Jean, André, Bernard Baylet

1904 - 1959

Informations générales
  • Né le 6 avril 1904 à Valence d'agen (Tarn-et-Garonne - France)
  • Décédé le 29 mai 1959 à Montgaillard-lauragais (Haute-Garonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Tarn-et-Garonne
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Tarn-et-Garonne
Groupe
Radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Tarn-et-Garonne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Tarn-et-Garonne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Tarn-et-Garonne
Groupe
Républicain radical et radical-socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 6 avril 1904 à Valence-d'Agen (Tarn-et-Garonne)

Décédé le 29 mai 1959 à Mongaillard-Lauragais (Haute-Garonne)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale Constituante (Tarn-et-Garonne)

Député du Tarn-et-Garonne de 1946 à 1958

Jean Baylet est né le 6 avril 1904 à Valence-d'Agen (Tarn-et-Garonne) dans une famille de la haute bourgeoisie républicaine et radicale du Sud-Ouest. Son oncle, Jean-Baptiste Chaumeil, a été député radical du Tarn-et-Garonne de 1906 à 1910 et maire de Valence-d'Agen de 1904 à 1930.

Après des études à l'école publique de Valence-d'Agen, il entre au lycée de Toulouse, puis obtient une licence en droit.

Jean Baylet se marie avec Eveline Isaac dont l'arrière grand-père fut l'un des 363 parlementaires à s'opposer à Mac-Mahon.

En 1925, Jean Baylet entre à la Dépêche de Toulouse à laquelle sa famille était attachée. Jean-Baptiste Chaumeil venait d'acheter de nombreuses actions de la société la Dépêche et le Petit Toulousain. Il s'initie très jeune à la vie politique aux côtés de Maurice Sarraut qui dirige le grand quotidien radical, et de son frère cadet Albert Sarraut. Il devient rapidement directeur administratif (1927) et rédacteur en chef du journal auquel il devait consacrer jusqu'à sa mort l'essentiel de son activité et auquel il devait sa position prépondérante dans le parti radical.

En 1929, il est élu conseiller municipal de Valence-d'Agen. A la mort de Jean-Baptiste Chaumeil l'année suivante, il le remplace à la tête de la commune. Il est alors le plus jeune maire de France. Il accorda toujours une grande attention à ses administrés qui l'appelaient « Monsieur Jean ».

En 1939-1940, il fait la campagne de France comme lieutenant.

En 1940, la Dépêche prend position en faveur du gouvernement du maréchal Pétain. En novembre 1942, Jean Baylet est arrêté une première fois par les Allemands en compagnie de Maurice Sarraut. Après l'assassinat de ce dernier par la Milice, le 2 décembre 1943, il prend la direction effective du journal. En juin 1944, il est arrêté une deuxième fois, cette fois-ci en même temps qu'Albert Sarraut. Interné à la prison Saint Michel de Toulouse, transféré au camp de Compiègne, Jean Baylet est déporté à Neuengamme le 20 juillet 1944. Devant l'avance des troupes anglaises, il est transféré au camp de Theresienstadt puis de Benesov au sud de Prague. Libéré par le soulèvement tchèque, il est rapatrié le 18 mai 1945.

Jean Baylet est titulaire de la Médaille des déportés et de la Médaille des Combattants volontaires de la Résistance.

De retour en France, Jean Baylet oriente son action dans deux directions complémentaires : la représentation de son département, désormais au niveau national - ce qu'il avait refusé de faire avant la guerre - et la renaissance de la Dépêche.

Le 23 septembre 1945, il est élu conseiller général du canton de Valence-d'Agen dont il reste le maire. Il a constamment été réélu sous la IVe République.

Aux élections de la première Assemblée Constituante, le 21 octobre 1945, Jean Baylet conduit la liste radicale-socialiste qui obtient 18 537 suffrages contre 19 687 à la liste S.F.I.O. sur 77 172 suffrages exprimés. Il est, élu à la plus forte moyenne, l'un des trois députés du Tarn-et-Garonne. Il est nommé membre de la Commission de l'équipement national et de la production et de la Commission du travail et de la sécurité sociale.

Aux élections à la seconde Assemblée Constituante en juin 1946, Jean Baylet est réélu député à la plus forte moyenne. Sa liste obtient 21 614 suffrages contre 26 084 suffrages pour la liste M.R.P. Il est alors nommé membre de la Commission de la presse, de la radio et du cinéma. Il est, en outre, désigné comme juré à la Haute Cour de justice.

