Edgar Faure

1908 - 1988

Informations générales
  • Né le 18 août 1908 à Béziers (Hérault - France)
  • Décédé le 30 mars 1988 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 2 avril 1973 au 2 avril 1978

Mandat(s)

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Jura
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Jura
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Jura
Groupe
Rassemblement des gauches républicaines et du centre républicain
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 5 mars 1967 au 7 mai 1967
Département
Doubs
Groupe
Union démocratique pour la V° République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IVe législature
Mandat
Du 23 juin 1968 au 12 août 1968
Département
Doubs
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 4 mars 1973 au 2 avril 1978
Département
Doubs
Groupe
Union des démocrates pour la République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
VIe législature
Mandat
Du 12 mars 1978 au 28 septembre 1980
Département
Doubs
Groupe
Rassemblement pour la République

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 28 avril 1959 au 1er octobre 1965
Sénateur
du 2 octobre 1965 au 8 février 1966
Sénateur
du 2 octobre 1980 au 30 mars 1988

Gouvernement

Chef du Gouvernement
du 20 janvier 1952 au 29 février 1952
Chef du Gouvernement
du 23 février 1955 au 24 janvier 1956

Fonds d'archives

Un fonds d’archives Edgar Faure est conservé aux Archives nationales sous la cote 505AP 1-345. Il a été donné par Edgar Faure, Sylvie Faure et Georgette Elgey entre 1978 et 1997. Décrit dans un état sommaire, il est librement communicable et représente 70 mètres linéaires. On y trouve des papiers personnels, des dossiers relatifs à son activité de professeur à la faculté de droit de Dijon et à son activité d’avocat. Le fonds se compose également de dossiers concernant ses mandats politiques, comme secrétaire général adjoint du gouvernement provisoire, président du Conseil, ministre et président de l’Assemblée nationale mais aussi concernant son engagement politique en Franche-Comté, dans le Jura, puis dans le Doubs. D’autres dossiers concernent ses mandats de président du Comité d’expansion économique de Franche-Comté et du territoire de Belfort, puis de la commission de développement économique régionale de Franche-Comté, et de président de la commission Unesco sur l’éducation. Enfin, le fonds se compose d’ouvrages, discours, conférences, articles, interviews, documentation, publications, coupures de presse, enregistrement audiovisuels et photographies.

Par ailleurs, les Archives nationales conservent l'enregistrement de l'entretien radiodiffusé d'Edgar Faure avec un journaliste (Radio Monte-Carlo) sur sa vie, sous la cote 5 AV 55.

De plus amples informations sont disponibles sur le site Inetrnet des Archives nationales.

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 18 août 1908 à Béziers (Hérault)

Décédé le 30 mars 1988 à Paris

Député du Jura de 1946 à 1958

Secrétaire d'Etat aux Finances du 13 février 1949 au 2 juillet 1950

Ministre du Budget du 2 juillet 1950 au 11 août 1951

Garde des Sceaux, ministre de la justice du 11 août 1951 au 20 janvier 1952

Président du Conseil, ministre des finances du 20 janvier au 8 mars 1952

Ministre des Finances et des Affaires économiques du 28 juin 1953 au 20 janvier 1955

Ministre des Affaires étrangères du 20 janvier au 23 février 1955

Président du Conseil du 23 février 1955 au 1er février 1956

Ministre des Finances, des Affaires économiques et du Plan du 14 mai 1958 au 1 er juin 1958

Edgar Faure est de ces présidents du Conseil qui font dire que les hommes politiques de la Quatrième République furent supérieurs aux institutions. Doté d'une intelligence souple et étendue, maniant le paradoxe dans une dialectique subtile, Edgar Faure attacha son nom aux grandes questions du moment : assainissement de l'économie, Europe, décolonisation.

