Gaston Gérard

1878 - 1969

Informations générales
  • Né le 30 avril 1878 à Dijon (Côte-d'Or - France)
  • Décédé le 5 février 1969 à Dijon (Côte-d'Or - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Côte-d'Or
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Côte-d'Or
Groupe
Gauche démocratique et radicale indépendante

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 30 avril 1878 à Dijon (Côte d’Or).

Député de la Côte-d'Or de 1928 à 1932 et de 1936 à 1942.

Haut-Commissaire du Tourisme du 2 mars 1930 au 4 décembre 1930.

Sous-Secrétaire d'Etat au ministère des Travaux publics et du Tourisme du 27 janvier au 13 juin 1931, du 13 juin 1931 au 12 janvier 1932, du 14 janvier au 16 février 1932, du 20 février au 10 mai 1932.

Gaston Gérard est né à Dijon dans une famille modeste qui habitait cette ville depuis plusieurs siècles. Cette famille, il l'honora très tôt car, dès le début de ses études au lycée Carnot, il s'avéra un excellent élève puis, à l'école de droit de sa ville natale, tant aimée, un étudiant de qualité.

Inscrit au barreau de Dijon en 1899, il n'abandonna jamais, malgré ses multiples charges et une activité qui apparut toujours débordante à ses proches, sa profession d'avocat laquelle, de pair avec le goût de sa patrie, lui procura sa joie de vivre.

Esprit très ouvert, éclectique, entraîné par ses goûts artistiques, Gaston Gérard semble cependant ne considérer aucune occupation, aucune activité, comme un loisir. Etudiant, il fondait déjà l'Université populaire de Bourgogne et le théâtre des Escholiers bourguignons qui fonctionnèrent plusieurs années et rayonnèrent avec éclat sur la province.

Il plaide, il plaide avec passion de nombreuses causes civiles et criminelles et il plaide avec le plus grand succès. En cour d'assises, le nombre des acquittements qu'il a obtenus est considérable, et déjà le voilà mêlé à la politique. Dès 1907, il est élu conseiller général par le principal canton de Dijon-Ville.

Et pour lui, comme pour tant d'autres, la guerre vint. II est mobilisé, mais comme auxiliaire. Sur sa demande il passe dans le service armé et termine la guerre capitaine avec deux citations françaises et une belge. Peu après, il recevait la Légion d'honneur à titre militaire.

Dès sa démobilisation, il remet sa robe, reprend ses activités et son comportement en mieux affirmé. Nul ne peut le définir plus heureusement que ne le fit son leader politique et ami André Tardieu : « Gaston Gérard mène pour ses idées une propagande infatigable. Tout ce qu'il veut, il le revendique. Tout ce qu'il pense, il le plaide... qu'il expose le dossier des vins, des routes ou du tourisme, c'est une foi de missionnaire qu'il affirme. »

Elu maire de Dijon en 1919, il fut constamment réélu jusqu'en 1935, date à laquelle il décida de ne plus briguer l'écharpe municipale. Son action fut très importante. Il a transformé et modernisé la vieille cité, ne portant nulle atteinte à ses charmes historiques mais précipitant les pulsations de son rythme vital. Il y a organisé des manifestations économiques notoires, entre autres la foire gastronomique devenue célèbre dans le monde entier, puis les Etats généraux de la gastronomie. Il fit aussi de grandes tournées pour défendre et prôner les vins de France, plus de 600 conférences en 32 nations visitées.

Le 22 avril 1928, il est élu député de la Côte-d'Or (1re circonscription de Dijon) au premier tour, par 10.262 voix sur 18.562 votants, contre 5.435 voix qui se portèrent sur M. Barabant.

Battu en 1932 par Jardillier, Gaston Gérard sera réélu le 3 mai 1936 dans la circonscription de Châtillon-sur-Seine, au deuxième tour, par 6.695 suffragants sur 11.734 contre 4.810 ayant voté pour Biétry (au premier tour il avait obtenu 4.421 voix sur 11.780 contre 3.031 à Biétry).

