André Denis

1920 - 2002

Informations générales
  • Né le 7 décembre 1920 à Brive (Corrèze - France)
  • Décédé le 15 février 2002 à Lésigny (Seine-et-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Dordogne
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Dordogne
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Dordogne
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 7 décembre 1920 à Brive (Corrèze)

Membre de la seconde Assemblée nationale Constituante (Dordogne)
Député de la Dordogne de 1946 à 1955

André Denis, fils d'un chef d'équipe des Ateliers de réparation de chemins de fer, naît à Brive le 7 décembre 1920. Après des études primaires et techniques, il occupe divers emplois dans les industries mécaniques et électriques de Corrèze. Attiré par les mouvements d'Action catholique il devient, à une époque particulièrement difficile, dirigeant de l'A.C.J.F. (Action catholique de la jeunesse française) et de la J.O.C. (Jeunesse ouvrière chrétienne). Lorsque le S.T.O. est imposé le jeune responsable choisit la Résistance. Titulaire de la Légion d'honneur avec Croix de guerre, et de la médaille de la Résistance, André Denis entre dans le journalisme à Limoges comme rédacteur en chef de La Liberté du Centre.

En Dordogne le M.R.P. le place à la tête de sa liste aux élections du 2 juin 1946 pour la seconde Constituante ; ses 37 542 voix lui permettent d'être élu à 26 ans. Sont également élus deux communistes, le socialiste Robert Lacoste et le radical Yvon Delbos. Tous sont réélus le 10 novembre 1946, 31 057 suffrages se portant sur André Denis. Le jeune représentant de la Dordogne est nommé en juin 1946 membre de la Commission de l'éducation nationale et de la Commission du ravitaillement ; il est désigné comme juré puis comme juge à la Haute Cour de justice. Au cours de la première législature, il est secrétaire d'âge de l'Assemblée et appartient à la Commission de la production industrielle, à la Commission du ravitaillement dont il devient vice-président, à la Commission des affaires économiques, à la Commission du travail et de la Sécurité sociale. Sensibilisé par ses premières expériences professionnelles aux insuffisances de la formation, il se rallie sans enthousiasme, au projet trop modeste à son gré, de centres d'apprentissage. Le projet d'augmentation de la taxe à la production, en 1948, lui permet d'exprimer sa philosophie sociale «ennemie de l'anarchie libérale » et du « désordre équilibré ». Tout allègement des contraintes sur le marché devrait s'accompagner d'une libération des salaires et d'une politique fiscale plus juste. Rapporteur, en 1949, du projet de loi sur le statut de l'entreprise Berliet mise sous séquestre à la Libération, il défend une formule d'association capital-travail en un difficile débat où son opposition au ministre de l'Industrie, Robert Lacoste, plus sensible aux risques de paralysie financière ultérieure de Berliet, aboutit à renvoyer le projet en commission.

L'ancien Résistant ne saurait être indifférent aux relations internationales. Il est très favorable aux acccords commerciaux franco-polonais du 19 mars 1948, instaurant un échange entre le charbon polonais et des biens d'équipement français, bien qu'il reconnaisse dans son rapport que les besoins en énergie de la France soient devenus moins urgents et que le remboursement des dettes ne soit pas prévu. En 1952 il se montre également favorable à un projet de loi relatif à l'asssistance économique à la Yougoslavie. Si André Denis vote pour le pacte Atlantique et la C.E.C.A. il est hostile à la C.E.D. qui lui semble favoriser le développement du militarisme allemand.

André Denis affirme sans hésitations de fortes convictions sur la nécessaire indépendance des peuples colonisés. Il vote le statut de l'Algérie en 1947 et critique l'action des gouvernements français en Indochine. Il dénonce l'ingérence américaine dans les affaires françaises ; selon lui, le gouvernement français ferait bien de proclamer immédiatement l'indépendance de l'Indochine et de refuser une division du territoire qui fera rebondir la guerre. Il soutient Pierre Mendès-France jusqu'au bout, votant pour lui le 4 février 1955. Ses prises de position sur la Tunisie et le Maroc sont tout aussi favorables à des solutions rapidement négociées sans tenir compte des groupes de pression coloniaux. Ses convictions empêchent André Denis de bénéficier en 1956 de l'étiquette du M.R.P. Il prend la tête d'une liste d'« action contre l'immobilisme » apparentée avec les indépendants. Mais 9 704 voix seulement se portent sur son nom. Après son échec André Denis part au Maroc où il devient cadre d'entreprise et enseignant à l'Institut d'administration des entreprises de Rabat.



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