Edgar Faure est né le 18 août 1908 à Béziers. Il parcourt la France au gré des affectations de son père, médecin-militaire. Elève précoce, il obtient le grade de bachelier à quinze ans ; curieux de tout et de toutes choses, il apprend le russe à l'Ecole des langues orientales tout en suivant des études de lettres et de droit. Passionné depuis son plus jeune âge par la politique, il fait une incursion à l'Action française, le temps de se rendre compte de son erreur. Licencié en droit à dix neuf ans, il s'inscrit au barreau de Paris. Il est alors le plus jeune avocat de France. Un an plus tard, ses pairs rendent hommage à son talent d'éloquence et le classent deuxième de la Conférence du stage des avocats après avoir entendu un discours sur Blaise Pascal et le procès des Provinciales. Avocat d'affaires, il devait soutenir une thèse sur « le pétrole dans la paix et dans la guerre ». Décidément, talentueux polymorphe, Edgar Faure écrit plusieurs romans policiers dont trois publiés sous le pseudonyme d'Edgar Sanday (Edgar sans d).

En 1931, Edgar Faure épouse Lucie Meyer dont la mère, Madeleine Cain, est la sœur de Julien Cain, ancien directeur du cabinet de Fernand Bouisson, président de la Chambre des députés de 1927 à 1936. Jusqu'à son décès, Lucie Faure joua auprès de son mari un rôle considérable tant par ses conseils sur la conduite de sa carrière que par la mise au service de son mari de ses relations politico-militaires. N'avait-elle pas fondé à Alger avec Robert Aron la revue La Nef ?

En 1942, craignant que la politique d'exclusion de Vichy ne menace la sécurité de sa famille, Edgar Faure quitte la métropole pour la Tunisie, puis Alger. Il y retrouve Louis Joxe et Pierre Mendès France. Ceux-ci lui font obtenir la direction des services législatifs de la présidence du Comité français de libération nationale, puis le secrétariat général adjoint du Gouvernement provisoire. A la Libération, de retour à Paris, Pierre Mendès France, ministre de l'Economie, prend Edgar Faure dans son cabinet et l'associe à l'élaboration du plan finalement rejeté par le Conseil des ministres au bénéfice de celui de René Pleven. Libre de son temps après la démission de son ami, Edgar Faure accepte de remplacer auprès de François de Menthon, Paul Coste-Floret comme délégué adjoint du ministère public au Tribunal international de Nuremberg réuni pour juger les principaux responsables nazis.

Avant son départ, Edgar Faure avait songé à entrer dans le forum, et avait hésité entre le MRP et le Parti radical. Il opte finalement pour ce dernier, traditionnellement enclin à accueillir de jeunes hommes brillants et qui correspondait mieux à sa sensibilité laïque. Pour devenir député, Edgar Faure devra s'y reprendre à trois fois. Le 21 octobre 1945, aux élections à la première Assemblée nationale constituante, Edgar Faure se présente dans la deuxième circonscription de la Seine sur une liste d'Union des républicains et de la résistance conduite par son ami le docteur Bernard Lafay. Avec 18 294 voix sur 443 058 suffrages exprimés, elle arrive loin derrière les listes communiste, MRP et SFIO. Edgar Faure comprenant qu'il n'y a rien à faire dans la région parisienne se déplace dans le Jura pour les élections du 2 juin 1946 à la seconde Assemblée nationale constituante. C'est à nouveau un échec. La liste RGR qu'il conduit rassemble 19 841 suffrages sur 110 493 exprimés et se place en quatrième position juste derrière la liste socialiste. Il s'en est fallu de 745 voix. Le 10 novembre 1946, aux élections à la première Assemblée de la IVe République, Edgar Faure devance le candidat socialiste et est élu député du Jura avec 20 488 suffrages sur 105 039 suffrages exprimés. Il devient l'élu de « la pipe et du gruyère » consolidant son implantation locale par les mandats de maire de Port-Lesney (1947), de conseiller général de Villers-Faylay (1949) et de président du Conseil général ( 1949).

