Gilles Gravoille

1914 - 1991

Informations générales
  • Né le 13 novembre 1914 à Nantes (Loire-Inférieure - France)
  • Décédé le 28 mars 1991 à Savenay (Loire-Atlantique - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Loire-Inférieure
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Loire-Atlantique
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 13 novembre 1914 à Nantes (Loire-inférieure)

Décédé le 28 mars 1991 à Savenay (Loire-Atlantique)

Député de la Loire-inférieure de 1951 à 1958

Issu d'un milieu très modeste, Gilles Gravoille entre très tôt à l'usine, en tant qu'ouvrier fraiseur ; son engagement politique est aussi très précoce, puisqu'il milite dès l'âge de seize ans au sein des Jeunesses communistes à Nantes et dans le département de Loire-inférieure. Démobilisé en août 1940, Gilles Gravoille regagne Nantes, et devient le responsable de plusieurs groupes des Jeunesses communistes engagés dans la lutte contre l'occupant nazi ; ses activités lui valent d'être arrêté par la Gestapo le 22 octobre 1942, puis déporté au camp de concentration de Mauthausen. Rentré de déportation, à la fin de la guerre, Gilles Gravoille reprend son engagement politique au sein du Parti communiste, et en devient en 1947 secrétaire de la fédération de Loire-inférieure.

Gilles Gravoille se présente pour la première fois à la députation lors des élections législatives du 17 juin 1951 dans la circonscription de Loire-inférieure. La liste communiste et d'union républicaine, qu'il conduit, obtient 38 397 voix sur 323 721 suffrages exprimés, devancée par la liste du RPF, la liste du MRP et la liste d'« Union des républicains » conduite par André Morice ; Gilles Gravoille obtient néanmoins de l'un des huit sièges à pourvoir.

Inscrit au groupe communiste, Gilles Gravoille est nommé membre de la Commission de la marine marchande et des pêches (1951-1955), de la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre (1951, 1953), de la Commission de la justice et de législation (1954) et de la Commission de la presse (1955). Il est l'auteur de propositions de loi aux préoccupations sociales marquées (proposition de loi du 21 décembre 1951 tendant à permettre aux locataires le remboursement de travaux exécutés par eux dans un immeuble sinistré ; proposition de loi du 7 octobre 1955 tendant à accorder l'allocation de chômage aux travailleurs victimes d'un lock-out), plus particulièrement axées sur les questions relatives aux constructions navales (proposition de loi du 5 mars 1954 tendant à ouvrir, avant le 1er janvier 1954, une première tranche de crédits de 5 milliards pour permettre de commencer la construction d'un paquebot destiné à la ligne de l'Atlantique-Nord) et à la pêche (proposition de loi du 1" novembre 1955 tendant à exempter de TVA les affaires consistant dans la vente d'engins et filets de pêche aux pêcheurs professionnels en étangs privés).

De la même manière, ses interventions à la tribune portent essentiellement sur les questions de pêche, d'agriculture et de marine marchande ; elles portent aussi sur la défense des libertés publiques (dépôt du 25 mars 1952 d'une demande d'interpellation sur les méthodes de violence utilisées par la police pour extorquer des aveux).

Gilles Gravoille vote contre les lois Barangé et Marie (septembre 1951), contre les projets gouvernementaux sur l'échelle mobile des salaires (juillet 1952), contre la création de la TVA (9 avril 1954), contre les modifications apportées à la loi du 11 mai 1946 sur la presse (20 mai 1954), pour les accords de Genève (23 juillet 1954), contre la CED (30 août 1954) et refuse sa confiance au gouvernement sur l'Algérie (12 novembre et 10 décembre 1954). Il s'oppose à l'entrée de l'Allemagne à l'OTAN et aux accords de Paris (29 décembre 1954). En 1955, il vote contre la confiance à Pierre Mendès France (4 février), contre l'état d'urgence en Algérie (31 mars), contre le rétablissement du scrutin d'arrondissement (16 novembre) et contre le cabinet Edgar Faure (29 novembre).

En avril 1953, Gilles Gravoille est élu sous l'étiquette communiste au Conseil municipal de Nantes.

Gilles Gravoille est réélu lors des élections législatives du 2 janvier 1956 : la liste du Parti communiste français qu'il emmène améliore légèrement sa performance de 1951, attirant 49 967 voix sur 370 633 suffrages exprimés, soit 13,5 %des suffrages. Sa liste est toujours distancée par la liste d'Union des indépendants conduite par Olivier de Ses maisons (26,7 %), par la liste SFIO conduite par Jean Guitton (16,7 %) et par la liste MRP d'Edouard Moisan (15,9 %).

Nommé membre de la Commission de la marine marchande et des pêches et de la Commission de la pêche, Gilles Gravoille fait preuve durant son second mandat d'une activité parlementaire moins intense. Il concentre ses dépôts de textes et ses interventions autour des questions relatives à l'agriculture et à la pêche ; il est ainsi l'auteur, le 25 juin 1957, d'une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à secourir les maraîchers et agriculteurs de Maine-et-Loire victimes des calamités naturelles ; il prend aussi part aux discussions des projets de loi de finances pour 1957 et 1958 pour apporter son soutien au secteur des constructions navales.

Au cours de la législature, Gilles Gravoille vote pour les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 mars 1956), contre la politique générale du gouvernement et l'intervention de Suez (25 octobre), pour la loi-cadre sur la construction (19 novembre), contre la ratification du traité de Rome (9 juillet 1957), contre la prolongation des pouvoirs spéciaux en Algérie (19 juillet), contre la loi-cadre sur l'Algérie (30 septembre), s'abstient, avec le groupe communiste, lors du vote de confiance à Pierre Pflimlin (13 mai 1958), vote pour l'état d'urgence (16 mai) et contre la confiance à Charles de Gaulle (1er juin), les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle (2 juin).

Candidat au renouvellement de son mandat aux élections législatives de 1958, Gilles Gravoille ne retrouve pas son siège à l'Assemblée nationale. Il se présentera sans plus de succès à toutes les élections législatives jusqu'en 1981, ainsi qu'au Sénat en 1965.

Gilles Gravoille conserve son mandat de conseiller municipal de Nantes jusqu'en 1965.

Il meurt, le 28 mars 1991, à Savenay en Loire-Atlantique.



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