Louis Maillot

1899 - 1975

Informations générales
  • Né le 21 août 1899 à Le barboux (Doubs - France)
  • Décédé le 28 août 1975 à Bonnetage (Doubs - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Doubs
Groupe
Union pour la nouvelle République
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Doubs
Groupe
Union pour la nouvelle République-UDT
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 8 mai 1967 au 30 mai 1968
Département
Doubs
Groupe
Union démocratique pour la V° République

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1957 au 1er janvier 1959

Biographies



Né le 21 août 1899 à Le Barboux (Doubs)
Décédé le 28 août 1975 à Bonnétage (Doubs)

Sénateur du Doubs de 1957 à 1958

Après des études au séminaire, Louis Maillot décide de se consacrer à l'exploitation familiale. Il effectue son service militaire comme capitaine de réserve dans les chasseurs alpins. Très attaché à son statut de paysan, Louis Maillot entame une carrière politique afin de mieux représenter ce milieu social, encensé par les gouvernements mais qu'il considère pourtant délaissé. En 1935, il est élu conseiller municipal puis maire de sa commune natale du Barboux. Il est relevé de ses fonctions pour quelques mois en 1945 en raison de prétendues relations commerciales avec les Allemands. Il est également inculpé en 1948 dans l'affaire du « Plan Bleu », placé sous mandat de dépôt et écroué à la prison de la Santé. Mais il est relaxé et bénéficie d'un non-lieu. Cette affaire mettait en cause un mouvement anti-communiste (le MAC), qui se donnait pour objectif de débarrasser la Bretagne et par suite le pays entier des « éléments soviétiques ». La stratégie du dirigeant de ce groupe, chez qui l'on retrouva une pochette au nom de « Plan Bleu », consistait à créer une guerre civile en attribuant les incidents aux communistes, dans le but de provoquer une réaction républicaine et ainsi ressouder une majorité effritée. On ne sait pourtant pas exactement quel fut le rôle de Louis Maillot. Beaucoup d'inculpations furent prononcées mais beaucoup de non-lieux aussi ; ce qui fit penser à la presse que l'affaire du Plan Bleu était un four noir.

Après ces évènements, Louis Maillot n'abandonne pas ses espoirs de poursuivre sa carrière politique. En 1955, il est élu conseiller général du canton du Russey. Puis, sans étiquette politique, il se présente aux élections sénatoriales. Il veut en effet défendre les intérêts des paysans, et mettre en place un plan, visant notamment une meilleure organisation des marchés avec plus de débouchés, la reconnaissance de la place de l'agriculture dans l'expansion économique nationale et une plus large politique de crédits. Son élection au Conseil de la République est perçue comme une réaction évidente des milieux ruraux du Doubs contre des responsables politiques attachés à un système de représentation quasi féodale, sans souci réel pour l'avenir des agriculteurs.

Après son élection, Louis Maillot est nommé membre de la commission de la production industrielle, de la commission du travail et de la sécurité sociale. Il intervient dans le débat sur la sécurité de la population française en Tunisie. Mais le mandat sénatorial de Louis Maillot est très court puisque celui-ci est élu à l'Assemblée nationale en novembre 1958. Avant de quitter le Sénat, il vote en faveur du projet de loi sur les pleins pouvoirs et de la révision constitutionnelle, les 2 et 3 juin 1958.



MAILLOT (Louis)
Né le 21 août 1899 au Barboux (Doubs)
Décédé le 28 août 1975 à Bonnétage (Doubs)

