Henri Laforest

1904 - 1989

Informations générales
  • Né le 19 juillet 1904 à Nontron (Dordogne - France)
  • Décédé le 13 janvier 1989 à Nontron (Dordogne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Dordogne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Dordogne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 19 juillet 1904 à Nontron (Dordogne)
Décédé le 13 janvier 1989 à Nontron

Député de la Dordogne de 1951 à 1958
Secrétaire d'Etat chargé des relations avec les Etats associés du 1er mars au 20 octobre 1955
Secrétaire d'Etat à la défense et aux forces armées du 20 octobre 1955 au 7 novembre 1957

Fils d'un ingénieur agricole, Henri Laforest a effectué des études secondaires au lycée de Limoges et du Puy puis s'inscrit à la faculté de droit de Paris. Docteur en droit, diplômé à l'Ecole libre des sciences politiques, il exerce la profession d'avocat, après avoir été secrétaire de la conférence de stage en 1930. Venu à la politique en militant aux Jeunesses radicales, dont il a été l'un des dirigeants, il a appartenu au cabinet de Pierre Cathala, ministre de l'agriculture dans le quatrième gouvernement Laval. Candidat malheureux aux élections du printemps 1936 à Nontron, il est élu conseiller général du canton de Mareuil-sur-Belle (Dordogne) l'année suivante. Mobilisé en Indochine comme officier de réserve, il participe, début 1941, à la brève campagne contre l'armée thaïlandaise. De retour en France, il retrouve le cabinet Cathala, ministre des Finances dans le gouvernement formé par Pierre Laval en avril 1942. Il ne tarde pas à entrer dans la résistance et commande en 1944 une compagnie de l'Armée secrète dans le maquis alpin. Intégré à la 1ère armée française, il fait campagne en Allemagne en 1945.

Rendu à son activité d'avocat, Henri Laforest ne perd de vue ni la Dordogne ni le Parti radical dont il est membre de la commission exécutive depuis 1947 ; il est désigné en mars 1950 comme conseiller à l'Assemblée de l'Union française, ce qui peut passer, à bon droit, comme une promesse de députation. En vue des élections législatives du 17 juin 1951, il est placé second de la liste radicale-RGR-centriste par le député sortant et ancien ministre, Yvon Delbos. Au terme d'une campagne axée sur les thèmes de la Troisième force, la liste Delbos-Laforest remporte 40 918 voix, soit 21,2 % des suffrages exprimés. L'apparentement conclu avec la SFIO, le MRP et la droite modérée ayant dépassé la majorité absolue, les deux députés communistes sortants sont éliminés. Les cinq sièges à pourvoir se répartissent entre la SFIO (deux), les radicaux (deux) et le MRP (un). Pour Henri Laforest, ce succès va se doubler rapidement d'une implantation locale renforcée : maire de Nontron en mai 1953, il est élu en 1954 conseiller général du canton de cette même localité.

A l'Assemblée nationale, il siège au groupe radical-socialiste, dont il devient secrétaire en 1955, ainsi qu'aux commissions des territoires d'outre-mer et de la justice. Il est nommé en juillet 1953 membre de la Commission d'enquête sur le trafic des piastres.

Le nouveau député se spécialise d'emblée dans les questions relevant de l'Union française. Il dépose diverses propositions de loi ou de résolution concernant notamment la Nouvelle-Calédonie, Madagascar et les Etats associés. Il intervient dans les grands débats suscités par la politique indochinoise du gouvernement Laniel, notamment le 27 octobre 1953 pour dénoncer « le coup de poignard dans le dos du corps expéditionnaire » que suscite, selon lui, la réunion d'un Congrès national vietnamien dans lequel il voit une tentative insidieuse de Bao Daï de rompre avec l'Union française. Appelant à la vietnamisation des forces luttant contre Ho Chi Minh, il exige que l'Assemblée nationale soit tenue informée d'éventuelles négociations.

Entre-temps, il a soutenu de ses votes les divers gouvernements de la seconde législature, tout en restant fidèle à ses convictions laïques (il vote contre la loi Barangé) et européennes en refusant de voter la motion Aumeran enterrant le traité de CED. Il est de ces députés « de base » qui font un bon accueil à la candidature de Pierre Mendès France dont il vote l'investiture tant en juin 1953 qu'en juin 1954.

Les compétences indochinoises d'Henri Laforest le désignent à entrer dans le gouvernement formé par Edgar Faure le 1er mars 1955 comme secrétaire d'Etat chargé des relations avec les Etats associés. Il s'agit en fait du dernier titulaire de ce portefeuille en raison des transformations rapides de l'Union française qui, après les accords de Genève et le désengagement français du Vietnam, voient la disparition de facto de cette entité. Lors du remaniement ministériel opéré par Edgar Faure après la démission du général Kœnig, Henri Laforest devient secrétaire d'Etat à la défense et aux forces armées. Comme tel, il doit justifier - en raison des événements d'Algérie - le maintien et le rappel de soldats sous les drapeaux qui avaient suscité divers mouvements de protestation dans le pays (séance du 28 octobre 1955).

L'Assemblée nationale ayant été dissoute le 2 décembre 1955, il se représente en Dordogne comme tête de liste radicale-RGR. Yvon Delbos, élu au Conseil de la République en juin 1955, patronne sa candidature qui se réclame aussi de la caution de Pierre Mendès France. Caution d'autant plus nécessaire que l'ancien ministre des affaires étrangères, Georges Bonnet, fait en Dordogne, sa rentrée politique à la tête d'une liste se réclamant d'un fantomatique « Parti républicain radical ». Georges Bonnet distance nettement Henry Laforest (43 062 voix contre 23 590) et ce dernier doit sa réélection à l'apparentement conclu avec la SFIO qui prive les poujadistes d'un siège.

Dans la nouvelle Assemblée, Henri Laforest est nommé à la Commission de la défense nationale le 31 janvier 1956 mais entre le lendemain même dans le gouvernement dirigé par Guy Mollet comme secrétaire d'Etat aux forces armées (air), fonction qu'il conserve dans le cabinet Bourgès-Manaury. A ce titre, il participe à la discussion sur le budget, défend l'œuvre de modernisation de l'armée de l'air, ainsi que sa double participation à l'alliance atlantique et aux opérations en Algérie (séance du 6 décembre 1956). Il vote par la suite l'investiture de Félix Gaillard, la loi-cadre de l'Algérie, l'investiture de Pierre Pflimlin. Il se rallie au général de Gaulle le 1er juin 1958 et vote les pleins pouvoirs constituants et la révision constitutionnelle le 2 juin.

Sa carrière parlementaire s'achève avec la IVe République. Candidat dans la troisième circonscription de la Dordogne (Nontron) les 23 et 30 novembre 1958, Henri Laforest est largement distancé par son adversaire radical Georges Bonnet. Il échoue au Sénat en 1959 et n'est élu que comme suppléant Charles Sinsant à la Haute assemblée en septembre 1962.

Désapprouvant publiquement l'investiture accordée par la FGDS à Georges Bonnet en vue des élections législatives de mars 1967, il se présente sans succès comme « radical-indépendant ». Après avoir amorcé un rapprochement sans lendemain avec le gaullisme, il abandonne la vie politique.

Henri Laforest est décédé le 13 janvier 1989 à Nontron.