André Maroselli

1893 - 1970

Informations générales
  • Né le 22 février 1893 à Rutali (Haute-Corse - France)
  • Décédé le 7 avril 1970 à Luxeuil-les-bains (Haute-Saône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Haute-Saône
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Haute-Saône
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Haute-Saône
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Haute-Saône
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1935 au 1er janvier 1939
Sénateur
du 1er janvier 1959 au 1er janvier 1968

Biographies

Né le 22 février 1893 à Rutali (Corse).

Sénateur de la Haute-Saône de 1936 à 1940.

André Maroselli a fait partie de cette génération qui, au moment de devenir adulte, a eu pour avenir immédiat - et combien pénible ! - la guerre de 1914. Après des études aux lycées de Bastia et de Toulon, il passa son baccalauréat et se destina à la carrière militaire. Il préparait son admission à l'Ecole d'artillerie de Fontainebleau lorsque la guerre fut déclarée et il fut tout de suite volontaire pour monter en première ligne. Sa valeureuse conduite au front lui valut sept citations et la Légion d'honneur, et la fin de la guerre le retrouva chef d'escadron d'artillerie.

Une fois les hostilités terminées, il ne resta pas dans l'armée et devint un homme d'affaires, industriel en broderies et administrateur de sociétés.

Peu de temps après son installation dans la ville de Luxeuil, il devint conseiller municipal. C'était le 30 octobre 1927 ; dès le 18 mars 1929, ses collègues lui confiaient le poste de maire qu'il gardera longtemps.

Conseiller d'arrondissement en 1928, il fut élu, le 18 octobre 1931, au Conseil général pour y représenter le canton de Luxeuil et la confiance de ses électeurs ne lui faillira pas désormais puisqu'il sera constamment réélu à cette assemblée départementale dont il deviendra vice-président en 1932.

Son action sur le plan municipal a toujours été intense. Il a donné à cette coquette ville située sur les bords du Breuchin un essor-considérable sur tous les plans : thermal, touristique, économique, etc... André Maroselli s'y est attaché à lutter contre le chômage, à favoriser le commerce local, à embellir et à assainir la ville, à la doter d'une adduction d'eau potable, d'un réseau d'égouts ; c'est à lui aussi que Luxeuil doit la transformation de son abattoir, l'amélioration des conditions d'accès à la cité, la modernisation et l'agrandissement de l'hôpital, l'aménagement des écoles et du musée.

André Maroselli s'intéressa d'ailleurs à toutes les questions sociales et économiques qui concernent tant sa ville que son département. En même temps, il devint président de la fédération de l'Est du parti républicain radical et radical-socialiste.

Cette activité sur le plan départemental incita André Maroselli à se présenter aux élections sénatoriales. A celles du 20 octobre 1935, il fut élu au deuxième tour de scrutin. Au premier tour, il recueille 381 voix sur 850 votants et vient en quatrième position derrière le président Jules Jeanneney avec 416 voix, Jules Hayaux avec 411 voix, Alcime Renaudot avec 384 voix, devançant Robert Montillot avec 380 voix et Moïse Lévy avec 356 voix. Au deuxième tour, il arrive en seconde position avec 447 voix sur 850 votants, derrière Jules Jeanneney avec 465 voix, devant Moïse Lévy avec 439 voix et Jules Hayaux avec 415 voix, dont il prend le fauteuil. Les trois élus avaient fait campagne commune sous les couleurs radicales.

Au Sénat, André Maroselli s'inscrivit au groupe de la gauche démocratique, ce qui est normal de la part du militant radical actif qu'il s'est montré depuis plusieurs années. Il fut membre de la commission de l'hygiène et de la prévoyance sociale, de la commission de législation civile et criminelle, de la commission de l'air, dont il sera le secrétaire, et de la commission de l'armée en 1939.

Ce jeune sénateur pour l'époque- il avait 42 ans quand il fut élu - eut tout de suite une intense activité parlementaire. Il posa de nombreuses questions écrites aux différents ministres ; il déposa un rapport sur le projet de loi relatif à la création d'emplois de sous-inspecteurs de l'assistance publique (1936), une proposition de loi concernant l'acquisition et l'expropriation des sources d'eau minérale (1937), un rapport sur le projet de loi relatif aux veuves des militaires de l'armée de l'air retraités et une proposition de loi sur le recrutement de l'armée (1939).

On l'entendit dans la discussion d'un projet de loi sur les crédits supplémentaires (1936) et de la loi de finances de 1938 (1937) ; en outre, il interpella le gouvernement sur l'état de l'aviation militaire en 1938.

Il siégea très peu au Palais du Luxembourg en 1940 car il avait de nouveau été mobilisé, comme lieutenant-colonel de réserve, dans l'armée de l'air cette fois-ci.

Lors de la séance du 10 juillet 1940 de l'Assemblée Nationale réunie à Vichy en congrès, dans le scrutin sur l'article unique du projet de loi constitutionnelle, André Maroselli vota «pour».

