Julie Darras

1910 - 2001

Informations générales
  • Né le 13 avril 1910 à Courcelles-lès-lens (Pas-de-Calais - France)
  • Décédé le 30 décembre 2001 à Lagny-sur-marne (Seine-et-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 28 janvier 1947 au 4 juillet 1951
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)




Née le 13 avril 1910 à Courcelles-lès-Lens (Pas-de-Calais)

Député du Pas-de-Calais de 1947 à 1951

Julie Darras est née, dans une ancienne famille ouvrière d'origine régionale, le 13 avril 1910, à Courcelles-lès-Lens (Pas-de-Calais). Son grand père paternel avait été mineur de fond dans le Pas-de-Calais et son père, lui aussi mineur de fond, a notamment exercé la charge de maire de Noyelles-Godault. Du côté maternel, sa famille vient de Saône-et-Loire où son grand-père, également mineur, a perdu son emploi à la suite des grandes grèves de 1901 : il est alors venu avec les siens dans le Pas-de-Calais, et y a rapidement retrouvé une place dans les houillères.

Après le certificat d'études, Julie Darras entre à son tour aussitôt à l'usine, comme ouvrière dans le textile : son cursus illustre ainsi au mieux le modèle le plus répandu dans la région.

A côté de la tradition ouvrière et syndicaliste de sa famille, l'expérience de la guerre constitue l'élément décisif qui pousse Julie Darras vers la politique. Son père, très actif comme militant syndicaliste et politique, est en effet arrêté dès le 30 mars 1940, et il restera incarcéré jusqu'à la fin des hostilités. Julie Darras, entrée très tôt dans la Résistance, devient alors membre des Francs-tireurs et partisans, et sa conduite pendant les hostilités lui vaudra la Croix de combattant volontaire de la Résistance. Arrêtée à son tour en 1942, elle est emprisonnée à Béthune puis à Douai et condamnée par la cour spéciale à deux ans d'emprisonnement. A peine sortie de prison, en février 1944, elle devient responsable des Comités féminins, toujours dans la clandestinité.

Membre du Comité départemental de libération du Pas-de-Calais, elle devient, dès le 20 mai 1945, adjointe au maire d'Avion (Pas-de-Calais) et est également responsable départementale de l'Union des femmes françaises dans le Pas-de-Calais.

Figurant en quatrième position sur la liste communiste présentée, lors des élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, dans la deuxième circonscription du Pas-de-Calais (circonscription d'Arras), Julie Darras n'est pas élue, la liste communiste, avec 120540 voix sur 361 413 suffrages exprimés, emportant trois des huit sièges à pourvoir. Toujours candidate, en quatrième position de la liste communiste conduite par Auguste Lecœur dans le Pas-de-Calais, aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Assemblée nationale Constituante, elle n'est à nouveau pas élue, la liste avec 122 122 voix sur 371 411 suffrages exprimés, conservant ses trois sièges.

Julie Darras figure à nouveau en quatrième position sur la liste communiste présentée dans la deuxième circonscription du Pas-de-Calais aux élections du 10 novembre 1946 pour la première législature de la IVe République, mais le Parti communiste avec 131605 voix sur 369 892 suffrages exprimés, n'a toujours que trois élus. Cependant, Nestor Calonne, maire d'Hénin-Liétard, ayant démissionné le 23 décembre suivant, la nomination de Julie Darras en remplacement est validée par l'Assemblée nationale le 28 janvier 1947.

Julie Darras est nommée membre des Commissions des pensions (1947-1948), du ravitaillement (1947), du travail et de la Sécurité sociale (1948-1951), et membre suppléante de la Commission de la réforme administrative (1947). Très active, elle ne dépose pas moins de dix-neuf textes parlementaires, relatifs pour la plupart à des problèmes de ravitaillement et de Sécurité sociale, à la situation des femmes et à des problèmes régionaux (notamment les accidents dans les houillères). Elle intervient en outre très fréquemment dans les discussions parlementaires sur les mêmes questions, mais aussi à l'occasion des manifestations et des grèves dans les bassins miniers du Pas-de-Calais, de la Loire et du Gard au cours de l'automne 1948. Dans les scrutins, Julie Darras suit les choix du groupe communiste. Lorsque la crise gouvernementale se développe à partir du printemps 1947 pour être finalement portée devant l'Assemblée, elle refuse la confiance au gouvernement Paul Ramadier lors du scrutin à la suite duquel celui-ci se séparera de ses ministres communistes (4 mai). Egalement opposée, le 27 août suivant, au projet de statut de l'Algérie, Julie Darras soutient, le 14 mai 1948, la nationalisation des écoles des houillères, mais vote contre la ratification du Plan Marshall (7 juillet 1948), contre la formation du Conseil de l'Europe (9 juillet 1949) et contre celle du pacte de l'Atlantique (26 juillet 1949). Enfin, le 7 mai 1951, elle s'oppose à la réforme électorale instituant le scrutin de liste majoritaire départemental à un tour avec apparentements.

Julie Darras n'est pas candidate aux élections du 17 juin 1951 pour la deuxième législature, ni à celles du 2 janvier 1956 pour la troisième législature de la IVe République.



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