Auguste Mudry

1913 - 1973

Informations générales
  • Né le 22 juin 1913 à Bellentre (Savoie - France)
  • Décédé le 6 mai 1973 à Bellentre (Savoie - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Savoie
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Savoie
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Savoie
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 22 juin 1913 à Bellentre (Savoie)
Décédé le 6 mai 1973 à Bellentre

Membre de la seconde Assemblée nationale constituante (Savoie)
Député de la Savoie de 1946 à 1951 et de 1956 à 1958

Né dans un milieu de petits agriculteurs, Auguste Mudry, titulaire du certificat d'études primaires, entre comme manœuvre dans une mine de charbon, avant de devenir ouvrier monteur-électricien, métier qu'il a appris à Aime (Savoie). Il se marie, le 20 mai 1933, à Bellentre, avec Adrienne Buthod avec laquelle il a trois enfants. Engagé volontaire par devancement d'appel en avril 1934, au 7e Bataillon de chasseurs alpins, il est réformé numéro deux en mars 1935 et s'installe à Moutiers.

Auguste Mudry a adhéré, selon lui, au Parti communiste en 1934 et, trois ans plus tard, est désigné comme secrétaire de la section communiste de la Tarentaise. Toujours en 1937, il est un des délégués savoyards au 9e congrès national du Parti communiste à Arles et entre en 1938 à la direction fédérale de la Savoie. Secrétaire du syndicat CGT de l'usine d'électrochimie de Plombières-Saint-Marcel en 1937-1938, il est licencié après la grève nationale du 30 novembre 1938.

Lors de la mobilisation, Auguste Mudry, réformé numéro deux depuis 1935 par le bureau de recrutement de Lyon, est désigné comme affecté spécial aux aciéries d'Ugine. A la suite d'une perquisition à son domicile le 29 septembre 1939, il est condamné pour infraction aux décrets du 24 juin et du 26 septembre 1939 - propagande défaitiste et appartenance au parti communiste par le tribunal correctionnel de Moutiers le 20 mars 1940 à un an d'emprisonnement, 100 F d'amende et cinq ans de privation de droits civils et politiques. Il se pourvoit de ce jugement en cassation mais est arrêté le 20 janvier 1941 et conduit à la prison de Chambéry. Après neuf mois d'emprisonnement, il est interné à Fort-Barraux le 20 octobre 1941, où il est chargé de l'entretien du service électrique et ensuite à Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Une demande de libération est présentée en juin 1942 par la mairie de Bellentre et les responsables syndicaux départementaux, mais le préfet s'y oppose rappelant qu'il a déclaré devant le tribunal ne pas renoncer « à son idéal politique ». Auguste Mudry « a renié le pacte germano-russe », selon une fiche de police du 5 juin 1943. Le 15 mars 1943, utilisant une autorisation à se rendre auprès de son fils qui subit alors une opération, il s'évade et rejoint le maquis de Villette. La fiche de recherche le décrit ainsi : « Taille, 1 m 65, cheveux châtains, yeux marrons, nez rectiligne (...), corpulence moyenne, cicatrice joue gauche ». Deux semaines plus tard, il est nommé chef de groupe (sergent) puis adjudant du maquis de la Combe.

Arrêté le 4 mai 1943 par les gardes mobiles dans son maquis, il est interné de nouveau à la prison de Chambéry jusqu'au 6 août 1943, puis au camp de Bressieux-Bassens. Condamné à 4 mois d'emprisonnement le 10 juin 1943, il s'évade quatre jours plus tard en gare de Brotteaux à Lyon, pendant le transfert qui devait le conduire en déportation en Allemagne. Il rejoint alors les maquis de FTPF de la Haute-Savoie et monte rapidement les grades de la hiérarchie de la clandestinité. Le 1er octobre 1943, il est dési gné comme adjoint au commandant du 1er sous-secteur de la région 12 des FTP de Haute-Savoie, avec le grade de Lieutenant (pseudonyme Roland). Un mois plus tard, il est nommé commandant du 1er sous-secteur FTP de Haute-Savoie, avec le grade de capitaine. Le 15 mars 1944, il est désigné comme commandant de la région 12 (Savoie et Haute-Savoie) par décision du CMIR (pseudonyme Félix). Enfin, le 1er juillet 1944, il est nommé commandant militaire de l'inter-région FTP (Alpes-Savoie, Haute-Savoie, Isère, Hautes-Alpes et Drôme), avec l'attribution du grade de colonel (Martin). Après la Libération, il est homologué par le ministère des armées au grade de lieutenant-colonel FFI. Cantonné à la caserne Joppet de Chambéry, il est démobilisé le 1er novembre 1944.

