Marcel Falala

1897 - 1960

Informations générales
  • Né le 24 avril 1897 à Charency-vezin (Meurthe - France)
  • Décédé le 30 novembre 1960 à Reims (Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 30 novembre 1960
Département
Marne
Groupe
Union pour la nouvelle République

Biographies

Biographie de la Ve République

FALALA (Marcel, Ernest)
Né le 24 avril 1897 à Charency-Vezin (Meurthe-et-Moselle).
Décédé le 30 novembre 1960 à Reims (Marne)

Député de la Marne de 1958 à 1960

Marcel Falala naît à la fin du XIXème siècle, dans l’arrondissement de Briey : cette partie de la Moselle est restée française à l’issue de la guerre de 1870-1871 et a été rattachée au département de la Meurthe-et-Moselle. Charency-Vezin et la ville voisine de Montmédy, où Marcel Falala effectue ses études primaire et secondaire, sont situées à quelques kilomètres à peine de la frontière avec la Belgique.
Après avoir obtenu son certificat d’études primaires et son brevet élémentaire, le jeune Lorrain décide de suivre les traces de son père, employé de chemin de fer. Mobilisé pendant la première guerre mondiale, Marcel Falala est rendu à la vie civile en 1919 : ses états de service lui valent d’être décoré de la Croix de guerre 1914-1918. Il entre à la Compagnie des chemins de fer de l’Est en 1919, puis à la SNCF au moment de sa création en 1938. Les affectations de Marcel Falala le conduiront dans les Ardennes, puis dans la Marne. Il devait achever sa carrière comme chef de gare principal hors classe à Reims, en 1954.
Les compétences professionnelles de Marcel Falala sont mobilisées dès le début de la seconde guerre mondiale, en septembre 1939. C’est tout naturellement qu’il sert dans l’arme du train. Après la campagne de France, l’occupation paraît inacceptable au Lorrain qu’est Marcel Falala. Il est recruté en septembre 1943 comme agent du réseau Jade-Fitzroy dans la Marne. Le chef de gare fournit des renseignements sur les transports allemands et participe à l’hébergement de prisonniers français évadés ou d’aviateurs alliés. Les charges de famille qu’il assume - un cinquième enfant lui est né en novembre 1942 - ne dissuadent pas Marcel Falala de rejoindre ce réseau, qui fournit ses informations à l’Intelligence service.
Arrêté le 3 mai 1944, Marcel Falala est interné à Fresnes puis à Compiègne, avant d’être déporté à Dachau le 18 juin 1944. Il y est affecté au Kommando d’Allach. Les terribles conditions de vie dans le camp de Bavière devaient être décrites plus tard par Edmond Michelet dans un ouvrage intitulé Rue de la Liberté : c’est ainsi que les nazis avaient, par dérision, nommé une des principales allées de Dachau. Libéré en 1945, Marcel Falala est présenté au général Eisenhower à l’Hôtel de ville de Reims le 12 mai 1945, peu de temps après son retour en France. Le courage du chef de gare devait ensuite lui valoir la croix de guerre, la médaille militaire, la croix du combattant volontaire et la médaille de la Résistance
La famille Falala est entrée en politique dès les élections municipales des 29 avril et 13 mai 1945 : l’épouse de Marcel Falala est en effet candidate à Reims sur la liste d’André Thiénot, que défait au second tour le communiste Michel Sicre.
Marcel Falala éprouve un profond respect pour la personne du général de Gaulle, en même temps qu’il désapprouve les mœurs politiques de la IVème République. Il adhère donc au Rassemblement du peuple français, qui a été créé à Strasbourg le 7 avril 1947. Quand les Anciens combattants de la Marne invitent le général de Gaulle à y présider des manifestations patriotiques le 15 avril 1951, c’est tout naturellement que Marcel Falala rejoint le Comité d’accueil constitué afin de préparer ce voyage. L’ancien résistant se présente aux élections des 7 et 14 octobre 1951 sous l’étiquette RPF, dans le canton de Reims-II, dont le conseiller général sortant appartenait à la SFIO : il est élu au second tour de scrutin. Marcel Falala devait siéger à l’Assemblée départementale jusqu’à sa mort.
Il est également élu conseiller municipal de Reims aux élections municipales des 26 avril et 3 mai 1953. A cette date, Marcel Falala a cependant quitté le RPF, dont il était conseiller départemental : inquiet de l’état du pays, il a en effet suivi dans la dissidence les députés gaullistes qui ont voté l’investiture d’Antoine Pinay en 1952 et ont ensuite créé l’Action républicaine et sociale.
L’ancien résistant figure en seconde position de la liste d’Union des Indépendants et Paysans emmenée dans la Marne par Bertrand de Vogüé aux élections législatives du 2 janvier 1956. Les Républicains sociaux du département, héritiers du RPF, ont alors choisi de faire liste commun avec le Rassemblement des gauches républicaines. La liste où figure Marcel Falala obtient, pour sa part, le soutien du CNIP et de l’Action républicaine et sociale : n’ayant rassemblé que 5,5% des suffrages exprimés, elle n’a pas d’élu.
