Bernard Jourd'Huy

1925 - 1979

Informations générales
  • Né le 29 avril 1925 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 16 novembre 1979 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Seine
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)


Né le 29 avril 1925 à Paris

Décédé le 16 novembre 1979 à Paris

Député de la Seine de 1956 à 1958

Né le 29 avril 1925 à Paris, ajusteur de profession, ancien boxeur amateur marié à vingt ans, Bernard Jourde Hui participe très jeune aux combats de la résistance comme franc-tireur partisan, et adhère au parti communiste en 1942. Il entre après la guerre aux usines Panhard et Levassor dont il sera licencié en 1949 à cause de ses activités militantes en qualité de délégué du personnel. Il se fait ensuite embaucher à l'Association ouvrière en instruments de précision (AOIP), coopérative de production où l'influence prépondérante du Parti lui permet d'aménager ses horaires et de se consacrer pleinement à son activité de secrétaire du syndicat CGT des métaux du XIIIe arrondissement de Paris.

Il est aussi, au cours de ces années, secrétaire de la section du XIIIe « Maison blanche-Croulebarbe » du PCF ; c'est un militant combatif, arrêté par exemple en août 1949 lors de la manifestation contre la venue du général Bradley, chef d'état-major de l'armée américaine. Il est promu au Comité fédéral à la fin 1953, puis au bureau fédéral de Paris. Et c'est encore très jeune qu'il devient, en 1956, premier secrétaire de la fédération de Paris et membre du comité central du PCF ; cette année-là, son nom figure aussi sur une liste communiste aux élections législatives.

Dans cette première circonscription de la Seine, qui regroupe les arrondissements de rive gauche de Paris, le parti communiste reste en 1956 le premier parti, avec 120 330 des 457 266 suffrages exprimés et trois mandats - soit un de plus que pour la seconde législature. Bernard Jourde Hui, en troisième position sur la liste, bénéficie de cette progression. Il prend part au débat électoral de l'une des circonscriptions les plus politisées, où pas moins de 19 listes entrent en lice, et où se présentent des candidats tels qu'Edouard Frédéric-Dupont, Jean-Marie Le Pen, Pierre Clostermann. Quant à Roger Garaudy, il est en tête de la liste communiste où a pris place Bernard Jourde Hui

Bernard Jourde Hui est nommé membre de la Commission de la reconstruction, des dommages de guerre et du logement, ainsi que de la Commission du travail et de la sécurité sociale. C'est à cette commission qu'il consacre l'essentiel de son travail de parlementaire : il dépose en son nom pas moins de sept rapports en deux ans et demi, sur trois sujets principaux : les conditions de vie des salariés algériens résidant en France et de leur famille, la protection sociale des chauffeurs de taxi, et la législation des jours fériés et chômés ainsi sur la question du 8 mai. Il dépose aussi, dans le domaine social, des propositions de loi à caractère général, ainsi le 17 juillet 1956, afin d'instituer une prime de vacances pour tous les salariés, ou le 27 novembre suivant, pour indemniser les salaires perdus par suite des circonstances exceptionnelles résultant de la guerre d'Egypte (c'est-à-dire l'intervention de Suez).

Il prend la parole à quelques reprises, interpellant le gouvernement sur des questions sociales (notamment le logement, le statut des travailleurs à domicile, et l'allocation du fonds national de solidarité, dont les versements tardent) et des questions politiques (les agissements de groupes fascistes qui menacent la légalité républicaine).

Avec le groupe communiste, Bernard Jourde Hui accorde sa confiance à Guy Mollet le 31 janvier 1956, mais la refuse à Maurice Bourgès-Maunoury le 12 juin 1957. Il vote contre la ratification des traités instituant la communauté économique européenne et l'Euratom, le 9 juillet 1957, et n'accorde pas au gouvernement les pouvoirs spéciaux en Algérie (12 novembre 1957). Il s'abstient volontairement lors du vote de confiance à Pierre Pflimlin le 13 mai 1958, soutient la révision de la Constitution (27 mai), et refuse la confiance au général de Gaulle le 1er juin - le lendemain, il refuse également de lui accorder les pleins pouvoirs.

Assistant au bureau politique, c'est-à-dire associé en permanence aux travaux de cette instance, Bernard Jourde Hui est alors considéré comme l'une des têtes de la nouvelle génération de cadres appelés à prendre la relève de l'ancienne et il figure, à ce titre, au même rang que Georges Marchais, alors premier secrétaire de la fédération de la Seine-Sud. Mais ce dernier le devance puisqu'il devient, en juin 1959, membre en titre du bureau politique, alors que la fédération de Paris subit les effets du raz-de-marée électoral gaulliste de novembre 1958, qui enlève son siège de député à Bernard Jourde Hui Celui-ci est, malgré tout, chargé de missions confidentielles, comme ce voyage en Chine à la tête de la dernière délégation du PCF qui se soit rendue dans ce pays. Il assure également des contacts officieux avec la SFIO.

Ecarté de la direction fédérale parisienne en 1962, à la suite notamment de l'affaire Servin-Casanova, Bernard Jourde Hui est affecté à l'union départementale CGT de Paris, puis à celle du Val-de-Marne. Il quitte le comité central du PCF en 1967, puis ses fonctions de permanent à la CGT en 1970, tout en demeurant un militant communiste attentif à l'évolution interne de son parti.

Il disparaît le 16 novembre 1979, à l'âge de cinquante-quatre ans.



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