Jean-Marie Louvel

1900 - 1970

Informations générales
  • Né le 1er juillet 1900 à La ferté-macé (Orne - France)
  • Décédé le 13 juin 1970 à Caen (Calvados - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Calvados
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Calvados
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Calvados
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Calvados
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Calvados
Groupe
Mouvement républicain populaire

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 28 avril 1959 au 1er octobre 1962
Sénateur
du 2 octobre 1962 au 13 juin 1970

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 1er janvier 1900 à la Ferté-Macé (Orne)
Décédé le 13 juin 1970 à Caen (Calvados)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Calvados)
Député du Calvados de 1946 à 1958
Ministre de l'industrie et du commerce du 7 février 1950 au 10 août 1950
Ministre de l'industrie et de l'énergie du 11 août 1951 au 7 mars 1952
Ministre de l'industrie et du commerce du 8 mars 1952 au 7 janvier 1953
Ministre de l'industrie et de l'énergie du 8 janvier au 27 juin 1953
Ministre de l'industrie et du commerce du 28 juin 1953 au 18 juin 1954

Après avoir étudié au lycée de Caen, Jean-Marie Louvel est admis à l'Ecole polytechnique. Il intègre ensuite l'Ecole supérieure d'électricité. En 1924, il est recruté comme ingénieur par la Société générale d'électricité. A ce titre, il s'occupe de l'installation d'une centrale thermique en Sarre (1924-1928), puis de la construction d'une centrale hydraulique au Maroc (1928-1930). Jusqu'en 1945, il va rester directeur des services électriques de la Société générale d'entreprises. Comme officier d'artillerie, il participer à la campagne de France. Il est décoré de la croix de guerre. Au lendemain de la Libération, il est élu maire du Vésinet (Seine-et-Oise).

En octobre 1945 il se présente aux élections à la première Constituante. Il dirige la liste du Mouvement républicain populaire (MRP) du Calvados. Sa liste obtient plus de 49 % des suffrages exprimés. Ce qui donne au MRP trois des cinq sièges du département. Jean-Marie Louvel siège à la Commission de l'équipement national et de la production, à la Commission de la défense nationale ainsi qu'à celle de la presse de la radio et du cinéma. En tant que président de la première de ces commissions, il joue un rôle dans la mise au point des lois de nationalisation.

Aux élections de juin 1946, Jean-Marie Louvel conduit de nouveau la liste MRP dans le Calvados. Le score est moins bon qu'en octobre 1945 : 41,5 % des suffrages exprimés. De toutes les listes, celle des républicains populaires est la seule à reculer. Elle n'a cette fois-ci que deux élus. Jean-Marie Louvel est de nouveau désigné comme membre de la Commission de l'équipement national et de la production. Le 20 septembre 1946 il dépose une proposition de loi visant à modifier la loi du 8 avril 1946 (sur la nationalisation du gaz et de l'électricité). Jean-Marie Louvel intervient également dans le débat sur le statut des fonctionnaires : il dépose (puis retire) un amendement pour que soit tenu compte des charges de famille dans l'avancement.

Aux législatives de novembre 1946, Jean-Marie Louvel est réélu à la tête de la liste MRP du Calvados. Mais la liste enregistre un nouveau recul, elle recueille 37,3 % des suffrages exprimés. D'octobre 1945 à novembre 1946, la remontée de la droite locale conduite par Joseph Laniel s'est faite essentiellement au détriment du MRP. Nommé membre de la Commission de la production industrielle, Jean-Marie Louvel en est le vice-président, puis le président. Il siège aussi à la Commission du suffrage universel, du règlement et des pétitions, à celle de la reconstruction et des domma ges de guerre ainsi qu'à la Commission chargée d'enquêter sur les événements survenus en France entre 1933 et 1945. A l'Assemblée, il intervient à maintes reprises sur les questions économiques. Soit par dépôt de propositions de loi, soit par des rapports au nom de la Commission de la production industrielle, il s'attache à compléter la législation sur la nationalisation du gaz et de l'électricité, ainsi que la loi du 17 mai 1946 relative à la nationalisation des combustibles minéraux. Jean-Marie Louvel est aussi l'auteur de la proposition de loi du 2 août 1948 tendant à réprimer la publicité faite autour des crimes et de leurs auteurs. Jean-Marie Louvel n'a pas été insensible aux sirènes du RPF : tenté dans l'été 1947 de faire parti de l'intergroupe gaulliste, il en a été retenu par la direction du parti.

En février 1950, pour la première fois depuis la Libération, la SFIO n'est plus au gouvernement : les ministres socialistes ont quitté le ministère Bidault. Refusant de démissionner, le président du Conseil se contente d'un remaniement. C'est à l'occasion de celui-ci que Jean-Marie Louvel devient ministre de l'industrie et du commerce. Il conserve ce portefeuille dans tous les gouvernements de cette fin de législature. Il est l'auteur du projet de loi (du 2 novembre 1950) créant un institut national de la propriété industrielle.