A la Chambre des députés, inscrit au groupe de la gauche radicale, et en 1936 de la gauche démocratique et radicale indépendante, il fait partie des commissions du commerce et de l'industrie, de l'enseignement et beaux-arts, des boissons, des travaux publics et moyens de communication.

Au cours des deux législatures où il siégea au Palais Bourbon, la nomenclature de ses activités, propositions, rapports, interventions, interpellations évoque l'artiste, l'homme d'esprit : il se préoccupe des chefs de musique, du cinéma, des bibliothèques publiques, de la profession théâtrale, de l'organisation du théâtre en province ; et le tourisme, qui subissait une crise entre 1936 et 1940 !

Mais le tourisme, peut-on dire à cette époque, c'est Gaston Gérard.

« La France, disait-il un jour, est l'atelier de réparation de l'outillage humain ! ». Formule heureuse, formule-choc qui eut son succès et qui définit à la fois la conviction et le programme de l'homme de gouvernement qu'il fut dans les cinq ministères Tardieu et Laval, en qualité de secrétaire d'Etat au tourisme, urbanisme, climatisme.

A cet infatigable propagandiste on doit une bonne part de la réfection de notre réseau routier, une prise de conscience chez les responsables les plus qualifiés de l'hôtellerie. Son action souriante fut efficace pour la raison que le loisir pour lui n'était pas secondaire et qu'il rattachait en une devise percutante tous les agréments de l'existence à la France qui, par ses sites, ses beautés d'art, ses stations de séjour et de cure « guérit, repose et distrait ».

Il vota pour le projet constitutionnel du 10 juillet 1940.

Gaston Gérard a beaucoup écrit et beaucoup publié : des ouvrages politiques et littéraires (Dijon, ma bonne ville, Voyages autour de la Chambre, Au secours du bon sens, Etc.), des pièces de théâtre, comédie et théâtre lyrique, un nombre considérable de conférences ; des présentations à la Schola Cantorum. Collaborateur depuis de longues années de plusieurs grands quotidiens de Paris : Le Journal, Comœdia, le Capital et régionaux : Le Progrès de la Côte-d'Or, Les Dernières dépêches, Le Bien public, Gaston Gérard est commandeur de la Légion d'honneur, officier de l'Instruction publique, titulaire d'une quinzaine d'ordres étrangers.



Né le 30 avril 1878 à Dijon (Côte D’Or)

Décédé le 5 février 1969 à Dijon

Député de la Côte D’Or de 1928 à 1932 et de 1936 à 1942. Sous-secrétaire d'Etat au ministère des Travaux publics et du Tourisme du 27 janvier au 13 juin 1931, du 13 juin 1931 au 1er janvier 1932, du 14 janvier au 16 février 1932 et du 20 février au 10 mai 1932

(voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome V, p. 1819, 1820)

Dans sa décision du 9 décembre 1945, le Jury d'honneur, « considérant que non seulement il n'est pas établi que l'intéressé ait effectivement participé à la lutte contre l'ennemi, mais qu'encore il a manifesté en diverses occasions son attachement au pseudo-gouvernement de Vichy », maintient l'inéligibilité qui frappait Gaston Gérard en raison de son vote du 10 juillet 1940, favorable au projet de loi portant révision constitutionnelle.

Gaston Gérard se consacre alors à sa profession d'avocat et à sa charge de Bâtonnier de la Cour d'appel de Dijon.

Le ministre du Tourisme qu'il a été se préoccupe toujours du bon renom de Dijon et de la Bourgogne. Ainsi, en 1949 avec quelques amis, il fonde la Commanderie des Cordons bleus et l'année suivante il prend l'initiative de la création des Etats généraux de la gastronomie française et de l'alimentation de qualité qui, chaque année en novembre, réunit les professionnels de l'alimentation.

Il poursuit également son œuvre d'écrivain et sa collaboration hebdomadaire aux chroniques du journal Le bien public. L'Académie française couronna son œuvre en 1961.

Il meurt le 5 février 1969, en tombant accidentellement du premier étage de son hôtel de la rue du Petit-Potet, à Dijon. Il avait 90 ans.



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