Eugène Doyen

1911 - 1977

Informations générales
  • Né le 28 février 1911 à Denain (Nord - France)
  • Décédé le 4 août 1977 à Lille (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Nord
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 14 avril 1949
Département
Nord
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 28 février 1911 à Denain (Nord)
Décédé le 4 août 1977 à Lille (Nord)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Nord)
Député du Nord de 1946 à 1949

Eugène Doyen est né le 28 février 1911 à Denain : après le Brevet élémentaire, le B.E.P.C. et le Brevet supérieur, il doit arrêter ses études à la suite du décès de son père, et s'oriente vers l'Education nationale. Il passe avec succès le C.A.P. d'instituteur et terminera sa carrière comme directeur d'école.

Même si Eugène Doyen est rapidement un sympathisant du Parti communiste, son engagement politique proprement dit trouve sa source pendant la Seconde Guerre mondiale : en effet, quoiqu'exempté du service militaire, il entre très tôt dans la Résistance, et joue un rôle particulièrement important, au sein des F.T.P., dans l'aide aux aviateurs alliés abattus au-dessus du Nord de la France. A la Libération, Eugène Doyen siège à la Commission d'enquête et d'épuration de Roubaix et environs, et son activité anti-allemande lui vaudra notamment la Médaille des combattants volontaires de la Résistance, ainsi que la médaille de la Résistance polonaise.

Eugène Doyen est nommé membre de la Délégation municipale de Roubaix par arrêté du 10 octobre 1944, et en est élu vice-président le 22 octobre suivant. Puis, le 13 mai 1945, il est élu au Conseil municipal de la ville et devient premier adjoint au maire le 15 mai ; il le restera jusqu'en 1947 et siègera au Conseil municipal jusqu'en 1953. Il est en outre conseiller général du canton de Roubaix-Nord du 30 septembre 1945 au 30 septembre 1951.

Lors des élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale Constituante, Eugène Doyen figure en seconde position sur la liste communiste emmenée par Arthur Ramette dans la deuxième circonscription du Nord (agglomération lilloise et partie médiane du département). Avec 113 216 voix sur 451 443 suffrages exprimés, la liste remporte deux des neuf sièges à pourvoir. Le M.R.P., derrière Maurice Schumann, en enlève quatre, et la liste S.F.I.O., conduite par Augustin Laurent, trois.

Nommé membre de la Commission de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale, départementale et communale, et de celle de l'éducation nationale et des beaux arts, de la jeunesse, des sports et des loisirs, Eugène Doyen est notamment rapporteur, à deux reprises, au nom de la Commission de l'intérieur d'abord d'une proposition de loi tendant à modifier l'organisation municipale, puis d'une seconde proposition de loi sur la réintégration des fonctionnaires frappés par l'acte de l'Etat français en date du 17 juillet 1940. Eugène Doyen suit, dans les grands scrutins, les choix de son parti, soutenant la nationalisation de la Banque de France (2 décembre 1945) et celle de l'électricité et du gaz (28 mars 1946), puis la dévolution des biens des entreprises de presse (16 avril), et le projet de Constitution (19 avril).

Le rejet de celui-ci par le référendum du 5 mai 1946 impose la convocation d'une nouvelle Assemblée nationale Constituante : Eugène Doyen figure à nouveau en seconde position sur la liste communiste d'Arthur Ramette dans la deuxième circonscription du Nord. Malgré un léger recul, la liste communiste, avec 109 681 voix sur 457 801 suffrages exprimés (23,9 % des voix), conserve ses deux sièges.

A l'Assemblée, le député du Nord retrouve les deux mêmes Commissions que précédemment. Il est l'auteur d'une proposition de loi tendant à attribuer l'éligibilité aux techniciens du cadastre, et intervient seulement à deux reprises dans les discussions.

Eugène Doyen sollicite le renouvellement de son mandat, toujours en seconde position sur la liste du Parti communiste, lors des élections du 10 novembre 1946 pour la première législature de la IVe République. Dix sièges sont désormais à pourvoir dans la deuxième circonscription du Nord, et, avec 110 254 voix sur 453 725 suffrages exprimés, la liste communiste conserve ses deux sièges.

A nouveau membre de la Commission de l'éducation nationale (1946-1949) et de celle de l'intérieur (1946), Eugène Doyen siège également à la Commission des affaires économiques (1948-1949). Il dépose, au cours de cette législature, neuf textes notamment sur des problèmes relatifs à l'Education nationale, et intervient largement dans les débats. Il refuse la confiance au gouvernement lors du scrutin du 4 mai 1947 à la suite duquel Paul Ramadier se séparera de ses ministres communistes, et s'oppose au projet de statut de l'Algérie (27 août 1947).

Le 20 avril 1948, Eugène Doyen dépose une demande d'interpellation à propos de la nationalisation des écoles des houillères, et intervient à plusieurs reprises largement à ce sujet, avant d'approuver la nationalisation (14 mai 1948). Il interviendra également à propos de la titularisation des instituteurs et institutrices intérimaires.

Opposé à l'intégration occidentale, Eugène Doyen vote contre le plan Marshall (7 juillet 1948), mais il se trouve progressivement en désaccord croissant avec son parti : il doit démissionner de son siège de député le 14 avril 1949 et est remplacé par Mme Isabelle Claeys, adjoint au maire d'Houplines, qui figurait en troisième position sur la liste communiste de 1946.

Eugène Doyen ne se présente pas aux législatives de 1951, ni à celles de 1956. A la suite d'une crise cardiaque dont il est victime en 1953, il doit également abandonner toute activité politique locale.



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