Les compétences juridiques et économiques d'Edgar Faure le désignent tout naturellement pour siéger à la Commission de la justice et de législation, ainsi qu'à la commission des finances. Le 11 février 1947, il est nommé membre de la Commission chargée d'enquêter sur les événements survenus en France de 1933 à 1945. Le 4 mai 1948, il est élu vice-président de la Haute cour de justice. Il s'affirme très vite comme l'un des éléments les plus actifs de l'Assemblée. Ses nombreuses propositions de résolution ou de loi et ses interventions relèvent de centres d'intérêt durables : agriculture, affaires économiques et sociales (il rapporte le projet de loi sur la liberté du travail en 1947), sans oublier pour autant la défense des intérêts de ses mandants : ainsi le 28 février 1947, demande t-il le rétablissement du tribunal de Saint-Claude. Le 27 novembre 1947, il dépose une proposition de résolution invitant le gouvernement à proposer l'institution, dans le cadre de l'ONU, d'une juridiction internationale des Droits de l'Homme ; le 15 janvier 1948 une proposition de résolution tendant à inviter le gouvernement à prévoir la possibilité d'octroi par la Banque de France d'avances sur délégation des titres de l'emprunt ; le 20 avril 1948, une proposition de loi visant à commémorer le 8 mai 1945.

La qualité de son travail parlementaire, la sollicitude des caciques du Parti radical pour mener une politique de jouvence, font rapidement entrer Edgar Faure dans le club des ministrables. Le 13 février 1949, Henri Queuille le fait nommer secrétaire d'Etat aux Finances pour seconder Maurice Petsche. Il est maintenu à ce poste dans le cabinet Bidault (28 octobre 1949-29 juin 1950) et promu ministre du Budget dans les deux gouvernements Queuille et le gouvernement Pleven (juin 1950, juillet 1951). La maladie de Maurice Petsche conduit Edgar Faure à défendre le budget de 1950 devant l'Assemblée. Son intervention produit un gros effet. Adossé au plan Mayer, il participe à l'œuvre d'assainissement des finances publiques.

En 1951, Edgar Faure confie à Pierre Jeambrun le soin de préparer les élections législatives. Le 17 juin, il est réélu à la tête d'une liste RGR-Indépendants avec 26 109 suffrages sur 102 634 suffrages exprimés. Au cours de la campagne, il avait défendu son action en faveur de l'ouverture du Jura et du développement de ses activités ainsi que son action nationale au Budget.

Dans le gouvernement Pleven, premier gouvernement de la deuxième législature, Edgar Faure est Garde des sceaux, ministre de la justice, ce qui lui vaut de côtoyer fréquemment le président de la République, Vincent Auriol. Celui-ci le désigne comme président du Conseil après les refus de Christian Pineau, Jacques Soustelle, Paul Reynaud et Georges Bidault. Le 17 janvier 1952, Edgar Faure est investi par 401 voix contre 101. Les communistes s'y sont opposés, les gaullistes se sont abstenus. A quarante trois ans, le député du Jura est le plus jeune président du Conseil depuis Armand Fallières. Il forme un gouvernement comprenant vingt six ministres et quatorze secrétaires d'Etat, ce qui permet aux humoristes de parler « d'Ali-Baba et de ses quarante voleurs ». Les sujets d'inquiétude ne manquent pas : lutte contre l'inflation, réforme des entreprises nationalisées, situation préoccupante en Tunisie. Sur ce dernier point, Edgar Faure envoie des renforts pour contrôler la situation et fait une ouverture en parlant d'« autonomie interne ». Il confie à François Mitterrand, ministre d'Etat, la mission de proposer un plan de réformes qui mécontentera fort les représentants des colons. Son gouvernement est aussi marqué par l'important débat qui s'ouvre le 11 février 1952 à l'Assemblée sur la Communauté européenne de défense (CED) avant la réunion du Conseil Atlantique à Lis-bonne. Sur cette question qui divisait durablement et fortement l'Assemblée, l'habileté du président lui permit de ne pas être renversé sans pour autant faire avancer le débat sur le fond. Malgré tout, l'ordre du jour voté par 50 voix de majorité demandait au gouvernement d'obtenir un certain nombre de garanties des alliés et d'appeler la Grande-Bretagne à se joindre à la Communauté. Pour clore le débat, une question de confiance est posée et le gouvernement sauvé par 40 voix. Le 28 février l'Assemblée vote l'échelle mobile des salaires. Mais, c'est surtout l'état des finances de la France qui est le plus préoccupant. Certes, le plan Mayer avait porté ses fruits en 1949 et 1950 mais ensuite la situation internationale, la guerre de Corée, les libéralités aventureuses des gouvernements précédents, la course prix-salaires avaient considérablement dégradé le crédit de la monnaie. L'Etat doit demander à la Banque de France une avance de 25 milliards pour faire face à ses dépenses immédiates et au remboursement de la dette. Pour couvrir les dépenses, Edgar Faure propose un plan d'économies, une réforme fiscale et l'augmentation des impôts de 15%. Il pose vingt fois la question de confiance. En vain. Le 29 février, l'augmentation des impôts est refusée, Edgar Faure démissionne. « Mon gouvernement dura quarante jours, compta quarante ministres et me fit perdre quatre kilos » devait dire en guise d'épitaphe le député du Jura.

