Louis-Germain Germain-Martin

1872 - 1948

Informations générales
  • Né le 7 novembre 1872 à Le puy (Haute-Loire - France)
  • Décédé le 4 octobre 1948 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Hérault
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Hérault
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Né le 7 novembre 1872 au Puy (Haute-Loire).

Député de l'Hérault de 1928 à 1936.

Sous-Secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Industrie, chargé des Postes, Télégraphes et Téléphones du 11 novembre 1928 au 22 octobre 1929.

Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones du 3 novembre 1929 au 17 février 1930.

Ministre du Budget du 2 mars au 4 décembre 1930.

Ministre des Finances du 13 décembre 1930 au 22 janvier 1931, du 3 juin au 14 décembre 1932 et du 9 février 1934 au 31 mai 1935.

Germain Martin est né au Puy le 7 novembre 1872 dans une famille d'ancienne bourgeoisie. Son père, architecte, construisit le musée et dessina le jardin public du Puy.

Il fit de brillantes études qui le conduisirent à l'école des Chartes, d'où sa forte formation historique. Il devient, en 1898, secrétaire général du Musée social, poste qui lui permit d'entrer en relations avec Charles Gide, Georges Sorel, Jules Siegfried, le comte de Mun.

Docteur en droit, il part aux Etats-Unis et au Canada comme conférencier de « l'Alliance française » et, secrétaire de la Revue d'économie politique, il se rend en Allemagne.

Sa vie, bien réglée, se poursuit à la fois dans l'ordre des études et des succès, dans le domaine des voyages, bientôt dans celui de la politique.

En 1903, il est agrégé des Facultés de droit et nommé professeur à Dijon, où il s'occupe aussi de la vie municipale et devient adjoint au maire.

Mobilisé en 1914, il est rappelé pour donner son avis sur l'état des finances allemandes, il travaille au ministère des Affaires étrangères et aussi à la présidence du Conseil.

Après l'armistice, il est nommé professeur à Montpellier, et tout aussitôt à Paris. L'alternance des travaux et déplacements continue : Égypte, où il fonde une revue L'Égypte contemporaine, missions en Chine, Brésil, Mexique. - Enseignement à l'Ecole des hautes études commerciales, au centre des Hautes études militaires, à l'Ecole des sciences politiques.

L'Académie des sciences morales et politiques lui accorde cinq prix entre 1901 et 1923 et l'accueille en son sein en 1927.

C'est en 1928 qu'il est élu député de la circonscription de Lodève, au deuxième tour. Sur 11.240 votants, il avait obtenu 6.032 voix contre 4.963 à son principal adversaire Railhac (au premier tour, ils en avaient obtenu respectivement 4.870 et 3.142 sur 10.741 votants.).

En 1932, il sera réélu au premier tour avec 6.393 voix sur 11.298 votants contre 4.608 à Ronzier-Joly.

Il s'inscrit au groupe de la gauche radicale et fait partie des commissions des affaires étrangères, des boissons et des finances.

Dès l'élection, son ascension s'accélère : sous-secrétaire d'Etat aux P.T.T. tout de suite, l'année suivante il en est le ministre. En 1930, il devient ministre du Budget, puis des Finances, haute charge qui lui incombera à trois reprises.

Sa personnalité va dominer alors l'histoire financière de la France et tout d'abord il va déployer ses qualités d'organisateur, et l'on peut dire, de censeur : aux P.T.T. II révoque 260 employés et instaure la discipline, aux Finances il lutte contre la politique des prébendes. En 1929, survient une crise dont les effets vont être ressentis les années suivantes. La dépression économique prend un caractère mondial, producteurs et intermédiaires recourant au crédit avec excès pour maintenir leur situation compromise. Germain Martin, tout en cherchant loyalement à appliquer les principes de la science financière qu'il a enseignés à l'Université, ne méconnaît pas qu'il existe un art économique dépendant de la science et que les formules rigides doivent être assouplies, aussi répondit-il à l'appel au secours adressé aux pouvoirs publics par les banques. Il consent des avances de trésorerie et évite la fermeture de bien des guichets. Personne n'a contesté les heureux effets de son attitude, mais l'instabilité de la politique persistante et l'incompréhension entravent et compromettent le redressement et les épargnants ménagent leur concours à la trésorerie, d'où diminution des souscriptions de bons du Trésor, ralentissement des rentrées d'impôts, déséquilibre de la balance des comptes, sorties d'or.

