Roger Faraud

1903 - 1987

Informations générales
  • Né le 7 mai 1903 à Le pin (Charente-Inférieure - France)
  • Décédé le 8 avril 1987 à Saintes (Charente-Maritime - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Charente-Maritime
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Charente-Maritime
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Charente-Maritime
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Charente-Maritime
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Charente-Maritime
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 7 mai 1903 au Pin (Charente-inférieure)

Décédé le 8 avril 1987 à Saintes (Charente-maritime)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Charente-maritime)

Député de la Charente-maritime de 1946 à 1958

Roger Faraud est issu d'une famille paysanne de Saintonge. Après ses études primaires et primaires supérieures, il entre à l'Ecole normale d'instituteurs de La Rochelle et en sort avec le brevet supérieur. Instituteur en Charente-inférieure, il adhère à la SFIO en 1928. Candidat malheureux dans la circonscription de Jonzac aux élections législatives de 1932 et de 1936, il est élu conseiller général à l'occasion d'une élection partielle en 1936 mais perd son siège un an plus tard au renouvellement de 1937 et est à nouveau battu à une cantonale partielle en 1938. Pendant l'Occupation, il participe à la Résistance - il est responsable de l'Armée secrète pour la région de Jonzac - ce qui lui vaut la médaille de la Résistance, la Croix de guerre avec palmes et la Légion d'honneur. En 1944, il est président du comité de Libération de la Charente-inférieure et est donc tout naturellement présenté comme tête de liste socialiste aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée nationale constituante.

En dehors des trois partis dominants (Parti communiste, MRP et SFIO), une liste radicale-socialiste et une liste républicaine et paysanne se disputent les cinq sièges à pourvoir. La liste socialiste de Roger Faraud arrive en tête avec 48 438 voix devant les communistes (35 290), le MRP (33 282), les républicains-paysans (31 788) et les radicaux (22 726). Roger Faraud est donc élu avec son second, André Maudit

Pendant ce premier mandat, Roger Faraud appartient à la Commission de l'éducation nationale. Il vote les nationalisations et le premier projet de Constitution de la IVe République qui sera rejeté par référendum le 5 mai 1946.

Le 2 juin 1946, lors des élections à la seconde Assemblée nationale constituante, une sixième liste est entrée en lice, issue d'une scission au sein de la liste républicaine et paysanne. Malgré un total de suffrages exprimés supérieur à ceux de la précédente élection, la liste socialiste conduite par Roger Faraud connaît un léger effritement de son influence avec 44 716 suffrages face aux communistes (42 341 voix), au MRP (39 014 voix) et surtout à l'opposition de droite dont les deux listes (Parti républicain de la liberté et liste d'unité paysanne et sociale) cumulées dépassent 46 000 voix, soit 15 000 suffrages de plus que précédemment. Malgré ce changement du rapport de forces politique, les députés sortant retrouvent leurs sièges, Roger Faraud en tête.


Comme précédemment, le député de la Charente-maritime siège à la Commission de l'éducation nationale et vote le texte qui deviendra la Constitution de la IVe République.

Aux élections législatives du 10 novembre 1946, où six sièges sont à pourvoir au lieu de cinq, le Parti socialiste connaît une perte d'influence supplémentaire. Les 7 000 suffrages perdus par les socialistes entre les deux consultations (37 863 au lieu de 44 716) se sont, semble-t-il, reportés sur la liste communiste qui a près de 7 000 voix de plus (49 012 voix au lieu de 42 341) ou sur celle du Rassemblement des gauches républicaines (26 806 voix au lieu de 21 978), alors que le MRP décline également (34 595 voix) et que la droite retrouve son score antérieur. Les deux partis les plus associés à la politique gouvernementale souffrent donc de l'impopularité des mesures nécessitées par la période difficile de mise en place du régime. Si le MRP conserve son siège, la SFIO en perd un au bénéfice du RGR et le Parti communiste gagne le sixième siège nouvellement créé.

Après la période d'apprentissage de ses deux premiers mandats, Roger Faraud se révèle un parlementaire actif. Il siège à la Commission de l'éducation nationale mais aussi plus brièvement à celle de la famille (1946-1947), à celle du travail, puis à celle des affaires économiques (1947-1948) et enfin à celle des moyens de communication (1948-1951). Les textes qu'il rédige ont surtout trait aux questions d'enseignement. Le 30 mai 1950 notamment, il est l'auteur d'une proposition de loi portant réduction sur le prix du voyage de grandes vacances des étudiants bénéficiaires de la Sécurité sociale. Le 15 décembre suivant, il est également l'auteur d'un rapport sur des propositions de résolution de divers députés demandant l'accroissement des crédits affectés aux bourses dans les cours complémentaires. Ses interventions en séance sont motivées par des thèmes similaires, en particulier la discussion du budget de l'Education nationale pour laquelle il s'inscrit régulièrement. Le 20 mai 1948, il défend avec succès une proposition de résolution demandant au Gouvernement d'épargner, dans sa politique d'économies, le budget de la jeunesse et des sports, qu'il considère comme très insuffisant. Deux ans plus tard, le 30 mai 1950, il revient à la charge sur le même sujet. Les mesures budgétaires auraient selon lui pour effet de compromettre à la fois la santé des enfants et le développement du sport qui, en France, accuse déjà un retard important. C'est aussi l'occasion pour lui de rendre un hommage appuyé au précurseur qu'était Léo Lagrange.

