Joséphine, Hélène dite José Dupuis

1908 - 1965

Informations générales
  • Né le 6 décembre 1908 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 9 juin 1965 à Vals-les-bains (Ardèche - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Seine
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Née le 6 septembre 1908 à Paris 18e
Décédée le 9 juin 1965 à Vals-les-Bains (Ardèche)

Député de la Seine de 1946 à 1951

José Dupuis, d'abord institutrice dans le 18e arrondissement, devient professeur de cours complémentaire à Paris après des études supérieures à la Sorbonne, où elle obtient la licence ès lettres. En 1934, elle est syndiquée au Syndicat national des instituteurs mais démissionne lorsque celui-ci décide de s'associer à la grève générale du 12 février 1934 car elle conteste cette décision qui mettrait les enfants dans la rue. Pendant la guerre, elle participe activement à la Résistance et se voit décerner à la Libération la médaille de la Résistance, la Croix de guerre avec palme, la Médaille de la France Libre et la Croix de chevalier de la Légion d'honneur. Elle est également membre de l'Ordre de l'Empire britannique. Elle adhère au Mouvement républicain populaire et est placée en cinquième position sur la liste que présente son parti dans le deuxième secteur de la Seine pour les élections de la seconde Assemblée nationale Constituante. Cette circonscription correspond aux 1er, 2e, 8e, 9e, 16e, 17e et 18e arrondissements. Avec 107 796 suffrages, la liste M.R.P. ne peut prétendre qu'à deux députés, tout comme la liste arrivée en tête, celle du Parti républicain de la Liberté (P.R.L.), la liste communiste (troisième par le nombre des votants) et la liste S.F.I.O. (arrivée en quatrième place). José Dupuis n'est donc pas élue. En revanche, le sort est plus favorable aux élections législatives suivantes du 10 novembre 1946. Placée au troisième rang derrière les deux sortants, Robert Lecourt et Jean-Jacques Juglas, José Dupuis profite de la remontée de son parti qui recueille 109 407 voix et obtient la première place face aux autres listes. Trois sièges reviennent donc à la démocratie chrétienne, tout comme aux communistes (105 120 voix) tandis que le P.R.L. se maintient (deux députés, mais 94 741 voix, soit 25 000 de moins que précédemment), que la S.F.I.O. régresse (un seul élu, Daniel Mayer) et que les gaullistes font une percée remarquée avec 34 747 voix et un élu, René Capitant.

José Dupuis appartient tout naturellement à la Commission de l'éducation nationale et est secrétaire puis vice-présidente de la Commission du ravitaillement (1946-1949). A partir de 1948, elle siège à la Commission de la défense nationale puis à la Commission des affaires économiques (1949-1951). En 1950-1951, elle est membre également de la Commission du suffrage universel. Elle remplit en plus des fonctions de plus courte durée au sein de la Commission chargée d'enquêter sur les problèmes du vin, comme juré à la Haute Cour de justice et comme secrétaire de l'Assemblée nationale à partir de janvier 1951.

José Dupuis est l'auteur de quatre propositions de loi. Deux concernent les professeurs spéciaux d'enseignement primaire de la Ville de Paris et deux des mesures sociales en faveur des « vieux » et des « économiquement faibles » ainsi que des veuves. Elle rédige également plusieurs rapports à propos du ravitaillement et de la défense nationale. Ses principales interventions orales se relient à ces questions. Lors d'un débat sur la politique du ravitaillement, le 8 juillet 1947, elle se prononce en faveur d'un certain dirigisme pour faire face aux difficultés prévisibles pendant l'hiver. A propos d'interpellations concernant la politique du gouvernement lors de la grève des instituteurs, elle apporte son témoignage personnel d'ancienne enseignante pour critiquer le « jusqu'auboutisme » de certains syndiqués qui agissent au mépris des intérêts des enfants. Le 27 avril 1948, José Dupuis souligne la démagogie d'une proposition de résolution d'origine communiste qui demande des mesures en faveur des familles nombreuses dont on sait qu'elles sont inapplicables. Le 29 mars 1950, en tant que présidente de la Commission d'enquête sur le vin, elle tient à défendre l'impartialité des travaux de celle-ci et met en cause ceux qui cherchent à tout prix à susciter des scandales même sans preuves effectives. Ses dernières interventions sont motivées par l'examen des budgets de l'Education nationale dont elle critique, comme beaucoup d'autres orateurs, l'insuffisance par rapport aux besoins croissants dans cette phase d'arrivée en âge scolaire des enfants du baby boom.

Aux élections du 17 juin 1951, José Dupuis est en seconde place derrière Robert Lecourt sur la liste du M.R.P. Les électeurs parisiens marquent beaucoup plus que dans le reste du pays leur désaveu des partis ayant exercé le pouvoir pendant la législature. Le M.R.P., avec 26 511 voix en moyenne, tombe à 6,4 % des votants contre 24,2 % lors du scrutin du 10 novembre 1946, la S.F.I.O. régresse, elle, de 11,1 % à 7,5 %, les électeurs mécontents reportant leurs suffrages sur la liste radicale (deux élus et 19,2 %) et surtout sur celle du R.P.F. (plus de 24 % et trois élus) ou de divers groupes d'extrême droite. Ces élections marquent donc la fin de la carrière législative de José Dupuis. En effet, à nouveau candidate derrière Robert Lecourt le 2 janvier 1956, l'ancienne député de la deuxième circonscription de la Seine ne recueille que 20 439 voix et seul l'ancien ministre M.R.P. retourne siéger au Palais Bourbon.



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