Aux législatives de juin 1951, il conduit à nouveau la liste MRP du Calvados. Celle-ci s'apparente à la liste RGR-UDSR menée par Robert Fossorier, maire de Deauville, et à la liste Laniel. Ce groupement est très loin de la majorité absolue : il ne totalise que 59 893 voix pour 18 651 suffrages exprimés mais il permet de faire élire Jean-Marie Louvel avec 11,4 % des suffrages exprimés. Jusqu'à la formation du gouvernement Mendès France, Jean-Marie Louvel reste ministre de l'industrie. Il y associe l'énergie (cabinets Pleven, Faure et Mayer) ou le commerce (cabinets Pinay et Laniel). Défenseur de la Communauté économique charbon-acier (CECA), il participe à sa mise en place. La CECA enterre de fait le projet d'union douanière franco-italienne que Georges Bidault a promu à la fin de la décennie précédente. Mais Jean-Marie Louvel s'attache à préserver quelques acquis de cette politique : il présente divers textes portant sur la coopération économique entre les deux pays. Jean-Marie Louvel est aussi l'auteur du projet de loi du 7 octobre 1952 relatif au fonds spécial d'aide au cinéma français ainsi que du projet de loi du 19 mars 1954 portant sur l'aménagement de la Durance. Le 19 juin 1954 Jean-Marie Louvel quitte un ministère qu'il a dirigé depuis plus de quatre ans, le MRP refusant de participer au gouvernement Mendès France. Faisant le bilan de cette expérience, E.-F. Callot écrit : « L'oeuvre de Jean-Marie Louvel fut marquée par une politique d'investis sements productifs dans le cadre d'un certain » planisme. « Pour lui l'expansion économique passait par cette programmation nécessaire du secteur clé qu'était l'énergie. C'était là la base de la croissance industrielle qui, aidée par une politique de crédit et par des mesures de concentration des entreprises, devait permettre à notre production de devenir concurrentielle sur le marché international. » Autre historien du MRP, Robert Bichet note : « Jean Marie Louvel eut sans doute une influence plus grande au sein du gouvernement qu'au sein du Mouvement. (...) C'est pendant sa présence au ministère de la production industrielle que furent entreprises, avec l'extraordinaire succès que l'on sait, les recherches de pétrole au Sahara. »

La carrière ministérielle de Jean-Marie Louvel est terminée. En 1953, il a abandonné la mairie du Vésinet pour devenir simple conseiller municipal de Caen. A la fin de l'année 1954, le MRP se divise sur la question européenne. Derrière Bidault et Teitgen une majorité ne pardonnant pas à Mendès France l'échec de la Communauté européenne de défense (CED) se refuse à entériner la solution trouvée par le président du conseil pour pallier cet échec (création d'une armée allemande dans le cadre de l'UEO et de l'OTAN). Une minorité (derrière Robert Schuman et Pierre Pflimlin) approuve ce compromis. Jean-Marie Louvel fait partie de la majorité. Sous le gouvernement Edgar Faure, Jean-Marie Louvel participe à une série de débats portant sur l'économie. Il est désormais membre suppléant de la Commission des finances.

Aux législatives du 2 janvier 1956, onze listes se présentent dans le Calvados. Jean-Marie Louvel dirige une nouvelle fois la liste MRP. Dans leurs professions de foi les républicains populaires du Calvados insistent sur la nécessité de poursuivre la construction européenne « par la création d'un marché commun de 160 millions de consommateurs ». Sur le plan local on célèbre l'action de Jean-Marie Louvel : il a fait venir de nouvelles industries, il est intervenu en faveur du port de Caen et pour faire élargir le canal de la ville à la mer... La liste Louvel s'apparente à trois listes de droite (listes Daniel, Leroy-Ladurie et Triboulet). Pas plus que l'alliance de gauche conclue sous l'égide du Front républicain, ce groupement n'atteint la majorité absolue. Maintenant leur score précédent (11,4 % des suffrages exprimés), les républicains populaires n'ont qu'un député, Jean-Marie Louvel. L'apparentement des listes de droite a comme effet majeur de faire élire Joseph Laniel et non le boulanger Meunier dont la liste poujadiste a recueilli nettement plus de voix que celle du Centre national des indépendants (CNI).

Désormais Jean-Marie Louvel siège à la Commission des finances. Celle-ci le désigne pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre la gestion des entreprises nationalisées et des sociétés d'économie mixte. Le 3 juillet 1957, rapporteur pour avis de la Commission des finances, Jean-Marie Louvel se livre à une défense et illustration du traité Euratom. Jean-Marie Louvel est aussi nommé (en juillet 1957) membre de la Haute-Commission de l'organisation commune des régions sahariennes. Il est l'auteur d'une proposition de loi relative à l'exercice de la profession d'architecte. A l'Assemblée, Jean-Marie Louvel intervient à maintes reprises dans les débats économiques, qu'il s'agisse de problèmes purement nationaux, de construction européenne ou de questions d'outre-mer. Son intérêt pour ce dernier sujet n'est pas seulement d'un technocrate qui cherche à promouvoir un développement rationnel, il est aussi politique. Ainsi il pose une question orale au ministre de l'intérieur « sur les mesures qu'il compte prendre pour réprimer les propagandes défaitistes inspirées par la rébellion algérienne ». A l'instar des autres dirigeants de son parti, Jean-Marie Louvel se rallie à de Gaulle en juin 1958 et se prononce pour le Oui au référendum du 28 septembre 1958.

Aux législatives de novembre, il choisit de se présenter dans la première circonscription du Calvados (Caen). Au premier tour il est devancé par le candidat UNR (16 878 voix contre 17 853) et ne se maintient pas au second tour. Il ne participe pas au second tour. Comme d'autres notables de la IVe République battus en novembre 1958, Jean-Marie Louvel va poursuivre sa carrière au niveau local et au Sénat.



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