Le ministre ne reste pas inactif. En 1932, il réussit une conversion des rentes au taux de 4 1/2 % alors que certaines rapportaient jusqu'à 7 %. Il défend la monnaie française, notamment à la conférence de Lausanne, en qualité de délégué de la France à la S.D.N. Grâce à lui, en fin de 1932, l'encaisse-or de la Banque de France atteint son maximum.

Lorsqu'il reprend le ministère, quelque quatorze mois plus tard après les fiévreuses journées de février 1934, il retrouvera une situation très mauvaise et des caisses complètement démunies. Alors, encore, le ministre se débat : il s'adresse à la Caisse des dépôts et consignations, réalise quelques opérations d'escompte, réussit à placer aux Pays-Bas un emprunt de plus d'un milliard à des conditions extrêmement favorables, s'applique à réduire les dépenses, et finit par ramener l'encaisse-or de la Banque de France presqu'au niveau de décembre 1932, soit plus de 80 millions de francs.

Il approuve ensuite un plan de restauration économique dressé par le ministère des Finances, mais ce plan ne connaîtra qu'un début d'exécution, les élections municipales de mai 1935 ayant inquiété les épargnants de la région parisienne, ceux-ci réagirent en retirant leurs capitaux.

Dès lors, c'est une période d'ombre qui commence pour Germain Martin. Deuil familial : perte de sa femme en 1935. Dès 1936, il se désiste sur le plan électoral au profit d'un de ses amis, puis il assiste impuissant à l'évolution de la France vers le désordre au moment où elle était avertie des préparatifs de l'Allemagne. L'invasion l'accable sans le surprendre.

La liste des travaux effectués par Germain Martin est fort longue et ne compte pas moins de 112 ouvrages ou articles importants qui se résument en trois groupes principaux : - celui de l'histoire économique : l'histoire du crédit sous Louis XIV, de la grande industrie sous Louis XIV et Louis XV, les associations ouvrières au XVIIIe siècle, l'évolution économique des grandes nations aux XIXe et XXe siècles - le groupe des finances : problème du crédit, finances publiques, histoire économique et financière - le groupe de l'économie sociale, concernant surtout les conférences données au cours de ses enseignements aux H.E.C. et H.E.M.



Né le 7 novembre 1872 au Puy (Haute-Loire)

Décédé le 4 octobre 1948 à Paris

Député de l'Hérault de 1928 à 1936

Sous-secrétaire d'Etat au Commerce et à l'Industrie, chargé des Postes, Télégraphes et Téléphones, du 11 novembre 1928 au 22 octobre 1929

Ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones du 3 novembre 1929 au 17 février 1930

Ministre du Budget du 2 mars au 4 décembre 1930

Ministre des Finances du 13 décembre 1930 au 22 janvier 1931, du 3 juin au 14 décembre 1932, et du 9 février 1934 au 31 mai 1935

(voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome V, p. 1824-1825)

Administrateur de l'Institut Pasteur en 1936, Louis Germain-Martin est élu, en 1939, président de l'Académie des sciences morales et politiques où il siégeait depuis 1927. La même année, il est promu commandeur de la Légion d'honneur.

En janvier 1941, Louis Germain-Martin est nommé membre du Conseil national de Vichy.

Sa carrière politique s'achève avec cette fonction.

Il meurt à Paris, le 4 octobre 1948, à l'âge de 75 ans.