Henri Meck

1897 - 1966

Informations générales
  • Né le 31 juillet 1897 à Saverne (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 25 décembre 1966 à Strasbourg (Bas-Rhin - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Bas-Rhin
Groupe
Démocrates populaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Bas-Rhin
Groupe
Démocrate populaire
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 26 avril 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Bas-Rhin
Groupe
Indépendants d'action populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Bas-Rhin
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Bas-Rhin
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Bas-Rhin
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Bas-Rhin
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Bas-Rhin
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Bas-Rhin
Groupe
Républicains populaires et centre démocratique
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 18 novembre 1962 au 25 décembre 1966
Département
Bas-Rhin
Groupe
Centre démocratique

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 31 juillet 1897 à Saverne (Bas-Rhin).

Député du Bas-Rhin de 1928 à 1942.

L'année 1919 marque pour les habitants du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, le début d'une ère nouvelle. Pour les Alsaciens et les Mosellans, en effet, elle est l'année du retour définitif à la mère patrie après quarante-huit ans de séparation ; avec elle commence une période longue et assez troublée de réadaptation à la vie française qui mettra à rude épreuve la compréhension et la bonne volonté des Alsaciens-Lorrains et des dirigeants français.

Ce n'est sans doute pas une coïncidence si l'année '1919 marque aussi le début de la carrière publique d'Henri Meck qui devait être, pendant près d'un demi-siècle, l'une des figures dominantes de la vie politique et syndicale de l'Alsace. A 22 ans, le jeune homme, qui est le fils d'un modeste dessinateur de Saverne, adhère au syndicat ouvrier chrétien (C.F.T.C.) du Bas-Rhin et à l'union populaire républicaine d'Alsace qui est le parti chrétien d'Alsace ; très vite, il acquiert une position importante dans ces deux organisations. De 1920 à 1921, il lance le mouvement syndical chrétien dans les houillères de la Moselle. En 1922, à 25 ans, il devient secrétaire général de la fédération des syndicats chrétiens d'Alsace et de Lorraine. Il conservera cette fonction plus de vingt ans. Il est nommé la même année secrétaire général de la fédération C.F.T.C. des syndicats de mineurs. Il assume aussi des responsabilités importantes sur le plan international puisqu'il est membre depuis 1921 du comité de la fédération internationale des syndicats chrétiens de mineurs et président de ce comité de 1932 à 1940.

En 1928, son parti le présente aux élections législatives dans la circonscription de Molsheim. Dans son programme Henri Meck « prend la défense des aspirations légitimes des ouvriers et employés ». Il se prononce pour « une politique qui servira l'intérêt français et sauvegardera le respect des promesses solennelles données aux populations des provinces recouvrées ».

Il est élu au second tour avec 9.206 voix contre 4.923 à Thormann, sur 15.252 votants. Il déploie tout de suite une grande activité à la Chambre. Membre des commissions d'assurance et de prévoyance sociale, des mines et d'Alsace-Lorraine, il dépose un grand nombre de propositions de loi et de résolution tendant à améliorer le régime autonome d'assurances sociales et de retraites des travailleurs d'Alsace-Lorraine et il s'intéresse tout particulièrement au sort des mineurs. Il rap porte notamment une proposition de loi de Ramel tendant à instituer un code de sécurité des mineurs, un projet de loi modifiant certaines dispositions du code des assurances sociales, une proposition de résolution invitant le gouvernement à. préparer un projet de loi tendant à introduire dans le cadre des assurances sociales d'Alsace-Lorraine les dispositions relatives au régime des accidents du travail qui ont été votées par la Chambre en 1927. Son action inlassable en faveur des travailleurs et des citoyens d'Alsace-Lorraine reçoit sa récompense en 1932 : il est réélu dès le premier tour par 10.861 voix contre 1.770 à Schmitt sur 15.735 votants. Il complète cette victoire en devenant maire de Molsheim le 24 juillet 1933 et conseiller général du canton de Benfeld en 1934. A la Chambre, Henri Meck reste fidèle à ses préoccupations : il appartient aux commissions d'Alsace-Lorraine, des mines et des assurances sociales, mais, par ses interventions, il tend à se dégager du cadre régionaliste dans lequel il s'était un peu confiné au cours de sa première législature. Certes, il dépose des propositions de loi sur le relèvement des retraites des caisses minières d'Alsace-Lorraine et sur l'augmentation des prestations de l'Institut d assurances sociales d'Alsace-Lorraine, , mais les propositions émanant de lui concernent aussi le perfectionnement des institutions d'assurance chômage, l'extension du champ d'application de l'assurance contre les accidents professionnels, la réorganisation du conseil économique et l'institution de conseils économiques régionaux.