C’est dans la deuxième circonscription de la Marne que Marcel Falala se porte candidat aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958 pour soutenir l’action du général de Gaulle. Il reçoit l’investiture de l’Union pour la nouvelle République et défend au cours de la campagne électorale une nouvelle conception du mandat parlementaire. Il importe en effet, selon lui, que le Parlement « consente à s’accommoder du rôle qui lui est dévolu par la Nouvelle Constitution » : ce « rôle », Marcel Falala ne l’entend pas de façon extensive. Soutenu également par les Centre national des Indépendants, il doit affronter six autres candidats au premier tour de scrutin. Ses principaux adversaires sont le député sortant René Tys, responsable fédéral du Parti communiste dans la Marne depuis 1954, et René Bride, ancien maire MRP de Reims de 1953 à 1957. Marcel Falala se place en tête au soir du 23 novembre 1958 puisqu’il réunit sur son nom 12137 voix, soit 25,6% des suffrages exprimés. Il obtient son meilleur résultat dans le canton de Reims-II, dont il est l’élu (31,1% des suffrages exprimés). Il affronte au second tour les candidats communiste et démocrate-chrétien et l’emporte avec 48,1% des voix.
L’ancien résistant s’inscrit au groupe de l’Union pour la nouvelle République (UNR) à l’Assemblée nationale. Il y siège également à la Commission des affaires culturelles, familiales et sociales en 1959-1960. Les votes de Marcel Falala correspondent à ceux de la majorité des gaullistes en 1959. Marcel Falala ne dépose pas de proposition de loi au cours de ses deux années de mandat parlementaire. Il intervient en revanche à deux reprises dans l’hémicycle.
Le 20 novembre 1959, il prend la parole pour regretter que le bénéfice de la « double campagne » ne soit pas accordé aux cheminots. Ce dispositif, propre aux agents de la fonction publique, prévoit le doublement du temps passé dans une unité combattante pour le calcul de la retraite. Le député de la Marne reconnaît que la SNCF est une société d’économie mixte soumise au droit commercial, dont les agents n’ont pas la qualité de fonctionnaires ou d’agents de l’Etat. Il rappelle cependant que les cheminots ont payé un lourd tribut à la guerre de 1914-1918 comme à celle de 1939-1945 et insiste sur la part prise par les employés des chemins de fer à la libération du territoire par leur grève insurrectionnelle. Son intervention, fait étonnant pour un élu gaulliste, ne déclenche guère alors d’approbations à l’Assemblée nationale que sur les bancs communistes.
Ses collègues députés entendent Marcel Falala pour la dernière fois le 27 octobre 1960 : à l’occasion du débat sur le projet de loi de finances pour 1961, il regrette l’insuffisance des crédits prévus pour assurer l’insertion professionnelle des travailleurs handicapés.
Réélu conseiller municipal de Reims en mars 1959 sur la liste de Jean Taittinger, qui défait le maire sortant MRP Jean Schneiter, Marcel Falala meurt dans cette ville le 30 novembre 1960, à l’âge de 63 ans. Son décès est annoncé à l’Assemblée nationale le 6 décembre 1960.
Roger Raulet, ancien conseiller général RPF du canton de Reims-I sous la IVème République et suppléant de Marcel Falala depuis 1958, lui succède comme représentant de la 2ème circonscription de la Marne au Palais-Bourbon. La disparition de l’ancien résistant provoque cependant une élection partielle dans le canton de Reims-II en 1961 : Jean Falala, fils cadet du défunt, emporte la victoire et remplace son père à l’Assemblée départementale. Si Roger Raulet est réélu député de la Marne avec 61,8% des suffrages exprimés au second tour des élections législatives de novembre 1962, il a choisi comme suppléant le jeune Jean Falala. Ce dernier conquiert le siège de parlementaire occupé par son père à l’occasion des élections législatives de mars 1967, après avoir affronté la candidature de l’ancien député communiste René Tys.
Jean Falala devait demeurer député de la 2ème circonscription de la Marne jusqu’en 1986 et occuper la mairie de Reims de 1983 à 2001. Réélu à la proportionnelle aux législatives du 16 mars 1986, le fils de Marcel Falala choisit de se présenter dans la 1ere circonscription de la Marne en 1988, après le gouvernement de Jacques Chirac a procédé à un important redécoupage électoral. Il siège à l’Assemblée nationale jusqu’en 2002, date à laquelle son fils Francis, petit-fils de Marcel Falala, lui succède pour un seul mandat. C’est l’ancien ministre Renaud Dutreil qui, en éliminant le sortant Francis Falala au premier tour des élections législatives de juin 2007, met fin - provisoirement ? - à l’histoire de cette dynastie rémoise en politique.