Georges Desplas

1856 - 1922

Informations générales
  • Né le 30 janvier 1856 à Bagnères-de-bigorre (Hautes-Pyrénées - France)
  • Décédé le 29 janvier 1922 à Paris (Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Seine
Groupe
Gauche radicale-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Seine
Groupe
Républicains radicaux-socialistes
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 10 mai 1914 au 7 décembre 1919
Département
Seine
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 30 janvier 1856 à Bagnères (Hautes-Pyrénées), mort le 29 janvier 1922 à Paris (5e).

Député de la Seine de 1906 à 1919. Ministre des Travaux publics et des Transports du 20 mars au 7 septembre 1917.

Georges Desplas naquit le 30 janvier 1856 à Bagnères, où sa mère était « ménagère » et son père employé dans les contributions indirectes. Après une enfance provinciale et quatre années de service militaire, dont une en Algérie, il passa sa licence en droit et fut répétiteur de droit avant de s'inscrire, en 1886, au barreau de Paris. Avocat d'assises, il plaida de nombreuses causes, dont certains procès de presse (Intransigeant) et obtint, entre autres, un acquittement dans l'affaire de l'explosion du restaurant Véry. Cependant, le « démon de la politique » commença à le tenter vers la fin du siècle et l'élection municipale partielle du 23 octobre 1898 lui ouvrit les portes du conseil municipal de Paris, qu'il présida en 1904-1905 et où il représenta, jusqu'à son accession à la Chambre des Députés, en 1906, le quartier du Jardin des Plantes, dans le 5e arrondissement.

Aussi choisit-il tout naturellement la deuxième circonscription de ce même 5e arrondissement de Paris pour se présenter, pour la première fois à la députation lors des élections législatives des 6 et 20 mai 1906. Il battit, dès le premier tour de scrutin, le député sortant Emile Flourens, avec 5.915 voix contre 2.364 à l'ancien ministre des Affaires étrangères, 2.104 au colonel Monteil et 1.258 à M. Norange, sur 11.856 votants. En 1910, il ne fut élu qu'au second tour de scrutin ; en tête dès le premier tour, le 24 avril, avec 4.057 voix sur 11.712 votants, 3.756 suffrages étant allés à Vincent de Moro-Giafferri son principal adversaire, il battit celui-ci au second tour, le 8 mai, par 5.716 voix contre 4.670 sur 10.701 votants. En 1914, sa réélection fut plus laborieuse ; si en effet, le 26 avril, au premier tour de scrutin, il arrivait confortablement en tête avec 4.193 voix contre 2.702, sur 11.069 votants, à son adversaire Grenier, il ne triompha de celui-ci au second tour, le 10 mai, qu'avec 139 voix de mieux : 4.167 voix contre 4.028 sur 10.465 votants. Comme à beaucoup de ses collègues, les élections du 16 novembre 1919, qui eurent lieu au scrutin de liste et à la représentation proportionnelle, lui furent fatales. Neuvième de la liste d'entente républicaine démocratique, qui ne compta que cinq élus et qui était conduite dans la troisième circonscription de Paris par le président du conseil municipal de Paris, Emmanuel Evain, il obtenait 74.980 suffrages sur 189.797 votants, la majorité absolue étant de 93.008.

Candidat de concentration des Comités républicains radicaux-socialistes du 5e arrondissement de Paris, il proposait à ses électeurs de soutenir l'œuvre du Parti républicain, c'est-à-dire l'œuvre poursuivie au Gouvernement depuis vingt ans. Partisan de la révision de la Constitution, il proclamait la souveraineté du suffrage universel, surtout en matière budgétaire, et mettait la révision des patentes et la réforme de l'impôt préconisée par Ribot, c'est-à-dire la création de l'impôt sur le revenu, au nombre des points les plus importants de son programme. Le conseiller municipal promettait d'alléger la tutelle de l'Etat sur la Ville de Paris. Partisan de la réforme électorale, il s'engageait à obtenir l'introduction de la représentation proportionnelle et du quotient électoral, ce qui, paradoxalement, lui fut fatal lors des élections de 1919 !

Au Palais-Bourbon, où il siégea avec le groupe de la gauche radicale, il fit partie de nombreuses commissions au cours des trois législatures auxquelles il appartint. Membre dès 1906 des Commissions des octrois, de l'enseignement, en 1909 du suffrage universel, du budget pour l'exercice 1909, puis pour l'exercice 1910, il se spécialisa, pendant la dixième législature, dans des Commissions à caractère financier : celles des douanes, de la législation fiscale (1910) et celle des comptes définitifs (1911). Membre en 1914 de la Commission de la réforme judiciaire et de celle de la législation civile et criminelle, il consacra une grande partie de son activité, dès 1915, aux travaux de la Commission des dommages de guerre, à la présidence de laquelle il remplaça Klotz, en novembre 1917, quand celui-ci entra comme ministre des Finances dans le cabinet de Clemenceau. Mais cette importante participation ne l'empêcha pas d'appartenir aussi aux Commissions de législation fiscale, des travaux publics (1917), puis à celles qui furent chargées d'examiner en 1917 le cas de Malvy et, en 1919, les traités de paix, et enfin à la Commission du budget en 1919.