Auguste Mudry rejoint alors Paris où il est permanent, chargé des œuvres sociales des Forces françaises de l'Intérieur. Il est par ailleurs secrétaire de la fédération communiste de Savoie lorsqu'il est présenté comme candidat pour les élections à la deuxième Assemblée nationale constituante, du 2 juin 1946.

Auguste Mudry figure en deuxième position sur la liste « d'Union des gauches », conduite par Pierre Cot, député sortant. En octobre 1945, ce dernier a reçu le soutien du Parti communiste et, avec 36 % des exprimés, a été élu au quotient. Ses colistiers communistes, Albert Plas et Emile Rubin, ne l'ont pas été. La liste Cot Mudry rassemble 35 157 voix, sur 141 765 inscrits et 106 523 exprimés, un peu moins que la liste d'union à la première constituante (37 032 suffrages). Mais la dispersion entre sept listes, au lieu de quatre aux précédentes élections affaibli ses adversaires, permettant à la liste « d'union » d'obtenir deux sièges pour Pierre Cot et Auguste Mudry. Le vétéran de la droite, Joseph Delachenal, élu sous l'étiquette de Cartel républicain, conserve son siège, Lucien Rose de la Jeune République perd le sien. Le 26 juin, Auguste Mudry est nommé membre de la commission de l'équipement national et de la production (travaux publics, mines, forces motrices). Il dépose deux rapports en son nom, dont l'un porte sur loi du 30 novembre 1941, relative à l'aménagement et à l'assainissement des plaines de l'Isère, du Drac et de la Romanche.

L'absence des socialistes et la réduction à quatre listes dans la campagne pour les élections législatives, du 10 novembre 1946, permettent à la liste d'Union des gauches, Cot-Mudry, de progresser de plus de 10 000 suffrages. Elle obtient 46 067 voix, sur 142 910 inscrits et 99 982 exprimés, soit 46,1 % de ces derniers. Les deux têtes de liste sont réélues sans difficulté. Auguste Mudry entre alors à la commission de la défense nationale, où il ne reste qu'un an, et à la commission de la production industrielle pour toute la législature. Cette dernière le désigne pour faire partie de la sous-commission chargée de suivre et d'apprécier la gestion des entreprises nationalisées et des sociétés d'économie mixte en mars 1950. Il est enfin désigné comme juré à la Haute Cour de justice, le 27 décembre 1946. Il s'affirme alors à l'Assemblée, déposant de nombreux rapports au nom des commissions auxquelles il appartient ou des propositions de résolution. Il se fait un défenseur actif des intérêts de sa région, s'intéressant surtout aux problèmes de la production de l'électricité et aux grands travaux d'aménagement. Il dépose ainsi, le 21 juillet 1949, une proposition de résolution invitant le gouvernement à prendre des dispositions pour favoriser la percée d'un tunnel routier sous le Fréjus, afin d'assurer une liaison rapide entre la France et l'Italie. Mais, député communiste, il n'oublie pas de demander des mesures contre les trusts. Il est très présent dans certaines discussions à la tribune, notamment sur les questions d'énergie et sur les questions agricoles dans les zones de montagne.

Auguste Mudry renforce sa position sociale en étant élu maire de Bellentre, le 31 octobre 1947. Il garde ce mandat jusqu'à son décès.

