Paul Béchard

1899 - 1982

Informations générales
  • Né le 25 décembre 1899 à Alès (Gard - France)
  • Décédé le 26 avril 1982 à Montpellier (Hérault - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Gard
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 12 décembre 1948
Département
Gard
Groupe
Socialiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 7 août 1955
Département
Gard
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 30 novembre 1958 au 9 octobre 1962
Département
Gard
Groupe
Socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 25 novembre 1962 au 2 avril 1967
Département
Gard
Groupe
Socialiste

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1955 au 1er janvier 1958

Biographies



Né le 25 décembre 1899 à Alès (Gard)

Décédé le 26 avril 1982 à Montpellier (Hérault)

Membre de la Première Assemblée Nationale Constituante (Gard)

Député du Gard de 1946 à 1948, et de 1951 à 1955

Sénateur du Gard de 1955 à 1958

Sous-Secrétaire d'Etat à l'armement du 16 décembre 1946 au 22 janvier 1947

Secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil du 9 mai au 22 octobre 1947

Secrétaire d'Etat aux Forces armées du 24 novembre 1947 au 27 janvier 1948

Après l'obtention de sa licence ès sciences, Paul Béchard entre à l'école militaire de Saint-Cyr, et en sort major de sa promotion.

Engagé volontaire au cours de la guerre de 1914-1918, il est deux fois blessé en 1918. Il est décoré de la Croix de guerre.

En 1920 il quitte l'armée pour suivre les cours de l'Institut électrotechnique de Grenoble, d'où il sort ingénieur diplômé ; il devient alors industriel.

Il adhère à la SFIO en 1927, et se porte candidat sans succès aux élections législatives de 1928 dans l'arrondissement de Florac (Lozère).

Mobilisé en 1939 comme lieutenant-colonel d'infanterie coloniale, il entre dans la Résistance en 1941, et s'engage à la Libération dans la première Armée. Démobilisé en août 1945, il est décoré de la Croix de guerre, de la médaille de la Résistance et de la médaille de la Liberté décernée par les Etats-Unis.

Après-guerre, il entreprend une carrière politique : il est élu conseiller général (septembre 1945), puis maire d'Alès (octobre 1947), et député du Gard à la première Assemblée Constituante, en deuxième position sur la liste commune SFIO-UDSR, qui remporte 56 494 suffrages sur 183 020 exprimés ; Paul Béchard est alors élu à la plus forte moyenne. Membre des commissions des moyens de communication et de l'équipement national, il intervient sur la nationalisation de l'électricité et du gaz.

Il est ensuite candidat en deuxième position sur la liste SFIO lors des élections à la seconde Constituante, mais n'est pas réélu.

En revanche, il siège à l'Assemblée nationale élue le 10 novembre 1946 : il est alors le seul élu de la liste SFIO qui recueille 40 283 suffrages sur 179 647 exprimés. Membre du groupe de la SFIO, il siège aux commissions de la défense nationale, et de la production industrielle. Il est alors nommé Sous-secrétaire d'Etat à l'armement dans le cabinet de transition que Léon Blum accepte de diriger jusqu'à la mise en place des institutions, du 17 décembre 1946 au 22 janvier 1947.

Puis Paul Ramadier fait appel à lui comme Secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil, du 9 mai au 22 octobre 1947. Il participe à ce titre à la discussion des budgets de la présidence du Conseil, des services de la défense nationale et de la radiodiffusion française. Nommé Secrétaire d'Etat aux forces armées dans le cabinet Robert Schuman, constitué le 24 novembre 1947, il est nommé dès le 27 janvier 1948 Commissaire de la République en AOF, fonction qu'il occupe jusqu'en mai 1951.

Démissionnaire de son mandat de député le 2 décembre 1948, il est, le 3 décembre, élevé au rang de Gouverneur général des colonies. Le 28 février 1949, il est promu Grand officier de la Légion d'honneur.

A son retour en métropole, il est réélu député du Gard le 17 juin 1951. Il conduit la liste SFIO qui a deux élus ; lui-même obtient 36 890 voix sur 179 619 suffrages exprimés. Il rejoint le groupe socialiste de l'Assemblée nationale, et siège aux commissions des TOM, et de la défense nationale.

Il prend part aux discussions sur les dépenses des services civils d'outre-mer pour 1953, et sur les conditions d'éligibilité de certains fonctionnaires d'outre-mer.