En 1936, il renouvelle sa victoire de 1932 en obtenant sa réélection dès le premier tour par 10.322 voix contre 2.658 à Georges Wodli, sur 20.306 votants. Il dépose de nombreux textes concernant, notamment, l'établissement de salaires minima, les conventions collectives du travail, les juridictions prud'homales, l'application du bilinguisme. en Alsace-Lorraine, la liberté syndicale ; il invite le gouvernement, par une proposition de résolution, à généraliser le régime des allocations familiales.

Au surplus, l'examen par la Chambre des grands projets de réforme sociale proposés par le gouvernement de Front populaire lui donne l'occasion d'intervenir et de faire bénéficier le parlement de sa longue expérience syndicaliste. Il est rapporteur du projet de loi tendant à introduire en Alsace-Lorraine le régime des congés payés ; , il prend une part active à l'examen des projets de loi relatifs aux congés payés, aux conventions collectives du travail, à l'introduction de la semaine de quarante heures, à l'arbitrage. En 1940, il est rapporteur pour avis du projet de loi tendant à supprimer la patente et à créer des ressources nouvelles pour les départements et communes.

Au printemps 1940, Henri, Meck qui avait depuis longtemps dénoncé le péril national-socialiste a la tristesse de voir son pays envahi par les armées nazies ; néanmoins, il vote; 'le 10 juillet 1940, les pouvoirs constituants au maréchal Pétain.




Né le 31 juillet 1897 à Saverne (Bas-Rhin)
Décédé le 25 décembre 1966 à Strasbourg (Bas-Rhin)

Député du Bas-Rhin de 1928 à 1942
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Bas-Rhin)
Député du Bas-Rhin de 1946 à 1958

(Voir première partie de la biographie dans le Dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, Tome V, p. 2420)

En 1942, Henri Meck est expulsé du Bas-Rhin par les autorités allemandes. Installé dans le midi, il se montre très actif dans les œuvres d'entraide aux réfugiés. N'ayant pas été compromis avec les autorités allemandes, il est relevé de l'inéligibilité qui le frappait en raison de son vote du 10 juillet 1940 par décision du préfet à la Libération

De retour dans son département libéré fin 1944, Henri Meck retrouve rapidement tous ses mandats. Il est reconduit à la tête de la Fédération des syndicats chrétiens d'Alsace, échangeant simplement ses fonctions de secrétaire général de la Fédération CFTC du Bas-Rhin pour celles de président fédéral et de président de l'union régionale d'Alsace de la CFTC. Il reprend aussi son activité journalistique, en langue allemande principalement, dans les grands quotidiens régionaux catholiques de Strasbourg, Metz, Colmar, donnant des articles d'ordre social et politique. Sur le plan politique, il s'impose comme « l'irremplaçable animateur » du Mouvement républicain populaire dans le département selon Pierre Pflimlin (Mémoires d'un Européen, ed. Fayard, 1991) et entre au Comité directeur du jeune parti lorsque l'Union populaire républicaine d'Alsace s'affilie au MRP en juillet 1945.

Henri Meck est réélu maire de Molsheim en avril 1945 et conseiller général du canton de Benfeld en septembre. Il conserve ce dernier siège durant dix ans, puis sera élu du canton de Schirmeck, du 17 avril 1955 à 1958, enfin du canton de Molsheim, du 20 avril 1958 à son décès.

