l'exploitation des lignes de la Compagnie générale Aéropostale (1931), le projet de loi portant approbation de conventions entre l'Etat, la Caisse autonome et la Banque de France (1931). Il demanda en outre à interpeller le Gouvernement sur les causes du déséquilibre probable entre les recettes et les dépenses que devait présenter le budget 1931-1932 (1931). En 1932, l'estime dans laquelle le tenaient ses collègues et sa compétence reconnue en matière financière, le portèrent à la présidence de la Commission des finances. En cette qualité, il prit part à la discussion : du projet de loi portant approbation de l'accord financier intervenu entre les gouvernements tchécoslovaque et français (1932), de la proposition de loi relative à la modification de la loi du 31 mars 1919 sur les pensions des armées de terre et de mer (1932), et de la discussion générale du budget et de la loi de finances de l'exercice 1932 (1932).

Il retrouva son siège aux élections générales du 1er mai 1932 dans la même circonscription, toujours au premier tour de scrutin, par 8.873 voix contre 1.431 à M. Rosenthal, sur 12.995 votants.

Il s'inscrivit au groupe de la Fédération républicaine et resta membre de la Commission des finances, comme sous la précédente législature. Avec la même activité, il intervint à la tribune sur les sujets qui lui étaient familiers : projet de loi portant autorisation d'émission du trésor (1932 et 1935), projet de loi fixant le statut organique de l'armée de l'air (1933), projet de loi tendant à combattre la fraude fiscale, et à réaliser des économies (1933), discussion générale du budget de l'exercice 1934 (1934), interpellations relatives au chômage et à la crise économique (1935).

Cette longue et fructueuse carrière parlementaire fut brutalement interrompue par un accident stupide : il fut renversé par un taxi alors qu'il traversait la rue de Maubeuge. Immédiatement transporté à l'hôpital de Lariboisière, il y mourût le 2 février 1936, à l'âge de 81 ans. A la séance du surlendemain, M. Edouard Moncelle, Vice-Président de la Chambre, prononça son éloge funèbre. Après avoir rappelé les exceptionnelles qualités politiques du disparu, il conclut en ces termes : « Orateur disert et précis, il n'abordait la tribune qu'avec respect, pour faire entendre des conseils de sagesse et de mesure dans toutes les discussions où étaient débattus les intérêts financiers de la capitale. La Chambre conservera avec ferveur le souvenir de ce grand parlementaire, de cet excellent serviteur du pays.»

Il était vice-président de l'« Union des pères et mères dont les fils sont morts pour la patrie », son fils unique, sous-lieutenant ayant été tué à Carency (Pas-de-Calais).

Date de mise à jour: janvier 2014


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