Redevenu simple député, pour distraire son ennui - il s'ennuie quand il n'est pas ministre Edgar Faure accepte la présidence de la Commission des affaires étrangères le 22 janvier 1953. Pour peu de temps, car Joseph Laniel lui confie le portefeuille des Finances et des affaires économiques dans le gouvernement qu'il forme le 28 juin. Rue de Rivoli, Edgar Faure est confronté à la vague de grèves qui paralysent les services publics. Le 4 février 1954, un plan d'expansion de 18 mois est présenté au Conseil des ministres. Edgar Faure parle alors d « expansion dans la stabilité » avant de passer à la « relance de la relance ». Le gouvernement Laniel couvre la déposition du sultan du Maroc en dépit des réserves d'Edgar Faure et de la démission de François Mitterrand. Il est renversé à la suite du désastre de Diên-Biên-Phû le 12 juin 1954.

Il y aurait lieu de s'étonner du maintien à la tête du ministère des Finances d'Edgar Faure dans le gouvernement Mendès France si on ne se souvenait des liens d'amitié qui unissent depuis longtemps les deux hommes. Du reste, le chef du gouvernement laisse une large latitude d'action à son grand argentier pour appliquer son plan de 18 mois aussi longtemps qu'il règle les dossiers de l'Indochine et de la CED conformément à sa méthode de gouvernement qui consiste à traiter un dossier à la fois. Puis ces affaires étant réglées, il décide de s'attaquer au dossier économique, et partant, d'abandonner le 20 janvier 1955 le ministère des Affaires étrangères à un Edgar Faure qui s'y résigne. Malgré tout, la conduite de l'économie lui revient assez vite dans la mesure où, à la suite de la chute du cabinet le 4 février 1955, le président de la République lui demande après l'échec de Christian Pineau, de former le gouvernement.

Investi président du Conseil le 23 février 1955 par 369 voix contre 210, Edgar Faure, présenté par quelques mendésistes intégristes comme l'usurpateur, mène une politique qui n'est pas outrageusement éloignée de celle de son prédécesseur. Mais pouvait-on faire du mendèsisme sans Mendès France ? Instruit par l'expérience, le député du Jura nomme un gouvernement de dix huit ministres et huit secrétaires d'Etat, MRP, Indépendants, Républicains sociaux ou Radicaux. Jacques Duhamel, son collaborateur depuis 1949, est directeur de son cabinet, il a pour adjoint un jeune inspecteur des finances : Valéry Giscard d'Estaing.

En mars, le gouvernement obtient les pouvoirs spéciaux en matière économique, le 29 mai 1955 les conventions franco-tunisiennes accordent l'autonomie à la Tunisie. Au Maroc, à l'issue de la conférence d'Aix-les-Bains et de négociations menées par Antoine Pinay, la France sort de l'impasse en formant un Conseil du Trône qui confie le pouvoir à Mohammed V de retour d'exil. Ces décisions sont autant d'étapes vers l'indépendance des deux protectorats même si la réalité est amendée par la formule « d'indépendance dans l'interdépendance ». Edgar Faure doit faire face à l'opposition des colons, à la réserve des fidèles de Pierre Mendès France qui expliquent que la politique du président dans les protectorats n'est pas vraiment dans la ligne des ouvertures mendésistes, sans parler de l'agitation sociale des poujadistes qui ont le sentiment cruel que la modernisation de la France est incompatible avec leurs intérêts. Enfin, c'est sous le gouvernement Edgar Faure que la guerre d'Algérie arrive à un point de non-retour. Les massacres du Constantinois du 21 août 1955 creusent un fossé entre les deux communautés. La marge de manœuvre du président est étroite, rares sont ceux qui parlent alors d'indépendance, les plus audacieux parlent de fédération voire de confédération. Edgar Faure envoie des renforts, déclare l'état d'urgence ce qui revient à suspendre les libertés publiques. La politique étrangère lui accorde plus de satisfaction. A la conférence de Messine, la construction européenne est relancée, après l'échec de la C.E.D., sur la base d'un projet de communauté atomique et d'une communauté économique européenne. Le russophone Edgar Faure, convaincu depuis ses études qu'il faut jeter un pont entre l'URSS et les démocraties pluralistes, réunit à Genève une conférence des quatre puissances alliées de la Seconde guerre mondiale le 18 juillet 1955. Aucune décision concrète n'est prise mais cette rencontre est le symbole de la coexistence pacifique au lendemain de la guerre froide et des incertitudes de la politique soviétique au sujet de la réunification allemande qui avait si lourdement pesé sur le sort de la CED.