Aux élections législatives du 17 juin 1951, un apparentement lie les partis de la troisième force du département de Charente-maritime : RGR, SFIO et MRP Le MRP et la SFIO ayant connu un déclin sensible, les trois alliés n'atteignent pas la majorité absolue requise pour obtenir tous les sièges, comme le prévoit la nouvelle loi électorale. Ce recul est particulièrement fort pour la liste socialiste qui n'obtient que 25 069 voix en moyenne (soit une perte de 12 000 électeurs). Seul Roger Faraud est donc élu, comme en 1946, et recueille un peu plus de voix que sa liste avec 26 331 suffrages sur son nom. Cet échec relatif de la liste socialiste est imputable, cette fois, à un nouveau transfert des électeurs vers le centre gauche puisque le RGR gagne 11 000 voix, voire vers le RPF qui effectue une percée spectaculaire avec plus de 65 000 voix et 34 % des suffrages exprimés, soit beaucoup plus que l'ancienne liste de droite Aussi bien les communistes que le MRP perdent en revanche de l'influence dans ce département de tradition radicale. Au total le parti communiste abandonne un siège, le MRP et la droite modérée perdent toute représentation, le RGR gagne un élu grâce à l'apparentement et le RPF en obtient deux.

Pendant la deuxième législature, Roger Faraud siège aux commissions de l'éducation nationale et des moyens de communication et du tourisme. A partir de 1955, il participe aux travaux de celle des affaires étrangères. La plupart des textes qu'il rédige ont trait soit à des problèmes locaux affectant son département, soit à des mesures concernant l'administration des Ponts et chaussées, soit encore au tourisme et à l'éducation nationale. Ses interventions sont suscitées par la discussion des budgets des travaux publics ou de l'éducation nationale. La plus vigoureuse de ses prises de parole concerne un thème qui tient à cœur à l'ancien instituteur public : la lutte contre le proposition Barangé d'aide à l'enseignement privé (séance du 7 septembre 1951). Il y voit une atteinte à la tradition laïque de la IIIe République et critique au passage l'attitude ambiguë du parti communiste. Pour que l'aide soit également répartie entre les parents, quelle que soit l'école que fréquentent leurs enfants, il réclame que ses adversaires de droite changent le système de versement aux associations prévu pour les écoles privées et établissent, comme pour l'enseignement public, un versement au chef de famille. C'est aussi l'occasion d'une interruption enjouée du chanoine Kir qui, selon Roger Faraud, « apporte de l'eau à son moulin » par ses précisions un peu maladroites. Ses deux dernières interventions importantes, les 1" avril et 13 décembre 1954, reposent sur un examen critique, nourri de faits et de chiffres, des budgets de la jeunesse et des sports et de l'enseignement sportif. Comme quatre ans plus tôt, il souligne le retard et l'insuffisance des efforts de la France comparés à ceux des pays étrangers. Il s'inquiète des lacunes en équipements pour l'enseignement technique comme pour le sport dans l'enseignement secondaire et supérieur et demande des moyens supplémentaires pour les colonies de vacances.

Au cours de cette législature, le député de la Charente-maritime approuve la constitution de la Communauté européenne du charbon et de l'acier CECA - (13 décembre 1951), vote contre la question préalable opposée à la discussion du projet de ratification de la Communauté européenne de défense CED (30 août 1954), vote les Accords de Londres qui mettent fin à l'occupation de l'Allemagne (12 octobre 1954) et ceux de Paris qui autorisent le réarmement de la RFA et son entrée dans l'OTAN (29 décembre 1954). Enfin il participe à la chute du Gouvernement Edgar Faure sur le mode de scrutin et la date des élections législatives (29 novembre 1955).

A la suite de la démission du cabinet, l'Assemblée nationale est dissoute et des élections sont organisées le 2 janvier 1956. Malgré un score national favorable à la gauche et au parti socialiste en particulier, le processus de déclin continu de la liste SFIO se poursuit en Charente-maritime. Alors que le nombre de suffrages exprimés a sensiblement augmenté par rapport à 1951, Roger Faraud ne recueille que 24 237 voix (soit une perte de 2 000 électeurs). C'est le plus mauvais score socialiste depuis la Libération. Cependant les autres grands partis, sauf les communistes qui remontent en voix mais régressent en pourcentage, sont dans une situation analogue malgré l'effondrement de la liste gaulliste (11,3 % des voix seulement). L'explication réside dans la floraison de nouveaux groupes plus ou moins proches du mouvement Poujade et qui trouvent dans ce département rural et commerçant un écho important. La liste poujadiste officielle obtient un pourcentage de voix supérieur à ceux cumulés des socialistes et du MRP tandis que les listes de protestation du même type, bien qu'elles n'aient pas d'élu, rassemblent, si l'on additionne leurs suffrages, près de 30 000 électeurs, soit probablement une grande partie des déçus du RPF qui ont fait défaut aux républicains sociaux (ex RPF).

Roger Faraud ne doit sa réélection qu'à la non reconnaissance par l'Assemblée nationale, le 10 février 1956, de l'apparentement conclu entre les trois listes se réclamant de Pierre Poujade.

Durant ce dernier mandat, le député de la Charente-maritime siège à la Commission des moyens de communication et du tourisme et à celle des pensions à partir d'octobre 1957. Ses textes écrits reprennent des avis ou des rapports faits lors de la législature précédente et sa seule intervention, le 15 mai 1956, concerne à nouveau la politique en faveur de la jeunesse.

Il ratifie les traités instituant la Communauté économique européenne et l'Euratom (9 juillet 1957) et soutient les Gouvernements qui se succèdent au cours de la législature. Le groupe socialiste se divise lors du retour du Général de Gaulle Roger Faraud vote pour son investiture (1er juin 1958), accorde les pleins pouvoirs au Gouvernement et approuve la révision constitutionnelle (2 juin 1958).



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