Le 21 octobre 1945, Henri Meck conduit la liste du Mouvement républicain populaire pour l'élection à la première Assemblée nationale constituante. Non sans difficultés selon le témoignage de Pierre Pflimlin car l'ancien député de la Troisième République doit faire face à une fronde dans son mouvement. Des jeunes militants veulent écarter les élus d'avant-guerre et constituer une liste de « rénovateurs », opposée aux « conservateurs ». L'affaire s'achève par un compromis, trois anciens élus, Henri Meck, Alfred Oberkirch et Joseph Sigrist sont placés en tête de liste, deux jeunes éligibles, Pierre Pflimlin et le secrétaire de syndicat Albert Schmitt, aux places suivantes. Les candidats MRP rassemblent 136 058 suffrages sur 421 374 inscrits et 291 686 exprimés, soit 46 % de ces derniers. Henri Meck est aisément réélu. Député d'expérience, Henri Meck se montre un parlementaire particulièrement actif et prolifique. Il est nommé membre de la Commission des finances et du contrôle budgétaire et est désigné comme rapporteur pour le budget des travaux publics le 11 décembre 1945. Il est l'auteur de nombreuses propositions à caractère social sur les retraites et les assurances et de plusieurs propositions de résolution visant à l'indemnisation des Alsaciens-Lorrains, déplacés ou non, ou incorporés de force durant le conflit.

Henri Meck conduit de nouveau la liste républicaine populaire pour l'élection à la deuxième Assemblée nationale constituante, le 2 juin 1946, devant Pierre Pflimlin, pourtant ministre de la population sortant. Principal leader du premier parti du département, dominant la vie politique depuis plus de quinze ans, Henri Meck fait l'objet de vives attaques, surtout de la gauche minoritaire en Alsace. Le parti communiste l'accuse d'être intervenu en faveur de collaborateurs notoires et d'avoir fait condamner un de ses militants surpris au moment où il apposait des affiches politiques sur des panneaux non réservés à son parti. Le socialiste Marcel-Edmond Naegelen, dans sa profession de foi écrit qu'il est, avec Sigrist, « le dernier vichyssois faisant acte de candidature » et affirme « qu'une forte opposition s'élève contre M. Meck dans les rangs de son propre parti ». La liste Meck qui doit aussi faire face à une liste Pierre Closterman - René Capitant, affirme que le MRP est « le véritable parti gaulliste ». Négligeant ces attaques violentes, les électeurs du Bas-Rhin plébiscitent le MRP, qui rassemble 159 330 suffrages sur 427 674 inscrits et 320 411 exprimés, soit à peine moins que la moitié de ceux-ci. Le maire de Molsheim est réélu, ainsi que Pierre Pflimlin, Joseph Sigrist et Albert Schmitt. Son élection validée, il est nommé à la Commission des pensions civiles et militaires et des victimes de la guerre et de la répression le 26 juin, et à la Commission du travail et de la sécurité sociale, le même jour. Il présente de nombreux rapports pour cette dernière, réitère les propositions de loi et de résolutions qui n'ont pas abouti dans la première Assemblée constituante et, défenseur des intérêts spécifiques des Alsaciens, il intervient sur le sujet difficile des « malgré-nous » emprisonnés « dans les pays alliés », c'est-à-dire en URSS.

Le 10 novembre 1946, lors de l'élection pour la première législature de la IVe République, la liste MRP connaît un grand malaise, consécutif aux divisions produites à l'occasion du référendum. Elle incorpore pour la première fois des protestants mais connaît pourtant un premier recul. Elle obtient 135 918 suffrages sur 435 269 inscrits et 303 464 exprimés, soit 44 % de ceux-ci. Le MRP voit ses quatre sortants réélus. Henri Meck retrouve sa place dans les deux commissions dans lesquelles il siégeait dans l'Assemblée précédente, Commission des pen sions et Commission du travail et de la sécurité sociale, pour lesquelles il présente des dizaines de rapports, propositions de loi et propositions de résolution. Il défend les intérêts de ses compagnons mineurs, des Alsaciens-Lorrains mais aussi des faibles, des exclus et de toutes les catégories de travailleurs en situation précaire (veuves, vieux, handicapés, accidentés du travail, etc.). Le député MRP alsacien est à l'origine de la loi du 23 août 1948 conduisant à une forte augmentation des pensions et rentes des assurés sociaux. A la tribune de l'Assemblée, Meck défend aussi le statut des maires et adjoints et intervient longuement dans les débats sur l'élection des délégués du personnel dans les comités d'entreprise et dans celui sur les modifications du code du travail. Enfin, il se prononce pour l'amnistie de certaines condamnations consécutives à la guerre, notamment pour l'amnistie des Alsaciens-Lorrains engagés dans la Wehrmacht après le 25 août 1942.