Sénateur du Doubs de 1957 à 1958
Député du Doubs de 1958 à 1968

Elu sénateur du Doubs à l’automne 1957, Louis Maillot décide de se présenter aux élections législatives un an plus tard, après l’approbation de la Constitution de la Vème République par les Français. Sa commune natale et d’élection – il est maire du Barboux depuis 1935- se situe dans la troisième circonscription du Doubs, formée de l’ancien arrondissement de Pontarlier et de cinq autres cantons. Louis Maillot explique son désir de siéger à l’Assemblée nationale plutôt qu’au Palais du Luxembourg dans sa profession électorale. Il conçoit que des électeurs puissent en être « surpris », mais observe que le nouveau mode de désignation des délégués promet d’accroître la représentation des villes à l’occasion des sénatoriales prévues pour avril 1959 : lui se pense au contraire comme un représentant du monde paysan au Parlement. Or, la géographie de la troisième circonscription du Doubs justifierait qu’elle se donne « un représentant rural ». S’il dit avoir cédé « aux pressantes sollicitation de nombreux amis » qui l’invitaient à se présenter, le sénateur Maillot affiche un parti pris d’indépendance pendant la campagne législative. Soutenu par les gaullistes de l’Union pour la Nouvelle République (UNR), il situe pourtant sa candidature « en dehors de tout parti politique et plus encore de toute investiture de groupement d’occasion ». Cet agriculteur exploitant, « enfant du terroir cent pour cent» et « rivé à la terre de ses ancêtres », réclame un plan d’ensemble de soutien à la paysannerie française, qui permette notamment une meilleure organisation des marchés avec fixation de prix garantis et rémunérateurs. La pratique d’une « plus large politique de crédit », plus spécialement en faveur des jeunes qui souhaitent reprendre des exploitations, lui apparaît en outre comme une des clefs de l’avenir de l’agriculture nationale. Louis Maillot évoque les conséquences futures du traité de Rome sur les marchés agricoles en réclamant une harmonisation des salaires, des horaires de travail et des charges sociales au niveau européen, faute de quoi la France ne pourrait soutenir selon lui la concurrence de certains de ses partenaires. Il estime que la modernisation des campagnes passe par « une politique hardie de l’habitat », ainsi que par le soutien aux industries installées en milieu rural, comme l’horlogerie, qui connaît dans le Doubs une crise très grave en cette fin des années 1950. Enfin, le maire du Barboux s’affiche en partisan de « la plus grande France », sans refuser pour autant des réformes nécessaires dans les statuts de l’Algérie ou des pays de la Communauté, qu’il nomme encore « Union française », comme sous le régime précédent. Il ne peut envisager « d’abandonner nos populations d’outre-mer à la barbarie d’un autre âge ou aux convoitises de voisins intéressés ».
La tonalité conservatrice de ces engagements apparaît adaptée à une circonscription promise à la droite ou aux modérés. En novembre 1958, les principaux concurrents de Louis Maillot sont en effet le MRP Michel Tissot et l’Indépendant Jacques Henriet, conseiller général. Louis Maillot arrive en tête du premier tour le 23 novembre 1958 avec 15741 voix, soit 36,48% des suffrages exprimés. Ce résultat est obtenu grâce au soutien de sept cantons sur dix. Le secteur le plus peuplé de la circonscription – autour de Pontarlier - a néanmoins préféré le chirurgien Jacques Henriet (44,9%) à l’agriculteur Louis Maillot, qui n’y rassemble que 15,6% des voix. La campagne d’entre-deux tours permet au sénateur du Doubs de modifier sa stratégie électorale. Pour l’emporter, il sait avoir besoin du soutien d’une majorité des électeurs acquis au nouveau régime. C’est pourquoi il met en avant sa qualité de candidat investi par l’UNR, là il avait insisté sur son indépendance avant le premier tour. Louis Maillot se veut le seul candidat dont les électeurs soient assurés de la fidélité au général de Gaulle ; ceci par distinction de ses deux adversaires du second tour, le socialiste Jules Paunier et surtout l’Indépendant Jacques Henriet. Le 30 novembre 1958, le maire du Barboux est élu député du Doubs grâce au soutien de 46,67% des électeurs.
Il rejoint le groupe de l’Union pour la Nouvelle République de l’Assemblée nationale et devait rester fidèle aux formations parlementaires qui se réclameraient successivement du gaullisme jusqu’en 1968. Bon connaisseur des questions agricoles, c’est tout naturellement qu’il participe aux travaux de la Commission de la production et des échanges sous les première, deuxième et troisième législatures de la Vème République. Louis Maillot ne se distingue cependant pas par son implication dans le travail législatif entre 1958 et 1962. Il n’intervient pas dans l’hémicycle au cours de cette période, mais soutient l’exécutif avec loyauté. Il approuve ainsi le programme du gouvernement de Michel Debré (16 janvier 1959) ainsi que le nouveau règlement de l’Assemblée nationale, qui encadre les prises de parole et rationalise le travail parlementaire (3 juin 1959). Quelques mois plus tard, l’élu du Haut-Doubs se prononce en faveur de la loi « Debré », qui réforme le financement de l’enseignement privé et suscite l’hostilité de nombreux militants de la laïcité (23 décembre 1959). Malgré son attachement au passé colonial de la France, Louis Maillot refuse de rallier la cause de l’Algérie française. Il accorde les pouvoirs spéciaux au Gouvernement pour ramener l’ordre en Algérie après la semaine des barricades (2 février 1960) et s’associe à la demande de levée de l’immunité parlementaire de Georges Bidault, député de la Loire et ancien président du Conseil (5 juillet 1962). Il ne vote pas la motion de censure qui provoque le renversement du gouvernement de Georges Pompidou (4 octobre 1962).
