Joseph, Mathurin, Marie Dumas

1904 - 1971

Informations générales
  • Né le 17 mai 1904 à Saint-gérand (Morbihan - France)
  • Décédé le 30 janvier 1971 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Seine
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Seine
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 17 mai 1904 à Saint-Gérand (Morbihan)
Décédé le 30 janvier 1971 à Paris (12e)

Membre de la seconde Assemblée nationale Constituante (Seine)
Député de la Seine de 1946 à 1955

Joseph Dumas est issu d'une famille modeste. Il travaille depuis l'âge de 11 ans y compris comme débardeur dans les usines de la région parisienne. Il est ouvrier ajusteur lorsqu'il est mobilisé en 1939. Après la « Drôle de guerre », il prend part à la première bataille de France, puis participe activement à la Résistance comme chef national du réseau C.R.S.C. Par mesure de sécurité, il doit quitter quelques mois la région parisienne pour Valence d'Agen où il continue à servir dans le réseau dirigé par le général Molard. A la Libération, il est l'un des membres du Comité parisien de Libération. Son courage lui vaut d'être fait chevalier de la Légion d'Honneur. Il est, en outre, titulaire de la Croix de guerre avec palmes, et de la Médaille de la Résistance.

C'est sa participation au syndicalisme chrétien qui a nourri son engagement dans la lutte contre la barbarie nazie. Membre de la C.F.T.C., il est de ceux qui approuvent l'unité syndicale. En 1945, il participe aux Conférences internationales syndicales qui se tiennent en février à Londres et en septembre à Paris pour le premier congrès de la Fédération syndicale mondiale (F.S.M.) jugée trop marxiste par les adhérents de la C.F.T.C.

De l'engagement syndical à l'engagement politique, il n'y a qu'un pas que Joseph Dumas franchit facilement dans ces années de mise en place des nouvelles institutions. Il n'est pas le seul syndicaliste à grossir les rangs du Mouvement Républicain Populaire. Le 21 octobre 1945, aux élections à la première Assemblée Constituante, il se présente dans la sixième circonscription de la Seine qui regroupe les communes de Pantin, Noisy-le-Sec, Aubervilliers, Saint-Denis, Montreuil et Vincennes en troisième position sur la liste M.R.P. conduite par André Paillieux. Avec 82 166 voix sur 308 887 suffrages exprimés, cette liste a deux élus contre quatre à la liste conduite par Jacques Duclos. Le 2 juin 1946, à la seconde Constituante, Joseph Dumas, passé de la troisième à la deuxième place, est élu à la plus forte moyenne. 70 292 voix sur 309 546 suffrages exprimés se sont portées sur la liste M.R.P. conduite cette fois-ci par Eugène Rigal.

A l'Assemblée, Joseph Dumas est nommé membre de la Commission des territoires d'outre-mer et désigné comme juré à la Haute cour de Justice. Il dépose le 8 août 1946 une proposition de loi tendant à régler vis-à-vis du gouvernement français la situation des fonctionnaires détachés de la métropole et incorporés au cadre chérifien. Il prend part à la discussion du projet et des propositions de loi relatifs au statut général des fonctionnaires. Conformément aux décisions prises par son groupe, Joseph Dumas approuve le second projet constitutionnel.

Aux élections à la première Assemblée nationale de la IVe République, le 10 novembre 1946, la liste M.R.P., toujours conduite par Eugène Rigal, obtient 63 948 voix sur 304 886 suffrages exprimés. Joseph Dumas est réélu. Il retrouve pour la durée de toute la législature la Commission des territoires d'outre-mer dont il est élu secrétaire en 1951. Il participe aussi aux travaux des Commissions du suffrage universel, du règlement et des pétitions et de la justice et de la législation en 1948. Il est en outre élu secrétaire de l'Assemblée nationale le 14 janvier 1948.