Mutilé de guerre à 80 p. 100, il était, en 1940, officier de la Légion d'honneur à titre militaire et titulaire de la croix de guerre 1914-1918, ainsi que de nombreux ordres militaires étrangers et de la médaille d'honneur d'argent départementale et communale.



Né le 22 février 1893 à Rutali (Corse)
Décédé le 7 avril 1970 à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône)

Sénateur de la Haute-Saône de 1935 à 1939
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Haute-Saône)
Député de la Haute-Saône de 1946 à 1951 Sénateur de la Haute-Saône de 1952 à 1956
Député de la Haute Saône de 1956 à 1958 Ministre de l'air du 16 janvier au 22 octobre 1947
Secrétaire d'Etat aux forces armées-air du 22 octobre au 24 novembre 1947
Secrétaire d'Etat aux forces armées-air du 24 novembre 1947 au 26 juillet 1948
Ministre des anciens combattants et victimes de guerre du 26 juillet au 5 septembre 1948
Secrétaire d'Etat aux forces armées-air du 28 octobre 1949 au 2 juillet 1950
Secrétaire d'Etat aux forces armées-air du 2 au 12 juillet 1950
Secrétaire d'Etat aux forces armées-air du 12 juillet 1950 au 10 mars 1951
Secrétaire d'Etat aux forces armées-air du 10 mars au 10 juillet 1951
Secrétaire d'Etat à la santé publique et à la population du 1er février 1956 au 11 juin 1957
Secrétaire d'Etat à la santé publique et à la population du 13 juin 1956 au 6 novembre 1957
Ministre de la santé publique et de la population du 14 au 31 mai 1958

(Voir la première partie de la biographie dans le Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, Tome VII, p. 2375-2376)

Lorsque la guerre éclate, André Maroselli est mobilisé dans l'armée de l'air, avec le grade lieutenant-colonel. Quelques semaines après l'armistice, il rejoint les rangs de la Résistance. Traqué par la Gestapo, il est arrêté en janvier 1942 et détenu trois mois à Fresnes.

Relâché puis refoulé en zone sud par la police allemande, qui le menace de mort s'il rejoint la zone occupée, André Maroselli participe de nouveau aux mouvements de résistance ; en février 1943, sur le point d'être de nouveau arrêté, il parvient à gagner Londres où le général de Gaulle lui confie la présidence du Comité central d'aide aux prisonniers (CCAP). A ce titre, il accomplit plusieurs missions, notamment en Amérique du Sud, au Canada et aux Etats-Unis.

Après la Libération André Maroselli retrouve successivement ses mandats de maire de Luxeuil et de conseiller général de la Haute-Saône. Aux élections du 21 octobre 1945 pour la première Assemblée constituante, il conduit la liste radicale-socialiste dans la Haute-Saône. Celle-ci obtient 25 002 voix sur 105 008 suffrages exprimés ; bénéficiant du système de la répartition des restes à plus forte moyenne, André Maroselli emporte l'un des trois sièges à pourvoir. Les autres élus de la circonscription sont le gaulliste Pierre Montillot et le communiste Pascal Copeau.

Nommé membre de la Commission du règlement, de la Commission de la défense nationale et de la Commission des pensions civiles et militaires et des victimes de la guerre et de la répression, André Maroselli dépose le 18 avril 1946 un rapport au nom de la Commission de la défense nationale sur la proposition de loi de M. Pierre Métayer tendant à faire bénéficier les militaires de l'armée de l'air des dispositions de l'ordonnance n° 45-956 du 12 mai 1945 sur l'avancement dans l'armée.

Avec ses collègues radicaux, André Maroselli vote les nationalisations mais s'oppose, le 19 avril 1946, au premier projet de Constitution de la IVe République ; le texte est de toute façon rejeté par le référendum du 5 mai, ce qui entraîne la convocation d'une nouvelle Assemblée constituante.

Les élections se tiennent le 2 juin ; André Maroselli conduit alors une liste commune au parti radical-socialiste et au Rassemblement des gauches républicaines (RGR). La liste enregistre toutefois un léger recul, avec 22 013 voix sur 108 388 suffrages exprimés. Les trois députés sortants retrouvent leur siège.

André Maroselli est à nouveau nommé membre de la Commission de la défense nationale, de la Commission du règlement et de la Commission des pensions. Il intervient longuement à la tribune de l'Assemblée, le 2 octobre 1946, pour présenter son analyse de la politique militaire du gouvernement de Georges Bidault. Il déplore notamment l'opacité qui règne autour du fonctionnement du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) : « nous aurions voulu, sans compromettre le bon rendement et la sécurité de nos services de renseignement, connaître l'organisation générale de ces services et nous assurer de la contribution qu'ils apportent à la défense nationale. Faute de recevoir ces informations nous pouvons, à juste titre, douter de l'efficience d'un organisme qui reste hermétique à tout contrôle parlementaire ». Il souligne en outre le retard accumulé par la France dans la modernisation de ses forces armées : remarquant que « la défense nationale est dépourvue d'un organe de recherches scientifiques digne de ce nom », il s'interroge : « sommes-nous assez armés pour entrer, avec un minimum d'atouts, dans la phase d'évolution décisive qui s'est ouverte avec la mise en œuvre du radar et de la bombe atomique ? ».

