Ernest Loyer

1844 - 1902

Informations générales
  • Né le 21 juillet 1844 à Lille-wazemmes (Nord - France)
  • Décédé le 19 mars 1902 à Lille (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Nord
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 22 mai 1898 au 19 mars 1902
Département
Nord

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 21 juillet 1844 à Lille-Wazemmes (Nord), mort le 19 mars 1902 à Lille.

Député du Nord de 1893 à 1902.

Issu d'une famille spécialisée dans la filature du coton, établie à Lille, Ernest Loyer est associé jeune à la bonne marche de l'entreprise familiale et prend la direction de l'établissement en 1878 ; il y acquiert une solide expérience industrielle et humaine au contact des ouvriers dont il ne cesse de s'occuper afin d'améliorer leur situation matérielle.

En 1870, il s'engage dans les gardes nationales mobiles de l'armée du Nord, où sa brillante conduite pendant la guerre franco-prussienne lui vaut d'être cité à l'ordre du jour après la bataille de Saint-Quentin.

Rallié dès leur fondation aux institutions républicaines de la IIIe République, il se fait apprécier sur le plan local par sa compréhension des problèmes économiques et sociaux et aborde alors avec dévouement et civisme, par la filière traditionnelle, une carrière politique.

Elu conseiller municipal, il devient en 1883 maire de la commune de Lomme, petite localité de l'agglomération lilloise. En 1892, sans faire acte de candidature, il est élu conseiller d'arrondissement du canton du sud-ouest de la préfecture du Nord ; il y demeure en fonction jusqu'en 1898.

Vivement sollicité par ses amis locaux, il se présente à la députation dans la 2e circonscription de Lille en 1893. Il est élu au second tour de scrutin, le 3 septembre, par 8.529 voix contre 6.256 à Paul Lafargue, député sortant socialiste, sur 14.932 votants ; au premier tour il avait recueilli 7.081 voix contre 4.745 à Lafargue et 3.523 à Verly.

Le 22 mai 1898, il est réélu au second tour de scrutin, par 10.215 voix contre 8.411 à Ghesquière, adjoint au maire de Lille, de tendance socialiste, sur 18.892 votants.

A la Chambre, il s'inscrit au groupe des progressistes et devient membre de plusieurs commissions, notamment de la commission de l'enfance et de celle des tribunaux administratifs.

Démocrate convaincu, patriote ardent, Ernest Loyer dénonce les dangers de menées révolutionnaires internationales. Il fait siennes les théories de Méline : protection économique et agricole, développement de la production, simplification du système administratif, décentralisation, lancement de grands travaux publics. Il demeure au cours de ses mandats parlementaires un partisan déterminé du protectionnisme face à la concurrence étrangère. Il soutient sans se départir le ministère Méline formé en remplacement du cabinet Léon Bourgeois démissionnaire dès sa présentation à la Chambre, le 30 avril 1896.

C'est avec conscience, malgré un mauvais état de santé, qu'il suit les travaux des commissions. Soucieux d'améliorer l'économie de sa région, il accepte de rapporter le projet de loi tendant à autoriser le département du Nord à s'imposer extraordinairement ; il rapporte également le texte relatif à la rectification de la frontière franco-belge entre les communes de Gussignies et de Roisin. Il intervient rarement en séance publique ; toutefois il participe aux discussions des budgets de la Guerre de 1895 et 1896. Cette dernière année, il prend part à la discussion de la proposition de loi relative aux sociétés de secours mutuels. En 1898, il dépose une proposition de loi tendant à diminuer les heures de travail.

Profondément humain, il se dépense sans compter dans sa région sur le plan social et participe activement à la gestion des œuvres de prévoyance et de mutualité de Lille et de Wazemmes. Membre du conseil d'administration des invalides du travail, il accepte la charge de secrétaire de l'œuvre des invalides de guerre.

Malheureusement, sa santé s'altère de jour en jour ; dès 1898, il doit demander un congé et il ne participera plus aux travaux législatifs de la 8e législature.

Il meurt à Lille du mal dont il était atteint le 19 mars 1902, dans sa 58e année.

Ernest Loyer était membre de l'Ordre de Léopold, titulaire de la médaille de bronze des mutuelles.

Son beau-frère, Lorthiois, se présente à la députation dans la même circonscription aux élections législatives de 1902 ; blessé au cours de la campagne électorale, il meurt le 11 mai 1902, avant la réunion de la Chambre.


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