Albert, Jules, Marie Aubry

1892 - 1951

Informations générales
  • Né le 8 décembre 1892 à Malestroit (Morbihan - France)
  • Décédé le 11 août 1951 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Parti socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 11 août 1951
Département
Ille-et-Vilaine
Groupe
Socialiste

Biographies

Né à Malestroit (Morbihan) le 8 décembre 1892, mort à Paris le 11 août 1951.

Député de l'Ille-et-Vilaine de 1919 à 1924 et de 1945 à 1951.

Albert Aubry venait de terminer ses études d'instituteur, lorsque, avant même d'avoir pu exercer sa profession, il fut mobilisé au début du mois d'août 1914, à 22 ans, en qualité de lieutenant au 47°, puis au 120°, enfin au 91° régiment d'infanterie.

Le 30 octobre 1918, il fut blessé à la face sur la route de Guise à Marle (Aisne), par une balle explosive. Sa conduite lui valut plusieurs citations avec la Croix de Guerre.

Démobilisé, il se présenta aux élections générales législatives du 16 novembre 1919 dans le département d'Ille-et-Vilaine, sur la liste S.F.I.O. dont il avait pris la tête, et fut élu. Sa jeunesse lui valut de siéger comme Secrétaire d'âge au bureau provisoire constitué le 8 décembre 1919.

Membre des Commissions du travail, des pensions militaires et de l'enseignement, il manifesta une grande activité, jouant un rôle considérable en faveur des victimes de la guerre dont il connaissait par expérience toutes les misères, sans oublier les gens de mer et les membres de l'enseignement. Toutes ses interventions durant cette douzième législature de la IIIe République furent des plaidoiries en faveur des primes de mobilisation, des pensions de guerre, des réformés, des veuves et des ascendants, des mutilés et des invalides, des pupilles de la nation, etc. Il s'intéressa également à la réhabilitation des combattants illégalement condamnés, à l'attribution des emplois réservés, à la retraite des instituteurs, à l'octroi de bourses aux enfants mutilés, aux syndics des gens de mer, à l'entretien des bateaux-ambulances d'Islande, aux agents des P.T.T. et de la police, aux salaires des marins, etc.

Il fut battu aux élections générales de 1924, mais devint entre temps conseiller municipal de Rennes.

Lorsqu'éclate la guerre de 1939, il est mobilisé au mois de septembre comme capitaine de chars d'assaut. Démobilisé il prend du service dans la Résistance, les Allemands l'arrêtent et le déportent dans un camp de concentration où les mauvais traitements qu'il subit altèrent gravement sa santé. Ses services, ses souffrance lui valent un rapide avancement dans l'ordre de la Légion d'Honneur : Chevalier le 26 avril 1919, il est fait Officier le 27 juillet 1946, Commandeur le 6 juin 1947, et enfin Grand Officier le 6 juin 1951.

Les élections générales du 21 octobre 1945 le font réapparaître sur la scène politique comme Député d'Ille-et-Vilaine à la 1re Assemblée Nationale Constituante. Membre de la Commission des finances et du contrôle budgétaire, de la Commission. du ravitaillement, de la Commission de la comptabilité, il est en outre nommé juré de la Haute Cour de justice.

Rapporteur de la Commission de la comptabilité, il intervient dans la discussion des dépenses administratives de l'Assemblée Nationale Constituante, et par deux fois plaide la cause des anciens combattants.

Réélu, le 2 juin 1946 Député à la 2° Assemblée Nationale Constituante, il est nommé membre des mêmes Commissions et conserve son poste de juré à la Haute Cour de justice. Il interpelle le Gouvernement sur l'insuffisance de l'épuration dans la magistrature (juillet-août 1946), demande le relèvement des pensions de guerre (août 1946), et celui des allocations aux grands invalides (octobre 1946).

Il est réélu par le même département aux élections générales du 10 novembre 1946 (première législature de l'Assemblée Nationale). Membre des mêmes Commissions, il est élevé à la présidence de la Commission de comptabilité. D'une activité inlassable, il reprend ce qui est devenu sa spécialité, c'est-à-dire la défense des anciens combattants et de leurs ayants droit Retraite du combattant, pensions d'invalidité, allocations provisoires d'attente, allocations des grands mutilés, cimetières militaires, Office national du combattant, anciens prisonniers de guerre, orphelins de guerre, etc., sans oublier la part qui lui revient dans la discussion des budgets de l'Assemblée Nationale et de l'Union française en sa qualité de Président et de rapporteur de la Commission de comptabilité.

Il est à nouveau réélu aux élections générales du 17 juin 1951 (2e législature). Membre de la Commission des pensions et de celle de la Comptabilité dont il retrouve la présidence, sa santé usée par ses souffrances passées l'oblige à cesser toute activité.

Il doit être transporté à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, où il meurt le 11 août 1951.

Entre les deux guerres mondiales il avait quitté l'éducation nationale pour devenir percepteur.

Le Président Edouard Herriot prononça son éloge funèbre à la séance du 21 août 1951.




Né le 8 décembre 1892 à Malestroit (Morbihan)

Décédé le 11 août 1951 à Paris (Seine)

Député d'Ille-et-Vilaine de 1919 à 1924

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Ille-et-Vilaine)

Député d'Ille-et-Vilaine de 1946 à 1951

Né à Malestroit (Morbihan) le 8 décembre 1892, Albert Aubry est le dernier d'une famille de 14 enfants. Son père, Louis Constant Aubry, ancien compagnon du tour de France, était bourrelier et syndicaliste militant. Sa mère, Marie Josèphe Thetiot, tenait un commerce, place de la mairie, à Malestroit.

