Raymond Moussu

1888 - 1956

Informations générales
  • Né le 31 mars 1888 à Monthodon (Indre-et-Loire - France)
  • Décédé le 18 décembre 1956 à Saint-roch (Indre-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Indre-et-Loire
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Indre-et-Loire
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Indre-et-Loire
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 31 mars 1888 à Monthodon (Indre-et-Loire)
Décédé le 18 décembre 1956 à Saint-Roch (Indre-et-Loire)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Indre-et-Loire)
Député d'Indre-et-Loire de 1946 à 1951

Fils d'agriculteurs, Raymond Moussu accomplit ses études secondaires au lycée de Tours. Après avoir suivi les cours de l'école vétérinaire d'Alfortville, titulaire du diplôme de docteur vétérinaire, il y exerce ensuite comme chef de clinique en chirurgie. Membre de la classe 1916, il participe à la Grande guerre vaillamment et est décoré de la Croix de guerre avec deux citations. Marié, père de trois enfants, il est de nouveau combattant durant la seconde guerre mondiale. Fait prisonnier lors de la campagne de France, il est libéré comme ancien combattant. Capitaine de réserve, il « n'a pas fait parler de lui jusqu'à la fin de l'Occupation » selon des fiches de renseignements postérieures.

Raymond Moussu, chevalier du Mérite agricole, ne vient à la politique qu'après la Libération. Il commence à militer au MRP dès sa formation en 1944. Propriétaire à Neuvy-le-Roi (Indre-et-Loire), Raymond Moussu est élu maire de cette ville le 29 avril 1945. Puis, bénéficiant d'une notoriété réelle dans les milieux agricoles dans tout le canton dont sa ville est le chef-lieu, du fait de sa profession, il se fait élire conseiller général de Neuvy-le-Roi en septembre suivant. Ayant obtenu 1 328 voix sur 3 205 exprimés au premier tour, il est élu au second avec 2 006 voix pour 3 457 suffrages exprimés.

Aux élections à la première Constituante, le 21 octobre 1945, Raymond Moussu figure en seconde position sur la liste MRP d'Indre-et-Loire, derrière Joannès Dupraz qui a été secrétaire général à l'information du GPRF. Ils arrivent en tête de la compétition, en rassemblant 53 663 suffrages, sur 218 674 inscrits et 163 840 exprimés. Le MRP emporte deux sièges, l'un au quotient pour sa tête de liste, l'autre, pour Raymond Moussu, à la plus forte moyenne. Deux autres sièges vont à la SFIO, le dernier au parti communiste. Raymond Moussu entre à la Commission de l'agriculture et du ravitaillement de l'Assemblée nationale. Il dépose deux propositions de loi sur le prix des engrais et la remise en état de l'habitat rural et présente quatre rapports au nom de la Commission. Il vote selon les consignes du mouvement, approuve par exemple les nationalisations et refuse le texte constitutionnel le 19 avril 1946. Le nouveau député accède par ailleurs au comité directeur du MRP où il se montre actif jusqu'en 1955. Spécialiste reconnu des questions agricoles, il collabore activement avec Pierre Pfimlin en ce domaine.

Après le rejet du projet constitutionnel par référendum, à l'appel conjoint du général de Gaulle et du MRP, Dupraz et Moussu conduisent de nouveau la liste MRP aux élections du 2 juin 1946. Elle obtient un résultat pratiquement similaire à celui d'octobre précédent avec 53 577 suffrages, pour 219 792 inscrits et 170 395 exprimés. Les cinq sortants du département sont réélus. Raymond Moussu est reconduit à la Commission de l'agriculture le 26 juin, dépose une proposition de loi sur les conditions de paiement de baux à ferme et intervient brièvement à deux occasions. Il vote en faveur du texte constitutionnel le 28 septembre 1946.

Aux élections du 10 novembre 1946, la liste MRP perd quatre mille voix, avec 49 307 suffrages, sur 221 376 inscrits et 161 084 exprimés. Les deux élus MRP sont reconduits, alors que les communistes en progrès gagnent un siège sur les socialistes qui ont perdu 20 % de leurs voix. Reconduit à la Commission de l'agriculture durant toute la première législature, Raymond Moussu en est nommé président, le 15 janvier 1948. Il succède au communiste Waldeck Rochet, à un moment où la majorité de l'Assemblée cherche à éliminer les communistes des postes à responsabilité au Parlement. Ne sortant pas de son domaine de prédilection, le député de l'Indre-et-Loire est très présent dans tous les travaux parlementaires concernant l'agriculture. Il combat pour la constitution d'un ordre national des vétérinaires et intervient dans le débat budgétaire en décembre 1948 pour critiquer la politique agricole du gouvernement, mais annonce qu'il votera néanmoins le budget.

Raymond Moussu suit avec discipline les consignes de son parti. Ainsi, il vote blanc dans le scrutin d'investiture à Thorez le 4 décembre 1946, puis approuve la candidature Bidault le lendemain, investi les gouvernements du tripartisme puis de la Troisième force, vote le statut de l'Algérie, approuve la ratification du Pacte Atlantique, etc.

Les mesures impopulaires du gouvernement favorisent une érosion certaine des partis de la Troisième force qui le soutiennent et surtout du MRP. Raymond Moussu, décrit par le préfet comme « sans grande envergure » perd ses mandats locaux. Il est battu lors des municipales d'octobre 1947, puis lors des cantonales de mars 1949. Ces échecs répétés expliqueraient son absence des listes MRP pour les législatives du 17 juin 1951 et, selon les rapports de police, il en aurait conçu une certaine rancoeur.

Aux élections municipales d'avril 1953, Raymond Moussu échoue à nouveau à Neuvy-le-Roi et s'installe à Saint-Roch (Indre-et-Loire), petite commune dont il est élu maire en 1954. En 1955, il est candidat au Conseil de la République, sans chance réelle de succès. Il prépare alors la campagne pour les cantonales d'octobre dans son ancien canton, mais doit renoncer faute d'appui de son parti. Aussi, au congrès de la fédération MRP de l'Indre-et Loire de mars 1956, l'ancien député annonce son intention de ne plus avoir d'activité politique au sein du mouvement et qu'il se retire de ses fonctions à la Commission exécutive du MRP et à son conseil national. Pour le préfet, c'est là l'épilogue de la sourde lutte qui l'opposait depuis 1951 à Joannès Dupraz qui ne l'a pas appuyé dans ses tentatives de reconquérir un mandat.

Raymond Moussu ne se représente pas aux élections du 2 janvier 1956 et décède le 17 décembre suivant.



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