Au cours de cette législature, Joseph Dumas s'affirme comme l'un des parlementaires les plus actifs. Les problèmes du travail et de la condition ouvrière font naturellement l'objet de son attention particulière. Il est l'auteur de très nombreux rapports au nom des commissions dont il est membre et propositions de loi. On retiendra comme les plus caractéristiques de son œuvre le 9 août 1948 une proposition de loi tendant à instituer un code social pour les territoires d'outre-mer et les territoires associés, le 10 février une proposition de loi tendant à un retour de la liberté des salaires dans le cadre des conventions collectives. Il est aussi l'auteur de rapports sur le projet de loi instituant un Code du travail dans les territoires d'outre-mer.

Pour défendre ses propositions ou présenter les rapports qui lui ont été confiés, Joseph Dumas intervient fréquemment à la tribune de l'Assemblée nationale. Il intervient aussi souvent pour dénier aux communistes le monopole de la représentation du monde ouvrier ou bien lors des grands débats de cette législature. Ainsi le 26 juillet 1949, il prend part à la discussion du projet de loi portant ratification du Pacte de l'Atlantique : « Je voterai le pacte de l'Atlantique, déclare-t-il en se tournant vers les communistes, au souvenir de mon action ouvrière. Je le voterai car je ne voudrais pas connaître un second Munich, auquel j'étais déjà opposé ». Et il ajoute : « Un choix est à faire. Mais ce n'est pas un choix entre la guerre et la paix, un choix contre l'U.R.S.S. et pour l'Amérique, mais entre la servitude sous la dictature et la liberté. En votant pour le projet de loi, j'ai conscience de voter pour le syndicalisme libre et pour la liberté des peuples ».

Joseph Dumas attache son nom au vote le 11 février 1950 de la loi rétablissant la liberté des salaires et des conventions collectives. A l'origine se trouve sa proposition de loi inspirée par les travaux de la C.F.T.C. comme il le reconnaît lui-même dans ses interventions. Le 15 décembre 1949, l'ancien ouvrier ajusteur justifie le principe des conventions collectives comme facteur de paix sociale : « au lieu d'utiliser la misère des travailleurs à certaines fins qui n'ont aucun rapport avec l'intérêt de ceux-ci, vous devriez comprendre, dit-il aux communistes, la nécessité de réaliser l'entente entre tous au lieu de créer la division ».

En qualité de rapporteur, de 1950 à 1952, il œuvre activement et inlassablement à l'adoption du Code du travail dans les territoires d'outre-mer, code qui n'est pas parfait selon lui mais qui constitue un progrès indéniable et la condition du maintien des liens entre la France et l'Union française (22 novembre 1952). Il met notamment en avant son attachement à cette cause pour refuser la confiance au gouvernement Mendès-France en février 1955. Dans le cabinet Pineau qui n'a pas été investi en 1955, Joseph Dumas aurait été ministre des P.T.T.

Au cours de la législature, il vote à l'unisson de son groupe. Par ses prises de position, il appartient à l'aile gauche du parti. Ainsi, au congrès de Nantes, le 18 mai 1950, au poste de secrétaire général, il est le candidat de ceux qui protestent contre toute déviation droitière du Mouvement. Les 224 voix qui se portent sur son nom contre 314 à André Colin donnent l'ampleur du malaise et de l'estime dont bénéficie le député de la Seine.

A la suite de la dissolution de l'Assemblée le 2 décembre 1955, Joseph Dumas conduit la liste M.R.P. dans la 6e circonscription. La multiplication des listes de centre-droit et de droite, la poussée des candidats mendésistes dans ce département, et surtout la crue du nombre d'inscrits lui sont fatales. Avec 20 233 voix sur 371 902 suffrages exprimés, la liste M.R.P. se situe loin derrière les listes communiste, mendésiste, socialiste et R.G.R. Paradoxalement, Joseph Dumas a été victime de la dégradation de l'image du M.R.P. sous la précédente législature.



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