Mais, à la fin de la législature, les succès de politique étrangère sont de peu d'aide face à la montée des oppositions. Edgar Faure propose d'avancer la date des élections pour sortir au plus vite d'une période peu propice à la prise des décisions nécessaires, et aussi dans le but non avoué d'empêcher la formation à gauche d'une coalition rassemblée autour de Pierre Mendès France. L'opposition pose pour préalable une réforme de la loi électorale. Usant de la question de confiance, le gouvernement est renversé dans les formes constitutionnelles le 29 novembre. Edgar Faure décidé à brusquer les choses dissout l'Assemblée nationale, transgressant par là même un tabou républicain qui avait interdit toute dissolution depuis celle décidée par le Maréchal de Mac-Mahon le 16 mai 1877. Le décret de dissolution fut publié au journal officiel du 2 décembre, ce qui rappela aux hommes politiques de la Quatrième, nantis d'une solide culture historique, des précédents fâcheux pour tout esprit républicain.

Edgar Faure, en sa qualité de président du Conseil chargé des affaires courantes, prit la tête d'une coalition réunissant Indépendants, MRP et radicaux dissidents opposés au Front Républicain. Il se fit porter à la présidence du RGR ce qui lui valut d'être exclu du Parti radical, sans préjudice pour lui, puisque le 2 janvier 1956, il est réélu député à la tête d'une liste RGR-CNI qui arrive largement en tête avec 39 260 voix sur 111 459 suffrages exprimés.

Au Palais Bourbon, il est nommé membre des Commissions de la justice, de l'intérieur et des pensions. Il dépose le 23 octobre 1956 une proposition de résolution tendant à réviser différents articles de la Constitution et, le 25 mars, 1958 une proposition de loi relative à la protection du « gruyère de Comté » ou « Comté ». Le 20 décembre 1956, l'ancien ministre des Affaires étrangères condamne les erreurs faites dans la préparation et la conduite de l'opération de Suez. Il intervient à plusieurs reprises sur la situation économique. Il prend part à l'important débat de février 1958 sur la révision constitutionnelle. Lors de la formation du gouvernement Pflimlin le 13 mai 1958, il accepte la charge de ministre des Finances, des affaires économiques et du Plan.

Peu après, Edgar Faure se prononce pour le retour au pouvoir du Général de Gaulle dont il vote l'investiture (1er juin 1958). Il accorde les pleins pouvoirs au gouvernement et approuve la réforme de l'article 90 de la Constitution relatif à la révision constitutionnelle (2 juin 1958) au motif que la délégation du pouvoir constituant confiée au gouvernement et non à un homme, interdisait ainsi la comparaison avec le précédent du 10 juillet 1940, et ne pouvait être invoquée pour repousser le projet.

Elu sénateur du Jura en avril 1959, Edgar Faure devient député de la 3e circonscription du Doubs (Pontarlier) lors des élections de mars 1967, mandat qu'il conserve lors des renouvellements de 1968, 1973 et 1978 puis retrouve le Sénat en septembre 1980. Ministre du général de Gaulle et de Georges Pompidou, Edgar Faure préside l'Assemblée nationale de 1973 à 1978.



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