Emile Davaine

1862 - 1937

Informations générales
  • Né le 26 mai 1862 à Saint-amand-les-eaux (Nord - France)
  • Décédé le 10 avril 1937 à Saint-amand-les-eaux (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Nord
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 27 mai 1862 à Saint-Amand (Nord), mort le 6 avril 1937 à Saint-Amand.

Député du Nord de 1910 à 1914.

Sénateur du Nord de 1924 à 1933.

Emile Davaine naquit le 27 mai 1862 à Saint-Amand (Nord), de parents agriculteurs. Son père était déjà conseiller municipal; il deviendra adjoint au maire, avant qu'Emile ne lui succède.

Il fait ses études secondaires au collège de Saint-Amand, puis au lycée de Lille, après quoi Emile Davaine, suivant l'exemple paternel, choisit le métier de la terre, mais sans perdre jamais ce goût très vif pour la culture de l'esprit qui le fera connaître de tous non seulement pour un orateur à la parole facile et élégante, mais aussi pour un fin lettré et un musicien accompli.

Très tôt, cependant, la vie publique le veut à elle. De 1889 à 1891, il est membre du Conseil d'arrondissement de Valenciennes. Le 31 juillet 1892, les électeurs du Nord en font un conseiller général : il le demeurera jusqu'en 1937, quarante-cinq ans durant, le restant de sa vie. De même, élu Conseiller municipal de Saint-Amand en 1904, il le sera jusqu'à l'heure de sa mort - et maire pendant dix-neuf années.

Aux élections générales législatives de 1910, ses multiples activités dans le département du Nord - Chevalier de la Légion d'honneur du 5 février 1897, il est déjà président de la Société des agriculteurs du Nord, président du Comice agricole des cantons de Saint-Amand, président du Comité de patronage des habitations à bon marché et de la Prévoyance sociale - en font le candidat tout désigné des gauches contre le sortant Durré. Il se porte, le 8 mai 1910, ayant promis qu'il se battrait pour la grandeur de l'armée, pour l'école neutre, pour la liberté de conscience, pour l'enseignement laïque, pour la mutualité, pour l'assistance et la prévoyance, pour la protection douanière, pour un statut des fonctionnaires, pour la représentation proportionnelle, pour la réforme électorale et pour la réforme fiscale, de peu - 10.584 voix contre 9.759 - il l'emporte sur Durré dans la deuxième circonscription de Valenciennes, sur 20.786 votants.

Au Palais Bourbon, il s'inscrit au groupe de la gauche radicale et on le trouve parmi les membres les plus actifs du groupe de défense des intérêts économiques de la région du Nord. Comme il pouvait s'y attendre, cette législature n'est guère pour Davaine que quatre années d'apprentissage de la vie parlementaire. Il vote la confiance à Briand, à Monis, à Caillaux, il se prononce pour la représentation des minorités, pour la hausse du pain, puis, quoiqu'il eut approuvé le principe de la restriction du travail, sur le repos hebdomadaire il s'abstient. Il dépose aussi une proposition de loi tendant à modifier le tarif des douanes concernant les bouteilles, mais ce n'est guère qu'au sein d'une Commission, celle des mines, qu'il fait entendre sa voix. Hélas ! Ce long apprentissage ne lui servira guère, du moins quant à présent, car aux élections générales législatives du 26 avril 1914, il est battu par M. Durré qui obtient, dès le premier tour de scrutin, 16.323 voix alors qu'il n'en recueille lui-même que 7.117.

Et c'est la guerre, Saint-Amand occupé dès les premiers temps. Dans cette épreuve - épreuve personnelle aussi, car un de ses fils est tué au front - Emile Davaine allait donner sa mesure. La façon digne et courageuse dont il s'opposa aux exigences de l'autorité ennemie lui valut l'admiration de tous et quand, le 18 octobre 1921 il obtiendra la rosette d'Officier de la Légion d'honneur, ce sera au titre du Ministère des régions libérées. De même, la Belgique où son courage est connu et célébré le fera Chevalier de l'Ordre de Léopold.

La paix revenue, Emile Davaine, officier du Mérite agricole, officier de l'instruction publique, médaille d'or des assurances sociales, retrouve toutes les activités qu'on lui a connues par le passé. Il a fondé le stud-book du cheval de trait du Nord : l'en voilà Président. En 1920, le Conseil général, dont il fut le secrétaire vingt ans durant, l'appelle à la vice-présidence, honneur qui lui sera accordée bien fidèlement à chaque renouvellement jusqu'à sa mort.

Il n'a point songé à revenir au Palais Bourbon, mais, en 1924, on le presse de briguer un siège de sénateur et il y consent. Le 6 janvier, il est élu au troisième tour de scrutin, par 1.161 voix sur 2.503 votants. Il s'inscrit au groupe de la gauche démocratique, radicale et radicale-socialiste. On le trouve dans diverses Commissions : du commerce, de l'industrie, du travail, des postes, mais c'est surtout à la Commission de l'agriculture qu'il donne le meilleur de son temps Cependant, il parle peu et fait encore moins parler de lui : en 1932, le moment venu de demander à ses électeurs de renouveler son mandat, il renonce. On ne le verra pas parmi les candidats du 16 octobre.

Les cinq dernières années de sa vie, il les donne toutes à Saint-Amand, au Nord, à de nouvelles activités encore, telle la présidence de l'office départemental des habitations à bon marché. Il meurt le 6 avril 1937 à Saint-Amand. Le 10, on l'enterre selon le rite de l'église réformée. Il avait 75 ans.


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