Eugène, Pierre Petit dit Claudius-Petit

1907 - 1989

Informations générales
  • Né le 22 mai 1907 à Angers (Maine-et-Loire - France)
  • Décédé le 24 octobre 1989 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Loire
Groupe
Résistance démocratique et socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Loire
Groupe
Démocratique et socialiste de la Résistance
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Loire
Groupe
Union démocratique et socialiste de la Résistance
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Loire
Groupe
Union démocratique et socialiste de la Résistance
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Loire
Groupe
Entente démocratique
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Loire
Groupe
Progrès et démocratie moderne
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 30 juin 1968 au 1er avril 1973
Département
Loire
Groupe
Progrès et démocratie moderne
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 11 mars 1973 au 2 avril 1978
Département
Paris
Groupe
Union centriste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 22 mai 1907 à Angers (Maine-et-Loire)
Décédé le 24 octobre 1989 à Paris (4e)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Loire)
Député de la Loire de 1946 à 1955
Ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme du 11 septembre 1948 au 7 janvier 1953
Ministre du Travail et de la Sécurité sociale du 19 juin au 3 septembre 1954
Ministre du Logement et de la Reconstruction, par intérim, du 14 août au 3 septembre 1954

D'origine charentaise par son père, mécanicien de locomotive aux chemins de fer de l'Anjou, Eugène Petit est angevin par sa mère. Après des études primaires à l'école des Cordeliers d'Angers, il entre en apprentissage à l'âge de douze ans, fait son tour de France de compagnon artisan avant de travailler à Paris chez un ébéniste du faubourg Saint-Antoine. S'intéressant aux questions syndicales, il mène une campagne active pour le contrat collectif de travail, en conduisant de nombreuses grèves. Les cours de l'Ecole Boulle puis de l'Ecole nationale supérieure des arts décoratifs lui permettent d'être nommé, en 1934, professeur de dessin au lycée Ampère de Lyon.

Militant du mouvement chrétien laïc « Jeune République », Eugène Petit entre très tôt dans la Résistance, sous le pseudonyme de Claudius. Membre, depuis 1942, du Comité de direction de « Franc-tireur », il est, le 27 mai 1943 à Paris, l'un des fondateurs du Conseil national de la Résistance. Il quitte la France le 17 octobre pour Londres puis Alger. Délégué à l'Assemblée consultative provisoire, ses pouvoirs sont validés le 9 novembre. Il est nommé membre des Commissions de l'éducation nationale, des affaires économiques et sociales, du règlement et de l'intérieur. Le 8 janvier 1944, il prend part au débat sur l'aide aux résistants français, demandant que les Alliés leur fournissent des armes : « Leur aide sera égale à la lutte de nombreuses divisions », déclare-t-il à cette occasion.

De retour à Paris, Eugène Claudius-Petit préside le Mouvement de libération nationale et continue de siéger à l'Assemblée consultative, jusqu'en août 1945. Décoré de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre 1939-1945, il est fait compagnon de la Libération le 19 octobre.

Le 21 octobre 1945, il est élu à la première Constituante. La liste d'Union démocratique (à laquelle appartient la S.F.I.O.) qu'il conduit, obtient 44 593 suffrages sur 298 134 exprimés et emporte l'un des sept sièges à pourvoir dans la Loire. Inscrit au groupe de la Résistance démocratique et socialiste, il est nommé membre de la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre et de la Commission de l'équipement national et de la production. Il vote pour la nationalisation du crédit (2 décembre 1945), du gaz et de l'électricité et des assurances (mars-avril 1946), pour le projet de loi relatif à la dévolution des biens des entreprises de presse (16 avril) et s'oppose au premier projet de Constitution (19 avril).

Réélu, le 2 juin 1946, comme tête de liste du Rassemblement des gauches républicaines qui obtient 32 648 voix sur 307 075 suffrages exprimés, Eugène Claudius-Petit, de nouveau membre de la Commission de la reconstruction, fait également partie de la Commission de l'éducation nationale. Favorable à l'élection de Georges Bidault comme président du gouvernement provisoire et à la confiance à son cabinet (19 et 26 juin), il se prononce contre le second projet de Constitution (28 septembre).