André Maroselli s'oppose au second projet de Constitution, voté par l'Assemblée le 28 septembre 1946, et ratifié par référendum le 13 octobre. Il sollicite le renouvellement de son mandat lors des élections législatives du 10 novembre. Les positions de sa liste sont stables, avec 18 830 voix sur 103 312 suffrages exprimés ; André Maroselli retrouve son siège, tout comme le communiste Marcel Servin et le gaulliste Robert Montillot.

Le député de la Haute-Saône est nommé membre de la Commission de la défense nationale, dont il est élu président le 21 décembre 1946, et membre de la Commission des pensions. Il est membre du gouvernement pendant toute la durée de la législature, jusqu'à l'été 1951. Il est ainsi successivement ministre de l'air dans les deux premiers cabinets Ramadier (janvier - octobre 1947), secrétaire d'Etat aux forces armées-air dans le troisième cabinet Ramadier et le cabinet Schuman (octobre - juillet 1948), ministre des anciens combattants et victimes de guerre dans le cabinet Marie (juillet- septembre 1948) puis secrétaire d'Etat aux forces armées-air dans les cabinets Bidault, Queuille I, Pleven et Queuille II (octobre 1949- juillet 1951). A ce titre, André Maroselli est le principal artisan de l'élaboration et de la mise en œuvre de la loi de réarmement aérien, votée le 8 janvier 1951, et du plan quinquennal de l'aéronautique ; c'est à lui qu'il revient de réorganiser une armée de l'air très éprouvée par la défaite et l'occupation.

Par ailleurs, au cours de la législature, André Maroselli renforce son implication dans la politique locale. Président du conseil général de la Haute-Saône de 1949 à 1951, il contribue en outre au développement de Luxeuil, dont il fait une base aérienne importante et dont il renforce la vocation thermale.

Candidat au renouvellement de son mandat lors des élections du 17 juin 1951, André Maroselli conclut un apparentement avec la liste de la SFIO. Sa liste réalise une bonne performance, avec 25 330 voix sur 102 187 suffrages exprimés. André Maroselli est cependant victime du bon score réalisé par les listes apparentées du centre et de la droite qui obtiennent la majorité absolue des voix exprimées et se répartissent les trois sièges à pourvoir ; deux allant aux têtes de liste du RPF, Maurice Georges et Robert Montillot, le troisième revenant à André Liautey, tête de liste des Indépendants français.

André Maroselli trouve alors refuge au Conseil de la République, où il est élu le 18 mai 1952 ; il y préside en 1954 et 1955 la sous-commission de contrôle des crédits de la défense nationale. Parallèlement, il renforce son implication dans la gestion des affaires du parti radical : le 20 décembre 1954, il devient président de la Commission de politique générale du parti ; le 4 décembre 1957, il en est élu vice président.

André Maroselli choisit toutefois de présenter une nouvelle fois sa candidature aux élections législatives du 2 janvier 1956. Avec 33 693 voix sur 110 608 suffrages exprimés, la liste du parti radical qu'il conduit emporte un siège ; les deux autres échoient à la liste du « Centre national des indépendants, des paysans et d'Action républicaine et sociale », conduite par Maurice Georges et Pierre Vitter.

André Maroselli retrouve la Commission de la défense nationale. Il n'est l'auteur que d'un texte, déposé le 1er août 1956 : il s'agit d'un projet de loi tendant à protéger les intérêts des médecins et chirurgiens-dentistes rappelés sous les drapeaux. André Maroselli intervient en revanche à de nombreuses reprises à la tribune de l'Assemblée, en tant que ministre du gouvernement. Il est en effet nommé secrétaire d'Etat à la santé publique et à la population dans le cabinet Bourgès-Maunoury (11 juin 1956-6 novembre 1957), et ministre de la santé publique et de la population dans le cabinet Pflimlin (14-31 mai 1958).

A l'occasion des principaux votes de la législature, le député de la Haute-Saône se prononce pour l'investiture de Guy Mollet (31 janvier 1956), puis de Maurice Bourgès-Maunoury (12 juin 1957) ; il soutient le projet de loi portant ratification des traités instituant la CEE et l'Euratom (9 juillet), ainsi que le projet de loi relatif aux pouvoirs spéciaux en Algérie (12 novembre). Il vote la confiance sur le programme et la politique de Pierre Pflimlin (13 mai 1958), mais, s'il soutient le 27 mai l'enclenchement d'un processus de révision de la Constitution, il refuse, le 1er juin, de voter l'investiture de Charles de Gaulle, et vote contre le projet de loi relatif aux pleins pouvoirs mais ne prend pas part au vote sur la révision constitutionnelle, le 2 juin.

Candidat en novembre 1958 aux élections législatives dans la 2e circonscription de la Haute-Saône, André Maroselli n'est pas réélu. L'année suivante, il fait son entrée pour neuf ans au Sénat.

André Maroselli décède le 7 avril 1970 à Luxeuil-les-Bains. Colonel d'aviation du cadre de réserve, il était grand-officier de la Légion d'honneur à titre militaire.



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