Par ailleurs, Jean Baylet se consacre à faire reparaître la Dépêche. A la Libération, le quotidien avait été frappé d'interdit et ses installations placées sous séquestre. Le sort du journal est évoqué à l'Assemblée le 13 mars 1946 ainsi que les 30 mai et 20 juin 1947. A ces occasions, Jean Baylet explique les raisons pour lesquelles la Dépêche a continué à paraître après 1940 et après 1942 et sa participation à des actes de Résistance. Le 27 février 1946, l'information ouverte contre les dirigeants du journal se termine par une ordonnance de non-lieu, et la mise sous séquestre des biens de la société est levée en 1947. Par conséquent, le 22 novembre 1947 sort le premier numéro de la Dépêche rebaptisée Dépêche du Midi. Elle absorbe le quotidien La Démocratie lancé par Jean Baylet et Albert Sarraut le 8 octobre 1945 dans l'attente de la réapparition du grand quotidien du Sud-Ouest. Jean Baylet est directeur de La Dépêche, diffusée dans quatorze départements et président de la société qui l'édite. Ainsi, dispose-t-il régionalement et nationalement d'une influence très importante au sein du parti radical. Plus que jamais, il est un des chefs de file du radicalisme méridional.

Aussi, Jean Baylet est-il élu membre de la Première Assemblée nationale de la IVe République. Le 10 novembre 1946, la liste radicale-socialiste et du R.G.R. qu'il préside obtient 20 840 suffrages sur 78 750 suffrages exprimés.

Jean Baylet est membre de la Commission de la presse pendant toute la législature, de la Commission du travail et de la sécurité sociale (1949), de la Commission de la reconstruction et des dommages de guerre (1950), de la Commission des pensions (1951). Il est juré de la Haute Cour de justice (1949).

Pendant la législature, ses nombreuses interventions portent sur des sujets qui relèvent des commissions dont il est membre. Il défend, notamment, les intérêts de la presse écrite contre les postes de radio qui diffusent, en langue française, de l'étranger en bénéficiant des secours de la publicité.

En 1951, Jean Baylet, le Glaoui du Sud Ouest comme on l'appelle alors, conduit à nouveau la liste du R.G.R. et du parti radical qui est apparentée aux listes S.F.I.O., M.R.P. et à la liste des Indépendants et paysans. Dans sa profession de foi, rappelant son attachement au scrutin d'arrondissement, Jean Baylet justifie la « loi électorale comme un pis-aller » pour lutter contre la double menace communiste et gaulliste. La liste radicale arrive en tête avec 20 548 suffrages sur 77 742 suffrages exprimés, devançant la liste communiste. Elle obtient deux des trois sièges à pourvoir.

Jean Baylet est nommé vice-président de la Commission du suffrage universel du règlement et des pétitions (1951) et en reste membre en 1953. Il est membre de la Commission de la presse (1951, 1954, 1955). Il est nommé membre suppléant de la Commission des immunités parlementaires (de 1952 à 1955).

Au cours de la législature, il intervient à plusieurs reprises pour défendre les intérêts de ses mandants, notamment des agriculteurs qui ont eu à subir des sinistres climatiques en 1952. Il s'oppose aux lois Marie et Barangé, en 1951.

Le leader des fédérations du Sud-Ouest soutient Pierre Mendès-France à la tête du gouvernement ainsi que dans sa tentative de prise en main du parti radical. Le 25 octobre 1955, il dépose une proposition de loi portant rétablissement du scrutin majoritaire d'arrondissement. Aussi, s'oppose-t-il à la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par Edgar Faure le 2 décembre 1955, arguant du fait qu'elle intervient avant toute réforme électorale.

Aux élections à la troisième Assemblée nationale, Jean Baylet présente une liste au nom du parti radical. Hostile au mouvement poujadiste et à la coalition conduite par Edgar Faure, il se réclame de l'action de Pierre Mendès-France, même si l'étiquette du Front républicain n'apparaît pas sur sa liste. Elle obtient 21 664 suffrages sur 85 745 suffrages exprimés. Le 2 janvier 1956, Jean Baylet est le seul élu de sa liste.

Il est nommé membre de la Commission des boissons (1956, 1957), de la Commission de la presse (1956, 1957). Il est élu secrétaire de la Commission des boissons (1956, 1957). En juillet 1956, il refuse de sanctionner le caractère supranational de l'Euratom et s'inquiète d'un lien trop étroit de la communauté avec la CECA. En octobre 1957, les radicaux du Sud-Ouest, entraînés par Jean Baylet, font pencher le comité Cadillac vers la non-participation au cabinet Pinay qui n'est d'ailleurs pas investi.

En 1958, Jean Baylet condamne sans équivoque le 13 mai. Il est des radicaux qui, derrière Pierre Mendès-France, refusent d'accorder l'investiture au général de Gaulle, le 1er juin, votent contre les pleins pouvoirs et ne participent pas au vote sur la révision constitutionnelle le 2 juin.

Il entraîne La Dépêche dans l'opposition au projet constitutionnel. Au lendemain du référendum du 28 septembre 1958, il démissionne de ses mandats de maire et de conseiller général. Il est réélu le 14 décembre au premier poste et le 4 janvier au second mais battu aux législatives de novembre 1958 au scrutin d'arrondissement pour lequel il n'avait cessé de plaider.

C'est après avoir rendu visite à Albert Sarraut, qui fut avec son frère à l'origine de sa double carrière politique et journalistique, qu'il trouve la mort dans un accident de voiture le 29 mai 1959 à Mongaillard-Lauragais (Haute-Garonne).


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