Il fut l'auteur de plus d'une douzaine de propositions de loi, dont près de la moitié aboutirent effectivement. Si l'Assemblée ne statua pas sur des propositions tendant à la suppression des grèves et à l'établissement de l'arbitrage obligatoire dans les industries de première nécessité (1907), à l'expérimentation partielle de l'impôt sur le revenu, à la modification de l'article 419 du Code pénal (1907), par contre une proposition tendant à la reconstruction des bâtiments de l'Institut national agronomique et des laboratoires annexes du Collège de France, devint la loi du 8 juillet 1909, ainsi qu'une autre modifiant l'article 206 du Code d'instruction criminelle sanctionnée par la loi du 13 juillet 1909 ; la même année, trois jours plus tard, la loi du 16 juillet matérialisait sa proposition de loi, dont il avait été le rapporteur, tendant à décerner des récompenses dans la Légion d'honneur à des savants français à l'occasion de l'inauguration du monument élevé à Lamarck et de la statue célébrant le bicentenaire de Buffon. Si, en 1910, une proposition de loi tendant à proroger de six semaines l'échéance des effets de commerce ne fut pas retenue, la loi du 15 avril 1911 modifiait, sur la proposition de Desplas, le tarif général des douanes en ce qui concerne les becs simples pour l'éclairage à l'acétylène ; en 1912, deux propositions en faveur des victimes d'accidents et relatives aux saisies-arrêts n'aboutirent pas et une proposition déposée en 1918 concernant la reconnaissance des enfants naturels fut adoptée par la Chambre en 1919, mais se perdit pudiquement à la Haute Assemblée.

Il intervint assez souvent à la tribune : de 1907 à 1914, il prit régulièrement la parole dans la discussion des budgets à divers titres, instruction publique, agriculture, finances, intérieur, etc., ainsi qu'en 1919 à propos des chemins de fer de l'Etat. Il se fit entendre en 1907 à propos des fraudes alimentaires, sur le projet de loi créant l'impôt sur le revenu, dont la discussion se prolongea en 1909, la même année 1909, à propos des conseils de guerre, de l'agrégation de médecine, de la beauté de Paris, en 1910 des traitements des sous-agents des P.T.T. et, en tant que rapporteur, à propos des prêts à consentir aux victimes des inondations de 1910. En 1911, il interpella le Gouvernement sur les moyens de remédier à l'augmentation du prix de la viande, sur les mesures à prendre pour limiter l'évasion des capitaux et l'invasion des valeurs étrangères sur le marché de la bourse.

En 1915, il approuva la constitution du Cabinet Briand et l'institution d'un emprunt à 5 % d'intérêt. En 1916, il est le rapporteur du projet de loi sur la réparation des dommages de guerre, projet qui aboutira à la loi du 17 avril 1919 et dans la longue discussion duquel, le Sénat l'ayant plusieurs fois modifié, il interviendra très fréquemment tant au titre de rapporteur qu'au titre, en 1918, de président de la Commission des dommages de guerre. Mais, entre temps, les problèmes du ravitaillement, du charbon, l'affaire dite « des carbures » et la discussion du projet de loi sur la résiliation des baux à ferme (1917) l'appelèrent à monter à la tribune.

Le 20 mars 1917, Alexandre Ribot lui confie dans son cinquième Cabinet le portefeuille des Travaux publics et des Transports. Son passage au pouvoir sera relativement bref : environ cinq mois au cours desquels il se bornera à défendre tant devant la Chambre que devant la Haute Assemblée, la politique du Gouvernement en matière budgétaire, à propos des mines de sel ou dans la discussion d'un projet de loi tendant à approuver des conventions entre le Ministère des Travaux publics et diverses compagnies secondaires de chemins de fer, projet qui sera retiré en 1918 par décret du Président de la République.

Lorsqu'il reprendra son siège dans l'hémicycle, il interviendra encore à propos de l'explosion de La Courneuve et de la durée des concessions dans les mines, régie par la loi de 1810 (1918) ainsi que de l'amélioration des traitements des personnels scientifiques et enseignants du ministère de l'Instruction publique (1919).

Après son échec de 1919, il reprit sa robe d'avocat et mourut dans ce cinquième arrondissement de Paris, qui lui avait tout de même été fidèle pendant vingt-et-un ans, le 29 janvier 1922, à la veille de l'anniversaire de ses 66 ans.

Il était Officier de la Légion d'honneur.