Réformateur social toujours attaché au MRP, Henri Meck maintient fermement son organisation départementale dans la ligne du parti, refusant strictement la double appartenance avec le RPF en dépit de la forte attraction exercée par le général de Gaulle en Alsace. Ses amis et lui doivent faire face, après l'épisode de l'Union gaulliste de Capitant et Closterman, à une offensive RPF nettement plus dangereuse menée par un gaulliste prestigieux, le général Kœnig, combattant de Bir-Hakeim, qui peut de plus se réclamer de son origine alsacienne.

Le 17 juin 1951, la liste MRP est pour la première fois conduite par Pierre Pflimlin qui s'est affirmé au plan national comme ministre de l'agriculture et animateur de la Troisième force. Sa profession de foi propose dès son introduction « une politique d'union nationale par la collaboration des grands partis français et la constitution d'un gouvernement fort ». Henri Meck, placé en deuxième position, est facilement réélu dans ce bastion de la démocratie chrétienne où celle-ci fait mieux que résister à liste RPF. Avec 128 122 voix (129 644 pour Henri Meck qui bénéficie de votes personnels) sur 429 734 inscrits et 305 890 exprimés, le MRP rassemble 41,9 % des suffrages. L'apparentement du MRP, avec la liste de l'Union des indépendants, des paysans et républicains nationaux, qui a obtenu 8,1 % des voix, semble l'avoir emporté de justesse, ce qui devrait lui permettre d'emporter l'ensemble des sièges, mais un vote de l'Assemblée tranche en sens contraire. Le MRP obtient cinq élus, le RPF trois et les communistes un. Henri Meck est nommé président de la Commission du travail et de la sécurité sociale de l'Assemblée le 19 juillet 1951, et le reste jusqu'à la fin de la législature. Il dépose plusieurs dizaines de projets de loi et de résolution relatif à ces domaines et à celui des pensions. Toujours actif par ailleurs dans les débats publics, il participe aux discussions budgétaires et au grand débat sur l'amnistie qui s'achève avec cette législature. De vifs incidents l'opposent au socialiste Daniel Mayer et aux communistes.

Aux législatives du 2 janvier 1956, le MRP place de nouveau Henri Meck en deuxième position, derrière Pierre Pflimlin, ministre des finances du gouvernement Edgar Faure qui vient de dissoudre l'Assemblée. Leur profession de foi revendique un gouvernement fort, une réforme de la Constitution pour assurer la stabilité gouvernementale et se prononce résolument pour la construction européenne et une politique de rétablissement de l'ordre en Afrique du Nord en écartant « la politique de force et la politique d'abandon qui sont désastreuses l'une et l'autre ». Saluant l'action de Robert Schuman et Georges Bidault, elle dénonce les responsables de l'échec de la communauté européenne de défense, en citant nommément Pierre Mendès France. Avec 151 032 suffrages, le maire de Molsheim fait mieux que la moyenne de la liste MRP, qui en recueille 147 821 voix, sur 445 711 inscrits et 344 405 exprimés, soit 42,9 %. Il est élu, avec six colistiers. S'il reprend sa place dans la Commission du travail et de la sécurité sociale, il ne la préside plus et son activité législative diminue de ce fait, même s'il effectue une quarantaine de dépôts de propositions de loi, rapports, proposition de résolution. De la fin 1956 à celle de 1957, il demande et obtient une série de congés

La carrière parlementaire d'Henri Meck se poursuit sous la Ve République ; il l'emporte en 1958 et en 1962 dans la 5e circonscription du Bas-Rhin. Il sera aussi élu président du conseil général du Bas-Rhin.



MECK Henri, Rodolphe
Né le 31 juillet 1897 à Saverne (Bas-Rhin)
Décédé le 25 décembre 1966 à Strasbourg (Bas-Rhin)

Député du Bas-Rhin de 1928 à 1942
Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Bas-Rhin)
Député du Bas-Rhin de 1946 à 1966