Membre fondateur de l'Union démocratique et sociale de la Résistance, dont il préside le groupe parlementaire, il conduit la liste du Rassemblement des gauches républicaines aux élections législatives du 10 novembre. Il est réélu avec 38 570 suffrages sur 287 320 exprimés. Les communistes et la liste M.R.P. de Georges Bidault emportent respectivement trois sièges, Antoine Pinay, Indépendant, enlevant le huitième.

Dans la nouvelle Assemblée, Eugène Claudius-Petit est reconduit dans les Commissions de l'éducation nationale (1946-1948) et de la reconstruction dont il est élu vice-président en 1946 et 1948. En 1947, il est désigné pour faire partie de la Commission supérieure des sites. Le 4 décembre 1946, il dépose une proposition de loi tendant à la création d'une Commission de l'Indochine. Député actif, il intervient très fréquemment à la tribune, notamment sur tous les problèmes relatifs à la reconstruction, au logement et aux loyers.

Le 11 septembre 1948, Henri Queuille le nomme ministre de la Reconstruction et de l'urbanisme. Le Président du Conseil se devait d'accorder une place de choix à l'un des principaux représentants de l'U.D.S.R. Dans un temps où les ministères se font et se défont au gré de crises incessantes, Eugène Claudius-Petit, grâce à sa compétence technique, est reconnu indispensable à son poste. Il est maintenu dans ses fonctions les 28 octobre 1949 (cabinet Bidault), 30 juin 1950 (2e cabinet Queuille), 12 juillet 1950 (cabinet Pleven) et 10 mars 1951 (3e cabinet Queuille). A ce titre, il dépose dix-sept projets de loi. Tirant parti d'une conjoncture économique favorable, il insuffle à la reconstruction un dynamisme nouveau, en s'appuyant sur les tenants du modernisme architectural, parmi lesquels Le Corbusier auquel il voue une fervente admiration depuis sa visite au Pavillon des Temps nouveaux à l'Exposition de 1937. Malgré les oppositions de toutes natures, il mène à bien l'édification de l'unité d'habitation de Marseille. A son cabinet, sont nommés des architectes fonctionnalistes comme Marcel Roux, André Sive, Paul Herbé et Jean Le Couteur.

Durant la législature, il vote la confiance aux cabinets Blum (17 décembre 1946) et Ramadier (4 mai 1947). Il s'oppose à la nationalisation des écoles des Houillères (14 mai 1948), se prononce en faveur de la ratification du plan Marshall (7 juillet). Il approuve le statut du Conseil de l'Europe et la ratification du pacte Atlantique (9 et 26 juillet 1949). Il vote pour le projet de réforme électorale introduisant le scrutin de liste départemental avec apparentements (7 mai 1951). Au congrès de l'U.D.S.R. d'octobre 1950, Eugène Claudius-Petit fait acclamer la reconstruction parmi les thèmes susceptibles de galvaniser la formation d'un grand rassemblement démocratique national en vue des prochaines législatives.

Le 17 juin 1951, il se présente en troisième position sur une liste d'Union nationale (présentée par le M.R.P., les Indépendants et paysans et l'U.D.S.R.), derrière deux de ses collègues au gouvernement, Georges Bidault et Antoine Pinay. Grâce à cette liste gouvernementale qui obtient 31,2 % des voix, lui-même améliore considérablement ses précédents résultats, avec 90 019 voix sur 292 398 suffrages exprimés. Le 11 août suivant, il est reconduit au ministère de la Reconstruction et de l'urbanisme (2e cabinet René Pleven) et maintenu dans ces fonctions jusqu'au 7 janvier 1953 (cabinets Edgar Faure et Antoine Pinay). Le 13 novembre, au cours du débat sur le budget de son département ministériel, il répond aux accusations de dirigisme qui lui sont faites : « Le ministère de la Reconstruction et de l'urbanisme se prépare-t-il à être le grand ministère de la construction dont la France a besoin ? Je réponds tout de suite par l'affirmative. Je n'ai d'ailleurs jamais caché mes intentions en la matière, car j'estime qu'un pays moderne doit considérer le problème de la construction de logements non comme l'accessoire d'une politique, mais comme un élément essentiel de sa politique générale ».

