Robert, Henri Huel

1907 - 1992

Informations générales
  • Né le 23 avril 1907 à Baccarat (Meurthe - France)
  • Décédé le 6 septembre 1992 à Nice (Alpes-Maritimes - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Haute-Marne
Groupe
Rassemblement du peuple français - ARS
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Haute-Marne
Groupe
Indépendants et paysans d'action sociale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 23 avril 1907 à Baccarat (Meurthe-et-Moselle)

Décédé le 6 septembre 1992 à Nice (Alpes-Maritimes)

Député de la Haute-Marne de 1951 à 1958

Robert Huel est né le 23 avril 1907 à Baccarat (Meurthe et Moselle) d'un père industriel qui fut adjoint au maire de Nancy de 1927 à 1931.

Après avoir effectué ses études secondaires au lycée Paul Doumer de Remiremont, puis au lycée Henri Poincaré de Nancy, il entre à la faculté de médecine de cette ville.

Docteur en médecine, ancien externe des hôpitaux de Nancy, lauréat de la faculté, il se spécialise en oto-rhinolaryngologie.

Très tôt attiré par les responsabilités et l'action associative, il est président des Jeunesses universitaires (1928-1933), de l'Association des externes et anciens externes des Hôpitaux de Nancy (1930-1932), de l'Association générale des étudiants de Nancy (1931-1932).

Robert Huel accomplit ses obligations militaires au Maroc en 1933. Mobilisé en 1939, en qualité de médecin militaire, il est engagé volontaire, en 1944, dans la Première armée française.

Gaulliste de la première heure, Robert Huel attendra la fondation du RPF pour entrer dans l'arène politique. Il conduit ainsi la liste de ce parti aux élections à l'Assemblée nationale du 17 juin 1951, dans le département de la Haute-Marne. Huit listes se disputent les trois sièges de la circonscription. Les listes apparentées (RGR-MRP-Républicains Indépendants) n'ayant pas obtenu la majorité absolue, la répartition des sièges à la représentation proportionnelle donne deux élus à la liste RGR (Rassemblement des gauches républicaines) et un au RPF.

Robert Huel est nommé membre de la Commission de la famille, de la population et de la santé publique dès le début de la législature. Il accède ultérieurement à la Commission des pensions (1953) et à celle des immunités parlementaires (1955).

Les propositions de loi qu'il dépose portent notamment sur la prévention et la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles (19 décembre 1951), l'extension aux anciens combattants de la Première armée française et de la 2e DB du bénéfice de toutes les dispositions relatives aux combattants (24 février 1953), la possibilité offerte aux personnes ayant élevé trois enfants ou plus, d'avancer l'âge de leur retraite (19 mai 1953).

Le 21 septembre 1953, il vote en faveur de la loi d'aide à l'enseignement primaire, dite « loi Barangé ». Il s'abstient volontairement lors du vote d'investiture d'Antoine Pinay (6 mars 1952). Il vote en faveur de l'investiture de Joseph Laniel (26 juin 1953), mais contre celle de Pierre Mendès France (17 juin 1954).

Il se prononce en faveur des accords de Genève mettant fin aux hostilités en Indochine (23 juillet 1954) et des accords de Londres supprimant le régime d'occupation en Allemagne (12 octobre 1954). En revanche, après avoir voté pour la question préalable dont l'adoption entraîne le retrait de l'ordre du jour du texte relatif à la Communauté européenne de défense (30 août 1954), il émet un vote défavorable aux accords de Paris autorisant le réarmement de l'Allemagne et son entrée dans l'OTAN (29 décembre 1954).

Il approuve le projet de loi relatif à l'état d'urgence en Algérie (31 mars 1955) et vote la confiance à Edgar Faure, lors du scrutin du 29 novembre 1955 qui entraîne la chute de celui-ci.

Robert Huel qui a quitté, en avril 1955, le groupe parlementaire des Républicains sociaux pour adhérer à l'Action Républicaine et sociale (ARS), conduit la liste de cette formation aux élections législatives du 2 janvier 1956.

Dans sa profession de foi, il justifie ce changement d'appartenance en rappelant que le général de Gaulle a déclaré, quelques mois auparavant, se désintéresser de ces élections, et a dissous le RPF et rendu leur liberté aux parlementaires. En conséquence, affirme-t-il « la liste des républicains sociaux est une liste radicale-socialiste camouflée ».

Il insiste sur la nécessité de donner autorité et durée au gouvernement en assurant la dissolution automatique de l'Assemblée nationale après deux crises ministérielles en moins de deux ans.

Robert Huel est le seul élu de la liste ARS qui recueille 17 287 voix sur 92 201 suffrages exprimés. Les listes apparentées (SFIO-Radicale-Socialiste et Républicains sociaux, d'une part, MRP et CNI, d'autre part) n'ayant pas recueilli la majorité absolue, les sièges sont répartis à la représentation proportionnelle. Le PC (23 594 voix) et les Radicaux-Socialistes (21 658 voix) se partagent les deux autres sièges de la circonscription.

Robert Huel s'inscrit au groupe des Indépendants et paysans d'action sociale. Il est nommé membre de la Commission des pensions. Il dépose, notamment, le 4 juillet 1956, une proposition de loi tendant à accorder aux agriculteurs victimes des événements d'Afrique du Nord le droit de préemption pour l'achat ou la location d'exploitations agricoles situées sur le territoire métropolitain. Le 5 mars 1957, il prend part à la discussion des interpellations sur la politique agricole du gouvernement.

Il s'abstient volontairement de prendre part au vote d'investiture de Guy Mollet (31 janvier 1956), mais vote, le 12 mars 1956, en faveur des pouvoirs spéciaux en Algérie demandés par le même gouvernement. Il émet également un vote favorable au projet de loi ayant le même objet présenté par le gouvernement Félix Gaillard (12 novembre 1957) ainsi qu'au projet de loi sur les institutions de l'Algérie (29 novembre 1957, 28 janvier et 31 janvier 1958).

Il se prononce contre l'investiture de Pierre Pflimlin, le 13 mai 1958. Il rejette, le 16 mai suivant, le projet de loi déclarant l'état d'urgence sur le territoire métropolitain et, le 27 mai, la proposition de résolution tendant à la révision de certains articles de la Constitution.

Il vote la confiance au général de Gaulle le 1er juin 1958 et se prononce, le lendemain en faveur des projets de loi relatifs aux pleins pouvoirs et à la révision constitutionnelle.

Outre son mandat national, Robert Huel a été conseiller municipal de Chaumont du 26 avril 1953 au 28 mars 1955. Durant vingt ans (de 1935 à 1955), il a présidé la Société de gymnastique « la Chaumontaise ».

Robert Huel, marié et père d'un enfant, est décédé à Nice le 6 septembre 1992.

Président d'honneur de l'Association départementale « Rhin et Danube », médecin-commandant honoraire, il était chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire, titulaire de la croix de guerre 1939-1945, et de la Médaille coloniale (Maroc, 1933).