La famille doit bientôt s'installer à Rennes, où Albert Aubry suit l'école primaire, puis entre à l'Ecole normale d'instituteurs. Il en sort en 1911, puis exerce en qualité de professeur en Indochine.

Albert Aubry se trouve mobilisé comme lieutenant, en 1914, et est grièvement blessé le 30 octobre 1918, non loin de Guise (Aisne). Il s'était marié au Tronchet (commune de Plerguer, Ille-et-Vilaine) le 8 juin 1916 avec Berthe Joséphine Ernestine Marie Mordrelle. Démobilisé avec la croix de guerre, il s'inscrit au Parti socialiste SFIO.

Se présentant aux élections du 16 novembre 1919 comme tête de liste SFIO dans l'Ille-et-Vilaine, Albert Aubry est élu député. Il est également élu conseiller municipal de Rennes. Battu aux élections générales de 1924, il abandonne alors l'éducation nationale pour l'administration des impôts, et devient percepteur. Il avait épousé en secondes noces, à Rennes, le 7 novembre 1921, Renée Lucienne Richard, puis, en troisième noces, à Paris, le 26 janvier 1935, Renée Louise Anna Marche.

Mobilisé le 3 septembre 1939, Albert Aubry accomplit la campagne de 1940 comme capitaine de chars d'assaut. Entré dans la Résistance au lendemain de l'armistice, il est placé en résidence surveillée, puis arrêté par les Allemands, le 18 février 1944, et déporté au camp de concentration de Neuengamme. Il en reviendra en mai 1945, avec une santé profondément altérée.

Albert Aubry se présente aux élections du 21 octobre 1945 à la tête de la liste de la SFIO dans l'Ille-et-Vilaine. La liste recueille 53 905 suffrages sur 273 109 suffrages exprimés, et Albert Aubry devient membre de la première Assemblée nationale Constituante. Très actif, il participe au travail parlementaire comme membre de nombreuses Commissions : finances et contrôle budgétaire, comptabilité, ravitaillement, et est également nommé juré de la Haute cour de justice. Albert Aubry dépose notamment un rapport sur le budget des anciens combattants et victimes de guerre pour 1946. Il demande, en outre, à interpeller le Gouvernement sur l'insuffisance de l'épuration dans la magistrature comme dans l'administration en général, et sur le travail de la Commission des grâces.

A nouveau à la tête de la liste SFIO dans l'Ille-et-Vilaine, Albert Aubry est réélu, le 2 juin 1946, à la seconde Assemblée nationale Constituante. Celle-ci recueille 56 635 suffrages sur 290 873 suffrages exprimés. A l'Assemblée, il continue à siéger dans les trois mêmes Commissions que précédemment, et est nommé juré à la Haute cour de justice. Toujours très sensible à la situation des anciens combattants et des victimes de guerre, il intervient sur le problème de la retraite des combattants, et dépose une proposition de loi pour instituer une aide spéciale au profit des aveugles de la Résistance. Il interpelle le Gouvernement sur l'insuffisance de l'épuration dans la magistrature (6 août 1946).

Albert Aubry est à nouveau réélu député de l'Ille-et-Vilaine, le 10 novembre 1946, pour la première législature. La liste SFIO qu'il conduit recueille 49 497 voix sur 288 229 suffrages exprimés dans le département. A l'Assemblée, il est nommé membre des Commissions des pensions, du ravitaillement, de la comptabilité, des finances et du contrôle budgétaire. Il est également élu président de la Commission de la comptabilité. Il vote la confiance au cabinet Blum (17 décembre 1946).

Albert Aubry s'est spécialisé, à l'Assemblée, dans les problèmes relatifs à l'administration des anciens combattants et victimes de guerre. Comme membre de la Commission des pensions, il représente notamment l'Assemblée nationale au comité d'administration de l'Office national et des Offices départementaux des anciens combattants et victimes de guerre, et à la Commission consultative pour la revalorisation de la retraite du combattant. Il soutient la candidature de Vincent Auriol à la présidence de la République (16 janvier 1947), vote pour la question de confiance au Gouvernement à la suite de laquelle Ramadier se sépare des ministres communistes (4 mai 1947), et pour le statut de l'Algérie (27 août 1947).

En 1948, Albert Aubry représente à nouveau l'Assemblée dans une Commission chargée de travailler sur l'établissement du rapport constant. Il intervient fréquemment dans le travail parlementaire, et dépose de nombreux rapports au nom des Commissions dont il fait partie, ainsi que diverses propositions de loi sur les problèmes des anciens combattants, résistants et victimes de guerre. Le 9 juillet 1949, il vote pour le Conseil de l'Europe.

Albert Aubry se présente au nom de la SFIO aux élections législatives du 17 juin 1951, toujours dans l'Ille-et-Vilaine. Avec 39 027 voix sur 280 274 suffrages exprimés, il est à nouveau réélu, pour la deuxième législature. Il est nommé membre de la Commission des pensions et de celle de la comptabilité. Très malade, il doit être transporté à l'hôpital parisien du Val de grâce, où il décède le 11 août 1951. Il est inhumé au Tronchet (Ille-et-Vilaine).

Albert Aubry était chevalier (1919), puis officier (1946), commandeur (1947) et grand-officier (1951) de la Légion d'honneur. Il était également titulaire de la médaille militaire, de la croix de guerre avec palmes, et de la rosette de la Résistance.


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