Aux législatives du 17 juin 1951, Pierre Cot se présente dans la deuxième circonscription du Rhône, Auguste Mudry, député sortant, conduit donc la liste « d'Union républicaine, résistante et antifasciste pour l'indépendance nationale, le pain, la liberté et la paix, présentée par le Parti communiste français et l'Union des républicain progressistes ». Elle comprend par ailleurs un professeur, Calixte Salvador, et un cultivateur, Raymond Girard. En dépit du départ de Pierre Cot, qui vient soutenir ses anciens colistiers à plusieurs reprises, la liste communiste maintien son influence. Elle rassemble 32 707 voix en moyenne (32 933 pour Auguste Mudry), sur 140 582 inscrits et 102 986 exprimés. Mais, un apparentement emporte la majorité absolue et se voit attribuer tous les sièges. Il rassemble trois listes : tout d'abord la SFIO, unie aux Radicaux-socialistes et au RGR ; ensuite une alliance du MRP avec les Républicains démocrates de Joseph Fontenet ; enfin la liste Delachenal. Cet apparentement n'exclut que les communistes et le RPF. Ses trois élus sont les indépendants Joseph Delachenal, Robert Barbier et l'ancien député socialiste Louis Sibué. Ce dernier retrouve un siège avec 13 734 voix seulement, soit 13 % des exprimés, alors que la liste communiste avec 31,8 % des exprimés n'a pas d'élu.

Auguste Mudry a perdu sa place à l'Assemblée, mais, toujours secrétaire de la fédération communiste, il poursuit son travail d'implantation locale. En octobre 1951, il gagne le siège de conseiller général du canton d'Aiguebelle, qu'il conserve jusqu'en mars 1970. Réélu à l'Assemblée départementale en avril 1958 et 1964, il est en effet battu à ce dernier scrutin par le socialiste Perrier, qui l'emporte par 1 142 suffrages, contre 1 070 à Auguste Mudry. Il est aussi candidat au conseil de la République en mars 1952, obtenant 143 voix au premier tour et 108 au second, sur 740 inscrits et 728 exprimés. Il exerce alors l'activité de permanent de la fédération de la Savoie du Parti communiste.

Après la dissolution de l'Assemblée nationale par Edgar Faure, Auguste Mudry, toujours secrétaire fédéral du PCF, conduit une nouvelle fois la liste du Parti communiste français aux législatives du 2 janvier 1956. Celle-ci, avec 30 552 suffrages sur 150 114 inscrits et 114 571 exprimés, perd deux mille voix en moyenne et près de 5 % des voix (26,7 % contre 31,6 %). Trois apparentements fractionnent les adversaires des communistes, le premier entre les listes de la gauche non communiste (SFIO, Radicaux-socialistes, RGR, UDSR), le second réunit les listes situées à leur droite (MRP, CNI, Républicains sociaux), le dernier deux listes poujadistes. Aucun n'emporte la majorité absolue et les sièges sont répartis à la proportionnelle. Auguste Mudry est réélu, ainsi que Joseph Delachenal et Joseph Fontanet qui entre au Parlement. Le député communiste retrouve sa place à la commission de la production industrielle durant toute la législature et entre à la commission des territoires d'Outre-mer le 31 janvier 1956. Il ne dépose aucun texte mais est présent à la tribune lors de nombreuses interventions, notamment sur la défense des sinistrés des inondations de juin 1957.

Avec son groupe il s'oppose au retour du général de Gaulle (scrutins des 1er et 2 juin 1958)

Auguste Mudry est battu aux élections législatives de novembre 1958 dans la première circonscription de la Savoie (Aix-les-Bains et partie de Chambéry). Alors que la liste communiste avait obtenu dans les limites de cette circonscription 11 319 voix en 1956, Auguste Mudry n'en rassemble que 7 118 deux ans plus tard et Joseph Delachenal l'emporte dès le premier tour avec 21 092 suffrages. L'ancien député communiste, redevenu permanent du parti, se représente sans plus de succès à la députation en 1962, 1967 et 1968, ainsi qu'à une partielle le 19 octobre 1969, et enfin aux sénatoriales du 26 avril 1959. En mars 1973, il ne représente plus son parti pour la première fois dans la circonscription et décède peu après, le 6 mai 1973. Il est enterré lors d'une cérémonie civile.

Chevalier de la Légion d'honneur, Auguste Mudry s'est vu aussi décerner la Croix de guerre 1939-1945 et la médaille de la Résistance.



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