Henri Meck est né le 31 juillet 1897 à Saverne, dans le Bas-Rhin, de parents d’origine modeste. Dès 1919, alors que l’Alsace et la Lorraine font retour à la France, il s’engage à la fois comme militant syndicaliste et politique, en tant que membre d’un petit parti chrétien, l’Union Populaire Républicaine d’Alsace. C’est à ce titre qu’il devient conseiller municipal de Molsheim en 1933.
Ce célibataire sans enfants est un homme-clef du syndicalisme chrétien dans les départements de l’Est. A son engagement politique, il ajoute en effet un militantisme syndical très actif. En 1920-1921, c’est lui qui lance le mouvement syndical chrétien dans les Houillères. Puis, dès le milieu des années 1920, ses responsabilités s’accumulent. Entre 1925 et 1945, il est secrétaire général de la Fédération des Syndicats chrétiens d’Alsace et de Lorraine affiliée à la CFTC. De 1921 à 1939, il est également membre du Comité de la Fédération internationale des syndicats chrétiens de mineurs, dont il devient le président entre 1932 et 1940. De 1922 à 1936, il est aussi secrétaire général de la Fédération des Mineurs de la CFTC. Ce parcours est couronné à partir de 1945 par la présidence de la Fédération des Syndicats chrétiens d’Alsace et de Lorraine et de l’Union régionale d’Alsace de la CFTC.
Henri Meck vote le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Mais il est bientôt expulsé du Bas-Rhin par les autorités allemandes. En 1942, il se réfugie donc dans le midi, où il s’engage dans les œuvres d’entraide aux réfugiés.
C’est en juillet 1945 que son parti s’affilie au MRP. Sous cette étiquette, il remplit successivement les mandats de conseiller général du canton de Benfeld entre 1949 et 1955, du canton de Schirmeck entre 1955 et 1958, et du canton de Molsheim de 1958 à sa mort. Le 12 janvier 1960, il est finalement élu président du Conseil général du Bas-Rhin.
Cette double légitimité syndicale et politique est encore renforcée par la cumulation d’un mandat de député du Bas-Rhin depuis 1928. En 1962, Henri Meck est le député qui, à la Chambre, a détenu son mandat durant la période la plus longue. Il siège sans discontinuer de 1928 à 1942, puis est présent dans les assemblées constituantes de 1945 et 1946. A partir de cette date, il continue de remplir ce mandat sans interruption jusqu’à sa mort en 1966.
Dans ses différentes professions de foi, Henri Meck s’efforce de se présenter comme un député au service de ses administrés. Depuis 1928, il affirme avoir tenu une permanence grâce à laquelle « il a pu rendre d’innombrables services » (profession de foi de 1962). Ce professionnel de la politique ne dissimule donc pas le caractère prosaïque de sa fonction de député.
En 1958 et 1962, Henri Meck est élu sans grande difficulté à la majorité absolue. Le 23 novembre 1958, il est opposé au médecin UNR Guy Schweitzer, ainsi qu’au ferblantier PCF Alphonse Meyer et à l’instituteur SFIO Louis Holveck. Il emporte l’élection avec 22 962 voix, soit 48,8% des inscrits, mais plus de 63% des exprimés, contre 10 146 voix au candidat UNR (52,8% des exprimés). Les deux candidats communiste et socialiste ont respectivement rassemblé 1 773 et 1 530 voix.
Le 18 novembre 1962, le même scénario assure une nouvelle victoire à Henri Meck. Il est élu par 17 886 voix (38,1% des inscrits, 52,6% des exprimés) contre Robert Beck, médecin sans étiquette, qui totalise 14 134 voix (41,5% des exprimés). Le candidat Alphonse Meyer, qui s’est débarrassé de son étiquette communiste, ne rassemble que 1 987 voix, soit moins de 5,9% des exprimés. La victoire de Meck n’est pas aussi nette qu’en 1958, mais elle est incontestable.
A la Chambre, Henri Meck est un député très actif. Entre 1959 et 1962, il est membre de la Commission des Affaires Etrangères, mais il en démissionne le 14 juin 1962, du fait du désaccord de sa formation avec la politique gaulliste. Lors de sa réélection en 1962, il devient membre de la Commission des Affaires culturelles, familiales et sociales jusqu’à sa mort en 1966.
