Fernand, Pierre Chevalier

1898 - 1980

Informations générales
  • Né le 8 décembre 1898 à El affroun (Algérie)
  • Décédé le 9 mai 1980 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Parti républicain de la liberté
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Parti républicain de la liberté

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 8 décembre 1898 à EI Affroun (Algérie)
Décédé le 9 mai 1980 à Paris

Membre de la seconde Assemblée nationale Constituante (Alger)
Député d'Alger de 1946 à 1951

Femand Chevalier est né le 8 décembre 1898 à El Affroun, importante localité située à une quinzaine de kilomètres de Blida, dans la vaste plaine agricole et viticole de la Mitidja. Après ses études, il devient rapidement exploitant viticulteur, et prend une place de plus en plus importante dans les organisations professionnelles des viticulteurs d'Algérie, comme secrétaire général de la Confédération des vignerons d'Algérie et président de la Fédération des vignerons du département d'Alger. Ces responsabilités l'orienteront tout naturellement vers une carrière politique alors que, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'Algérie entre dans une crise très grave.

Fernand Chevalier conduit la Liste d'union des républicains indépendants et du parti républicain de la liberté (P.R.L.), devant le collège des citoyens français du département d'Alger, aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante, la deuxième place de sa liste étant occupée par le général Adolphe Aumeran. Avec 32 985 voix sur 148 751 suffrages exprimés, sa liste emporte l'un des cinq sièges à pourvoir. Nommé membre de la Commission de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale, départementale et communale, et membre de la Commission de grâce amnistiante en Algérie (18 juillet 1946), le nouveau député d'Alger et du Territoire de Ghardaïa s'inscrit au groupe U.D.I. (Union démocratique des indépendants) et intervient à plusieurs reprises dans les débats parlementaires, notamment à propos du rapport sur les opérations électorales du département d'Alger (19 juillet 1946). Partisan de la candidature de Georges Bidault comme président du gouvernement provisoire de la République française (19 juin), il ne prend pas part au vote du 26 accordant la confiance au cabinet Bidault. Le 22 août suivant, il présente d'importantes observations sur l'établissement de la Constitution, puis, le 2 octobre, sur la composition et l'élection de l'Assemblée de l'Union française. Il s'oppose le 28 septembre, à l'adoption du projet de Constitution.

Lors des élections pour la première législature de la IVe République, le 10 novembre 1946, en vertu du décret de mars 1944 un grand nombre d'électeurs musulmans ont été intégrés au premier collège. Dans les départements d'Alger et de Constantine, tous les partis non marxistes s'allient en une « Union algérienne » : Fernand Chevalier figure en quatrième position sur la liste présentée par le Rassemblement républicain et l'Union algérienne, et conduite par l'avocat Auguste Rencurel devant le premier collège d'Alger. Avec 103 668 voix sur 156 571 votants, celle-ci enlève cinq des six sièges à pourvoir, le dernier allant au communiste Pierre Fayet. Fernand Chevalier retrouve la Commission de l'intérieur (1946, 1948), mais est également nommé membre de celles de la marine marchande et des pêches (1948), des affaires économiques (1949, 1951), de l'agriculture (1949, 1950), et des boissons (1949, 1950, 1951). La Commission de l'intérieur le désigne en outre pour la représenter au sein du Conseil supérieur des alcools (1948). Enfin, il siège comme juré à la Haute Cour de justice (1948).

Ses activités parlementaires et ses nombreuses interventions sont, de manière logique, très largement orientées vers les problèmes de toutes sortes que connaît alors l'Algérie et vers la politique viticole. L'Assemblée nationale se réunit pour la première fois le 23 novembre 1946, et a parmi ses premières tâches à désigner le président d'un gouvemement provisoire : Fernand Chevalier ne prend pas part au vote presqu'unanime du 12 décembre pour la candidature de Léon Blum comme président du gouvernement provisoire de la République, ni au vote du 17 pour la confiance au cabinet Blum, celle-ci étant accordée par 544 voix contre 2, dont la voix du général Aumeran. Puis il s'abstient volontairement lors du scrutin du 4 mai 1947 accordant la confiance au gouvernement Paul Ramadier, scrutin à la suite duquel celui-ci se séparera de ses ministres communistes. Le 20 août 1947, le député d'Alger intervient très largement dans la discussion du projet de loi portant statut organique de l'Algérie. Il vote contre ce projet, le 27 août suivant, puis contre la nationalisation des écoles des houillères (14 mai 1948). Fernand Chevalier dépose en outre un grand nombre de textes : sa proposition du 20 mai 1948 vise ainsi à rendre applicables aux transports maritimes des passagers et des marchandises entre les ports de la côte méditerranéenne et de la Corse et l'Algérie, les tarifs kilométriques pratiqués par la S.N.C.F. Puis, le 10 juin 1948, il intervient longuement à propos de droits de consommation sur les vins à appellation contrôlée. Partisan de la ratification du plan Marshall (7 juillet 1948) et du Pacte de l'Atlantique (26 juillet 1949), il vote également, le 9 juillet 1949, pour la constitution du Conseil de l'Europe et est à l'origine, le 15 novembre suivant, d'une demande d'interpellation sur la politique du gouvernement à l'égard de l'Allemagne et de l'O.E.C.E., interpellation qu'il développe très longuement lors de la séance du 24 novembre. Très préoccupé par la question viticole, Fernand Chevalier dépose une autre demande d'interpellation, le 2 mars 1950, sur le régime économique de l'alcool, interpellation qu'il développe à nouveau longuement dans la séance du 31 mars, avant de proposer un ordre du jour demandant l'application du statut de l'alcool et la recherche de débouchés pour le sucre et l'alcool (1er avril 1950). Le 16 février 1951, il dépose une nouvelle proposition de résolution tendant à prendre d'importantes mesures d'assainissement du marché vinicole, et, le 19 mars suivant, le rapport de la Commission des boissons sur ce projet. Enfin, le 6 avril 1951, Fernand Chevalier se trouve à l'origine d'une proposition de loi tendant à faire bénéficier les « économiquement faibles » d'achats de vin à prix réduit. Le 7 mai 1951, il se prononce pour la réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec apparentements.

Le 17 juin suivant se déroulent les élections pour la deuxième législature : Fernand Chevalier qui figure en troisième position sur la Liste d'Union algérienne conduite par le général Aumeran devant le premier collège d'Alger, obtient 29 889 voix sur 153 017 suffrages exprimés, soit un score supérieur à celui de la tête de liste. Mais la liste ne conserve qu'un seul siège, et il n'est donc pas réélu. En 1955, à la suite des massacres de Philippeville, les élections sont reportées pour les trois départements d'Algérie, et Fernand Chevalier ne peut donc pas se présenter aux législatives du 2 janvier 1956.



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