Candidat à sa propre succession après la dissolution de l’Assemblée nationale, Louis Maillot dramatise l’enjeu des élections législatives de novembre 1962. Le devoir commande selon lui aux Français de confirmer leur « oui » à l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel direct. Dans le cas contraire, il prévoit que le scrutin législatif conduirait « à une impasse, voire à une crise proche de la guerre civile ». L’ancien sénateur mène campagne au nom des mêmes intérêts qu’en 1958 (agriculture et à l’industrie horlogère). Son programme s’enrichit toutefois d’objectifs exigeants en matière d’équipement scolaire comme de bourses, afin d’ « assurer aux élèves issus des campagnes une égalité non seulement théorique mais effective ». Candidat d’une UNR qu’il définit comme le « parti de la rénovation et de la fidélité » à de Gaulle, Louis Maillot en appelle plus largement au soutien de tous les modérés, quelle qu’ait pu être leur attitude au moment du référendum d’octobre 1962. Ce propos vise en particulier les démocrates chrétiens du MRP qui, favorables au « non », ne sauraient perpétuer d’après lui « une alliance contraire à leurs traditions et à leurs convictions » avec des socialistes « partisans du monopole scolaire » et des communistes « adversaires de la propriété individuelle ». Le candidat investi par le CNI dans la troisième circonscription du Doubs représente la seule menace sérieuse pour le sortant Louis Maillot. Inspecteur général au Ministère de l’Education nationale, Jean-François Pernot réalise un bon résultat le 18 novembre 1962 (25,4%) mais ne se maintient pas au second tour. Louis Maillot, qui avec 16539 voix a profité de la faible participation pour améliorer son résultat en valeur relative par rapport à novembre 1958 (43,7% contre 36,48% des suffrages exprimés) au premier tour, est réélu député sans difficulté le 25 novembre 1962 face au seul socialiste Jules Pagnier. Le Haut-Doubs a en effet apporté 73,35% de ses suffrages au sortant.
L’activité de Louis Maillot au Palais-Bourbon demeure très discrète sous la deuxième législature de laVèmeRépublique. Il ne prend la parole en séance publique que le 9 novembre 1964 afin d’effectuer une mise au point au sujet de son vote sur les crédits militaires. Ayant voulu soutenir le texte du Gouvernement, l’élu franc-comtois a été surpris de constater qu’il figurait comme n’ayant pas pris part au vote sur le tableau d’affichage des scrutins. Le député de l’Yonne Jean Chamant, qui préside la séance, donne alors acte de cette précision à Louis Maillot. Le soutien de ce dernier ne fait pas défaut au pouvoir entre 1962 et 1967. Il autorise en effet la ratification du traité de l’Elysée, qui consacre la réconciliation franco-allemande (13 juin 1963) et s’exprime par exemple en faveur de l’encadrement du droit de grève dans la service public (26 juillet 1963) ou de la réforme du service national (26 mai 1965).
La circonscription de Pontarlier, dont Louis Maillot est l’élu, apparaît comme particulièrement « sûre » aux experts électoraux de la majorité, dans les années 1960. Edgar Faure, qui a été appelé au gouvernement de Georges Pompidou comme ministre de l’Agriculture en 1966, appartenait alors au Parlement en qualité de sénateur du Jura. Il souhaite conquérir une légitimité électorale plus immédiate à l’occasion des législatives de mars 1967, qui s’annoncent pourtant favorables aux gauches et aux centristes. Battu en novembre 1958 dans la première circonscription du Jura, l’ancien président du Conseil porte finalement son choix sur la troisième circonscription du Doubs, où le sortant Louis Maillot accepte d’être son suppléant. Edgar Faure, qui a gagné la confiance du général de Gaulle, est certain de retrouver son portefeuille en cas de victoire de la majorité. Il se présente au nom de l’UD-Vème République et l’emporte dès le premier tour face aux seuls candidats communiste et socialiste avec 66,02% des suffrages exprimés. La « greffe » Faure a donc réussi dans le Doubs, en partie grâce au soutien des élus locaux modérés.
Confirmé dans ses fonctions de ministre de l’Agriculture, Edgar Faure doit démissionner de son siège de député, qui revient à Louis Maillot. Conseiller général élu dans le canton de Russey, ce dernier a abandonné sa mairie du Barboux –la commune compte alors une grosse centaine d’habitants- au moment des élections municipales de 1965, après trente années de mandat.
La troisième législature (1967-1968) est trop brève pour permettre au second d’Edgar Faure de se distinguer enfin au Parlement. Louis Maillot fait bloc avec les autres élus gaullistes pour soutenir le gouvernement Pompidou entre mars 1967 et mai 1968. Il ne vote pas la motion de censure déposée par l’opposition au moment où le Gouvernement réclame les pouvoirs spéciaux en matières économique et sociale (9 juin 1967).
Après les événements de mai 1968, le général de Gaulle choisit la procédure de dissolution sur les conseils de Georges Pompidou, alors que son premier mouvement l’avait porté vers une solution référendaire. Toujours ministre de l’agriculture, Edgar Faure a parfait son implantation dans le Doubs depuis les législatives de 1967 en se faisant élire conseiller général de Pontarlier. Il se présente aux élections de juin 1968 sans son suppléant Louis Maillot, que remplace le conseiller général et maire de Morteau.
Louis Maillot se retire progressivement de la vie publique à partir de la fin des années 1960, avant de disparaître en 1975 à Bonnétage. Cette commune se situe à une dizaine de kilomètres au nord du village natal de l’ancien parlementaire.

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