Son premier mandat de la Ve République est marqué par des interventions qui portent sur la réforme fiscale, les assurances sociales agricoles et la situation des personnels des Postes et Télécoms. Henri Meck dépose plusieurs propositions de loi : sur le travail parlementaire le 30 janvier 1959, sur l’exemption du versement d’avances par les assurés sociaux pour les honoraires médicaux, les frais pharmaceutiques et d’hospitalisation (19 mai 1960), et enfin sur certaines conditions de service et de promotion des agents de la Sûreté nationale (11 juillet 1960 et 15 décembre 1961). Ses interventions à la Chambre sont également nombreuses. Le 28 octobre 1959, il intervient dans la discussion du projet de loi de réforme fiscale pour étendre aux célibataires certaines dispositions fiscales en matière de vente immobilière. Le 2 décembre 1959, il participe à la discussion parlementaire sur le statut fiscal des bouilleurs de cru. Le 12 juillet 1960, il réclame des dispositions précises contre les accidents du travail agricoles dans le cadre de la discussion sur les assurances sociales. Enfin, lors des discussions des lois de finances pour 1961 et 1962, il défend la situation des Alsaciens Lorrains incorporés de force pendant la guerre, le relèvement des allocations familiales, militaires et de vieillesse, l’augmentation des crédits nécessaires à l’intégration sociale et culturelle des immigrants et évoque les problèmes suscités par « les concentrations de travailleurs immigrés dans les départements de l’Est ». Lors de ses interventions du 1er décembre 1961, il défend le statut des personnels des P. et T.
L’activité parlementaire d’Henri Meck ne faiblit pas pendant son dernier mandat. Inscrit au groupe du Centre démocratique le 11 décembre 1962, il prend part de manière très assidue à la discussion du projet de loi de finances pour 1963, pour défendre des mesures en faveur des personnes âgées, la revalorisation des allocations familiales et la mise en valeur industrielle et éducative de l’Est. Il prend également part à la discussion sur la réforme de l’enregistrement du timbre et de la fiscalité immobilière. Ses interventions à la Chambre sont nettement plus nombreuses. Elles portent sur les zones de salaires (17 avril 1964), sur la retraite complémentaire des ouvriers des forêts domaniales (22 mai 1964), sur la subvention des accidents du travail agricoles (4 nov. 1964), sur l’allocation aux personnes âgées (27 nov. 1964), sur la retraite de certaines catégories de travailleurs (27 nov. 1964), ainsi que sur l’échelle mobile des rentes d’accidents du travail (14 mai 1965). Il intervient également lors des discussions des lois de finances de 1965 et 1966, en particulier sur la Sécurité Sociale des paysans et le statut et des pensions d’Anciens combattants d’Alsace-Lorraine.
Jusqu’en novembre 1962, conformément à ce qu’il déclare dans sa profession de foi, Henri Meck soutient ouvertement le régime gaulliste. Il vote en faveur du programme du gouvernement Debré le 16 janvier 1959 comme du gouvernement Pompidou le 27 avril 1962. Il vote bien entendu, en tant que « défenseur du statut de l’école chrétienne », la loi du 23 décembre 1959 sur l’enseignement privé. Il approuve les pleins pouvoirs au gouvernement le 2 février 1960. A partir de juin-juillet 1962, ce soutien se fait moins ferme. Comme il le souligne dans sa profession de foi pour les élections de novembre 1962, « nous avons fait le choix il y a quatre ans de favoriser la stabilité gouvernementale ». Mais pour Henri Meck, la situation a changé avec le référendum sur le septennat qui « viole la Constitution ». Adopté le 5 octobre 1962, il s’ajoute aux désillusions devant l’indépendance algérienne. Henri Meck, d’ailleurs, ne prend part au vote sur la levée d’immunité parlementaire de Georges Bidault, le 5 juillet 1962 : absence significative pour ce vétéran de la démocratie chrétienne qui refuse de participer à la déchéance politique du fondateur du MRP. Face au régime gaulliste, Meck a repris son indépendance de vote. S’il vote pour le projet de loi de coopération franco-allemande le 13 juin 1963, puis pour la modification de l’article 28 de la Constitution le 20 décembre 1963, il s’oppose tour à tour à la loi sur la grève le 26 juillet 1963, à la loi sur l’élection des conseillers municipaux le 17 juin 1964 et à la loi sur le service national le 26 mai 1965.
Sa mort, survenue à Strasbourg le 25 décembre 1966, lui interdit de terminer son mandat. C’est son suppléant, le notaire Gérard Lehn, qui lui succède à la Chambre. Henri Meck était titulaire de l’Ordre de Saint-Grégoire.

Retour haut de page