Auguste Isaac

1849 - 1938

Informations générales
  • Né le 6 septembre 1849 à Roubaix (Nord - France)
  • Décédé le 23 mars 1938 à Lyon (Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Rhône
Groupe
Entente républicaine démocratique

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 6 septembre 1849 à Roubaix (Nord), mort le 23 mars 1938 à Lyon (Rhône).

Député du Rhône de 1919 à 1924. Ministre du Commerce et de l'Industrie du 20 janvier 1920 au 16 janvier 1921.

Bien qu'il fût né à Roubaix, Auguste Isaac s'intégra si bien à la communauté lyonnaise que l'on peut se recueillir aujourd'hui à Lyon devant un monument érigé à sa mémoire. Ses parents s'étaient installés dans cette ville lorsqu'il avait 10 ans. Il fit ses études au lycée Ampère et obtint son baccalauréat. Après un bref séjour en Angleterre, il entra dans l'importante maison que dirigeait son père pour devenir, à son tour, un brillant capitaine d'industrie. En août 1870, il fut mobilisé et participa à la défense de Belfort. C'était un homme très actif, à l'esprit ouvert, nourri d'études économiques et riche d'idées générales. « Il réalise merveilleusement cette alliance nécessaire des principes et de l'application dans le maniement des grandes affaires industrielles » a dit de lui le président Aynard, auquel il succéda à la Chambre de commerce de Lyon. Sa carrière fut par ailleurs fort bien servie par une remarquable facilité oratoire qui captivait son auditoire.

Très vite il s'intéresse aux problèmes économiques et sociaux et se dévoue à l'intérêt général. Il participe assidûment aux travaux de la Société d'économie mixte et d'économie sociale dont il devient président en 1885, de la Chambre syndicale de la fabrique lyonnaise, dont il devient également président en 1887. Il entre à la Chambre de commerce de Lyon en 1891 où ses brillantes facultés et son expérience le font accéder à la vice-présidence en 1895, puis à la présidence en 1899, fonction qu'il exercera jusqu'en 1911.

Il participe par ailleurs à de nombreux travaux d'intérêt général et collabore aussi au Conseil supérieur du travail, au Conseil supérieur de la natalité, au Conseil supérieur des chemins de fer ; à la Société d'enseignement professionnel du Rhône, aux Amis de l'Université lyonnaise, à l'Ecole supérieure de commerce du Rhône.

Sa prodigieuse activité le porte à la présidence de la Caisse d'épargne du Rhône, au Conseil d'administration de la Compagnie du canal de Suez, de la Compagnie P.L.M., de la succursale de la Banque de France à Lyon, du Crédit Lyonnais, de la Compagnie des Mines de Roche-la-Molière et de Firminy, de la Société lyonnaise de dépôts, enfin. Le phénomène de dénatalité qui dépeuple la France le désole. Il se passionne pour la cause familiale, donnant lui-même l'exemple puisque de son mariage sont nés 11 enfants. Il préside la Fédération nationale des Associations de familles nombreuses, fonde l'Association de la plus grande famille et organise à Nancy le premier congrès de la natalité.

En 1916, il abandonne la présidence effective de la Chambre de commerce dont il devient président honoraire et, en 1919, il se présente aux élections législatives. Il est élu en tête de la liste de l'union des comités républicains par 59.655 voix.

C'est un républicain libéral. « Le meilleur moyen de résoudre la plupart des questions économiques, sociales et mêmes fiscales..., estime-t-il, ... c'est de respecter la liberté, de quelque autre nom qu'on l'accompagne : liberté du travail, des transactions, des échanges, de la conscience, de l'enseignement, » Il s'inscrit au groupe de l'entente républicaine démocratique et poursuit à la Chambre son action dans les domaines qui lui sont chers et qui lui paraissent essentiels au lendemain d'une guerre qui a épuisé les hommes et les ressources de la France. Il est membre de la commission des crédits ; des finances ; du commerce et de l'industrie. Il s'attache tout particulièrement à la réforme de la fiscalité, aux transports par chemin de fer qu'il estime d'un intérêt économique mondial, au sort des ouvriers et des paysans pour lesquels il souhaite que soient améliorées et généralisées retraites et assurances sociales. Il fait campagne pour l'emploi obligatoire des mutilés de guerre et dépose une proposition de loi en ce sens qu'il aura la joie de voir aboutir.

Le 20 janvier 1920, il accepte le portefeuille du Commerce et de l'Industrie que lui offre Alexandre Millerand. Il sera également membre du second cabinet Millerand formé un mois plus tard, puis du cabinet Leygues, jusqu'au 12 janvier 1921. Il s'emploie à créer de nouvelles ressources fiscales et, fidèle à son libéralisme, s'attache à un projet réduisant les droits sur le papier journal.

Redevenu député, il poursuit son action en faveur de la natalité et de famille. Il intervient notamment lors de la discussion du projet de loi relatif à l'avortement, au suffrage des femmes, aux familles nombreuses.

En 1924, il se représente mais n'obtient que 59.540 voix tandis qu'Edouard Herriot et sa liste du bloc des gauches le précèdent de quelque 50.000 voix.

Il abandonne ensuite la vie publique pour se consacrer à ses affaires et à la méditation. Il meurt le 23 mars 1938 dans sa ville de Lyon, à l'âge de 89 ans.

Le 2 juin 1956, la Chambre de commerce qu'il anima pendant si longtemps offrait à la ville de Lyon un monument à sa mémoire.


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