Marius Escartefigue

1872 - 1957

Informations générales
  • Né le 2 novembre 1872 à Marseille (Bouches-du-Rhône - France)
  • Décédé le 8 novembre 1957 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Var
Groupe
Députés indépendants
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Var
Groupe
Gauche démocratique et radicale indépendante

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 2 novembre 1872 à Marseille (Bouches-du-Rhône).

Député du Var de 1928 à 1932 et de 1936 à 1942.

De modeste origine, Marius Escartefigue fit des études qui lui permirent d'obtenir le titre d'ingénieur civil E.I.M. Secrétaire de mairie de La Seyne, il sollicita pour la première fois en 1901 les suffrages des Toulonnais qui firent de lui le représentant du premier canton de leur ville au Conseil général du Var. L'année suivante, inscrit sur une liste formée par des opposants hostiles à la municipalité modérée de l'époque, il entrait au Conseil municipal de Toulon. Réélu en 1904 conseiller municipal, premier d'une liste qui groupait des radicaux et des socialistes, et choisi comme maire, il reste jusqu'en 1909 à la tête de la municipalité, s'appliquant en particulier à doter la ville de plusieurs groupes scolaires. Ses succès municipaux accroissent son influence au Conseil général : il en devient le président en 1906 puis se voit confier, en 1908, la présidence de la Commission départementale. Mais, en 1909, il doit démissionner et abandonner pour longtemps la mairie de Toulon.

Pendant la Grande guerre, il connut une fâcheuse mésaventure : le 18 avril 1916, le conseil de guerre de la XVe Région le condamna par défaut à cinq ans de prison, 3.000 francs d'amende et dix ans de privation des droits civils et politiques pour escroquerie au préjudice de l'Etat dans une affaire de fournitures militaires. Il se trouvait alors à Barcelone et invoqua son état de santé pour excuser son absence, mais s'étant finalement constitué prisonnier le 6 février 1917, il fit opposition au jugement prononcé contre lui et le conseil de guerre, à nouveau saisi, admit qu'il avait été victime des agissements malhonnêtes d'un employé et, le 4 avril 1917, l'acquitta à l'unanimité.

Néanmoins il lui fallut attendre 1927 pour reprendre de haute lutte un siège au Conseil général du Var, et ce n'est qu'en 1928 qu'il réussit à rentrer au conseil municipal de Toulon; mais l'année suivante il était à nouveau maire et il garda cette fois sa mairie jusqu'en 1940, date où il fut révoqué.

C'est seulement à 56 ans qu'il commença sa carrière parlementaire. S'étant présenté pour la première fois le 22 avril 1928 aux élections législatives, dans la 1re circonscription de Toulon, il fut assez heureux pour s'emparer, au deuxième tour de scrutin, le 29 avril, du siège du député sortant, Brémond, républicain socialiste,. en obtenant 6.413 voix contre 5.716 à Brémond sur 12.957 votants, après une campagne dans laquelle il avait donné une grande place aux questions municipales et s'était posé en adversaire du Cartel et en admirateur de Raymond Poincaré.

A la Chambre, il s'inscrivit au groupe des députés indépendants et fit partie des commissions de la marine militaire et des mines et de la force motrice.

Le 8 mai 1932, Brémond prit sa revanche : Escartefigue qui l'avait devancé de plus de 1.000 voix au premier tour de scrutin fut pourtant battu au second, avec 6.688 voix contre 7.292 sur 14.218 votants. Mais, ayant conservé son écharpe de maire, il pour suivit son action municipale et put ainsi, en 1936, se glorifier d'avoir, au cours de sa seconde magistrature, élevé 19 écoles nouvelles et 680 logements à bon marché, ouvert 40 kilomètres de voies suburbaines, amélioré l'alimentation en eau de la ville et fait de Toulon « la ville la mieux éclairée de France ».

Les 26 avril et 2 mai 1936, il reconquit son siège de député, triomphant au premier tour de Brémond qui se retira, et au second de Gontier, par 8.597 voix contre 7.666 sur 16.607 votants. Au début de la législature, il intervint fréquemment en séance publique ; à partir de 1938 ses interventions furent moins nombreuses, mais elles gagnèrent en importance politique : c'est ainsi que le 9 décembre au cours de la discussion d'une interpellation sur la politique générale, il défendit, aux applaudissements du centre et de la droite, le gouvernement Daladier, pris à parti par les gauches au sujet de ses décrets-lois ; de même le 18 mars 1939, parlant sur l'octroi de pouvoirs spéciaux au même gouvernement, il préconisa un rapprochement de la France et de l'Italie. Enfin, le 22 mars 1940, il combattit le gouvernement Paul Reynaud qui venait d'être formé.

Le 10 juillet 1940, à Vichy, il vota les pouvoirs constituants au maréchal Pétain.



Né le 2 novembre 1872 à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Décédé le 8 novembre 1957 à Paris

Député du Var de 1928 à 1932 et de 1936 à 1942

(voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome V, p. 1627, 1628)

Révoqué de ses fonctions de maire de Toulon par le Gouvernement de Vichy, Marius Escartefigue ne tente pas de retrouver un mandat à la Libération.

Aux élections municipales de 1953, il soutient la liste présentée par son fils à Toulon. Deux ans plus tard, une nouvelle consultation est organisée à la suite de la défection d'un élu socialiste qui, cessant de voter avec l'union de la gauche, rend le conseil municipal ingouvernable. Celui-ci est dissous.

L'inéligibilité, qui frappait Marius Escartefigue en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de loi constitutionnelle, levée par la loi d'amnistie, l'ancien député-maire conduit une liste aux élections du 22 mai 1955. S'il parvient à réduire l'écart avec le parti communiste (30,7% contre 29,6 %), la gauche n'en demeure pas moins majoritaire avec vingt sièges sur trente-sept ce qui assure la réélection du maire socialiste sortant.

Marius Escartefigue meurt peu après à Paris, à l'âge de 85 ans.



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