Le 20 décembre 1952, le député U.D.S.R. Roger Secrétain dépose un amendement tendant à majorer de 25 % les droits sur l'alcool en vue d'affecter leur produit aux anciens combattants et aux H.L.M. et coopératives de construction. Devant l'opposition de certains députés, Eugène Claudius-Petit s'indigne alors en ces termes : « Il importera que les femmes de France, toutes électrices, puissent connaître les noms des parlementaires qui, plutôt que de permettre la mise en chantier de 12 000 logements de plus en 1953, préférent ne pas frapper l'alcool et continuer à voir des familles vivre dans des taudis ». Au cours de cette période, il dépose sept projets de loi relatifs, notamment, à l'acquisition des terrains nécessaires à la construction d'habitations et à l'équipement industriel, ou à la procédure de codification des textes législatifs concernant l'urbanisme et l'habitation.

Il vote pour la loi Marie favorable à l'enseignement privé (21 septembre 1951) et se prononce en faveur de la ratification du traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier (13 décembre).

Redevenu simple député, il est de nouveau nommé membre de la Commission de la reconstruction (1953-1955), et fait également partie de la Commission du travail et de la Sécurité sociale (1953) et de la Commission des affaires étrangères (1954-1955). Les 5 mars 1954 et 2 février 1955, il est désigné par cette dernière pour siéger à la Commission de coordination chargée des questions relatives à la C.E.C.A.

Le 19 juin 1954, Pierre Mendès-France lui confie le ministère du Travail et de la Sécurité sociale. Le projet de Communauté européenne de défense auquel il est très attaché complique sa position au sein du gouvernement. A la suite de la démission de Maurice Lemaire, l'un des trois ministres républicains sociaux opposés au projet, il reçoit l'intérim du portefeuille du logement et de la reconstruction, le 14 août. A la suite du rejet de la C.E.D. par l'Assemblée, le 30 août, lui-même démissionne le 3 septembre, après en avoir déjà menacé le Président du Conseil, à plusieurs reprises, au cours du mois précédent.

Durant la fin de la législature, il s'abstient volontairement sur la ratification des accords de Londres (12 octobre 1954) qui mettent un terme à l'occupation de l'Allemagne et vote pour celle des accords de Paris (29 décembre) qui prévoient son réarmement, après avoir reproché à Pierre Mendès-France son attitude ambiguë lors des débats : « Je constate que vous n'avez pas cessé de tenir compte de la politique intérieure puisque vous n'avez pas perdu une occasion d'aller au devant des désirs de ceux qui ne cachent pas leur opposition aux accords que vous avez négociés ». Le 4 février 1955, il refuse la confiance à Pierre Mendès-France puis approuve la politique d'Edgar Faure (23 février) qu'il soutient sur la réforme électorale (16 novembre) et la date des élections (29 novembre, chute du cabinet). Au cours des mois d'octobre et novembre, il intervient très fréquemment à la tribune lors de la discussion des propositions de loi relatives aux bouilleurs de cru.

De nouveau candidat de l'U.D.S.R. aux élections anticipées du 2 janvier 1956, il n'obtient plus que 13 396 voix sur 328 899 suffrages exprimés, sa liste emportant 3 % des suffrages. Il n'est donc pas réélu.

Eugène Claudius-Petit se consacre alors à la gestion de la ville de Firminy dont il a été élu maire en mai 1953. Il y donne toute la mesure de son expérience en matière de logement et d'urbanisme. Dans cette ancienne agglomération industrielle sur le déclin, il se lance dans une vaste opération de rénovation à laquelle participe son ami Le Corbusier qui réalise le stade, la maison de la culture et l'Unité d'habitation. En 1957, il est nommé membre du Haut comité d'étude et d'information sur l'alcoolisme et du Haut conseil de l'aménagement du territoire.



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