Marcel Cherrier

1902 - 1985

Informations générales
  • Né le 3 novembre 1902 à Bourges (Cher - France)
  • Décédé le 22 août 1985 à Bourges (Cher - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Cher
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Cher
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Cher
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Cher
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Cher
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 3 novembre 1901 à Bourges (Cher)
Décédé le 22 août 1985 à Bourges (Cher)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Cher)
Député du Cher de 1946 à 1958

Marcel Cherrier est issu d'une famille ouvrière : son père était ouvrier à la pyrotechnie des établissements militaires de Bourges. A l'issue de sa scolarité primaire-supérieure et de son apprentissage, de 1915 à 1917, à l'école professionnelle de pyrotechnie de Bourges, il exercera lui-même le métier d'ajusteur, aux côtés de son frère René. Syndiqué à 16 ans, il participe aux grandes grèves de mai 1918, initiées par la tendance minoritaire et pacifiste de la C.G.T. Son service militaire effectué à Strasbourg de 1921 à 1923, Marcel Cherrier adhère au Parti communiste dès son retour. Secrétaire de la cellule n° 1 des établissements militaires en octobre 1924, fonctions qu'il assurera jusqu'en 1931, il entre au Bureau fédéral en 1927 puis accède au Bureau régional en 1930. Par ailleurs il milite à la C.G.T.U. dont il devient, en 1925, secrétaire adjoint pour l'école centrale de pyrotechnie. Cependant, dès octobre 1931, à l'approche des élections législatives de 1932, il se prononce en faveur de désistements mutuels entre socialistes et communistes. Au lendemain de la réunification syndicale, ses prises de position et son travail militant le conduisent au poste de secrétaire général de la C.G.T. des établissements militaires de Bourges.

Après la signature du pacte germano-soviétique, sa fidélité à son parti lui vaut d'être relevé de son affectation spéciale et mobilisé. De retour dans le Cher, révoqué par le gouvernement de Vichy, il réorganise la fédération clandestine du Parti communiste. La Gestapo le recherche et arrête sa femme pour activités de résistance : elle sera déportée à Ravensbrück. En novembre 1943, Marcel Cherrier devient responsable de la région R. 5 du Parti communiste qui, outre le Cher, comprend la Nièvre, le Loir-et-Cher, l'Indre-et-Loire et le Loiret.

Président du Comité départemental de libération, il est nommé conseiller municipal de Bourges en septembre 1944. Ce mandat lui sera renouvelé aux élections de 1945, 1947 et 1953. Il demeure secrétaire fédéral du Parti communiste jusqu'en 1949, et, à la mort de Gaston Comavin en juillet 1945, lui succède à la direction du journal « L'Emancipateur », jusqu'en 1951, date de la disparition de cette publication.

Son comportement sous l'Occupation, il est titulaire de la Médaille de la Résistance, le décès de Gaston Comavin, ancien député, l'arrivée dans le Cher d'Henri Lozeray, ancien député de Paris amènent le Parti communiste à présenter Marcel Cherrier comme second d'Henri Lozeray aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante. Avec près de 37 % des suffrages exprimés la liste communiste arrive nettement en tête et remporte deux des quatre sièges à pourvoir. Aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante ainsi qu'aux élections législatives de la IVe République, les 10 novembre 1946, 17 juin 1951 et 2 janvier 1956, la liste communiste se maintiendra en première position, réalisant plus de 35 % des suffrages exprimés et conservera ses deux sièges. En 1950, élu à l'Assemblée de l'Union française, Henri Lozeray démissionne de son mandat de député : Marcel Cherrier lui succède à la tête de la liste communiste aux consultations ultérieures. Si dans ses engagements électoraux il reprend les propositions générales de son parti, il y ajoute une vigoureuse touche personnelle. Ainsi, en 1951, il dénonce « le système d'apparentement établi par les partis gouvemementaux en vue de fausser le résultat du scrutin et de préparer l'accession du fasciste de Gaulle au pouvoir » et attaque sans ménagement des candidats M.R.P., R.P.F. et Indépendants.

Aux Assemblées nationales constituantes puis à l'Assemblée nationale, le groupe communiste désigne Marcel Cherrier pour siéger dans des Commissions de premier plan, celles des pensions de 1945 à 1958, celle de la justice et de la législation de 1945 à 1947 et de 1952 à 1958, enfin celle de la défense nationale de 1949 à 1951. Il est en outre désigné comme juré à la Haute Cour de justice en juillet 1946 puis comme membre de la Commission d'instruction de la Haute Cour de justice constitutionnelle en mai 1956.

Parlementaire actif, Marcel Cherrier dépose de nombreuses propositions de loi et de résolution dans les domaines de compétence des Commissions auxquelles il appartient. Il s'intéresse tout particulièrement au sort des retraités du secteur public et des anciens combattants et s'attache à faire valoir les droits des victimes de la guerre et de l'Occupation. Sa compétence en la matière lui vaut d'être fréquemment désigné comme rapporteur de la Commission des pensions. Dans les années qui suivent la Libération, Marcel Cherrier plaide à plusieurs reprises en faveur de la prorogation des délais permettant l'ouverture des informations devant les Cours de justice et les Chambres civiques.

Mais la densité de son travail législatif ne l'empêche pas de défendre les intérêts du Cher. Il rédige de multiples propositions de loi et de résolution relatives aux transports dans le Cher, au canal du Berry, à la rivière le Cher, aux secours à apporter aux victimes de catastrophes naturelles ayant affecté son département ou encore à la protection de l'emploi dans les entreprises de la région.

Très présent en séance il intervient régulièrement sur les questions touchant les retraites, les anciens combattants, les résistants et les séquelles de l'Occupation (amnistie par exemple), spécialement à l'occasion de l'examen des lois de finances. Il participe aussi à des débats plus généraux intéressant la politique étrangère, la défense ou la fiscalité.

Député accompli, Marcel Cherrier vote avec ses collègues du groupe communiste. A ce titre il combat le retour du général de Gaulle, en refusant la confiance (1er juin 1958), les pleins pouvoirs (2 juin) en s'opposant à la révision constitutionnelle (2 juin).


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