Le 19 juin 1955, il se présente comme candidat isolé au Conseil de la République dans le Gard ; il est élu au deuxième tour avec 487 voix sur 938 suffrages exprimés.

D'abord apparenté au groupe socialiste, il en est membre à part entière à partir de 1957 ; il siège aux commissions de la France d'outre-mer, et de la reconstruction.

Il prend part aux grands débats portant sur l'outre-mer : projet de loi-cadre de 1956, réformes politiques dans les TOM, attributions et fonctionnement des conseils de gouvernement et des assemblées territoriales de l'AOF et de l'AEF, définition des services de l'Etat et organisation des services publics civils dans les TOM, attributions du conseil de gouvernement et de l'assemblée représentative de Madagascar.

Les 2 et 3 juin 1958, il vote contre les pleins pouvoirs et contre la révision constitutionnelle.

Parallèlement à ses mandats nationaux, Paul Béchard est réélu maire d'Alès en 1953 ; il avait démissionné de ce mandat acquis en 1947 lors de sa nomination en AOF en janvier 1948.

Conseiller général d'Alès-Est de 1945 à 1951, il est élu conseiller général de Pont-Saint-Esprit en février 1958. En mars 1958, ces fonctions locales lui valent d'être nommé membre du Haut conseil de l'aménagement du territoire.



BÉCHARD (Paul)
Né le 25 décembre 1899 à Alès (Gard)
Décédé le 26 avril 1982 à Montpellier (Hérault)

Député du Gard de 1958 à 1967

En juin 1958, le député du Gard Paul Béchard se prononce contre les pleins pouvoirs et contre la révision constitutionnelle. Bien implanté dans son département et reconnu pour ses nombreuses activités politiques assumées sous la IVème République, il n’hésite pas à se présenter à nouveau devant ses électeurs, toujours sous l’étiquette socialiste. La circulaire du Comité électoral insiste d’ailleurs sur son « passé socialiste et républicain absolument irréprochable », son action dans la Résistance, ses mandats de député et sénateur, ses quatre postes de ministre, sa fonction de gouverneur général de la France d’outre-mer et son engagement local à la tête de la mairie d’Alès. Au premier tour, le député sortant est placé en tête du premier tour avec quelques centaines de voix d’avance sur l’UNR Georges Etienne (31,7% des suffrages contre 30,1%). Mais il dispose d’une large réserve de voix car le candidat communiste qui a obtenu un score de 27% se retire en sa faveur. Ce désistement permet à Paul Béchard d’être réélu confortablement au deuxième tour (53,8% des suffrages) face au candidat de droite – malgré une campagne qu’il qualifie lui-même « d’ignoble » et qui l’a d’ailleurs conduit à poursuivre ses adversaires gaullistes devant un tribunal correctionnel pour diffamation.
À son retour au Palais-Bourbon, le député du Gard est nommé membre de la Commission de la défense nationale et des forces armées ainsi que membre du Sénat de la Communauté. Il intervient à trois reprises en séance publique au cours de la législature, toujours pour défendre les intérêts de son département. Ainsi, en octobre 1960, il prend part au débat sur la question orale du député Paul Godonnèche (Puy-de-Dôme) relative aux conséquences du plan d’assainissement de l’industrie charbonnière pour promouvoir la reconversion des bassins miniers du bassin des Cévennes où le charbon ne peut plus être extrait à un prix compétitif. Le mois suivant, il interpelle ses collègues sur les mesures d’urgence à prendre face aux dommages causés par les inondations dans les communes ardéchoises et gardoises. Enfin, en juin 1962, il prend la parole en faveur des victimes, nombreuses dans sa région, de la crise bonnetière.
Lors des grands scrutins nationaux, le député du Gard s’oppose au programme du gouvernement Debré (16 janvier 1959), au nouveau règlement de l’Assemblée nationale auquel il reproche de limiter les possibilités d’expression des élus de la Nation (3 juin 1959), à la loi Debré sur le financement de l’enseignement privé (23 décembre 1959), aux pouvoirs spéciaux au gouvernement pour ramener l’ordre en Algérie après la semaine des barricades (2 février 1960) ainsi qu’à la levée de l’immunité de Georges Bidault le 5 juillet 1962. Il vote la motion de censure du 4 octobre 1962. En revanche, alors que de Gaulle a évoqué l’autodétermination de l’Algérie en septembre 1959, le 15 octobre suivant, il se prononce en faveur de la déclaration de politique générale du Premier ministre.
Toujours solidement implanté localement, le maire d’Alès se porte candidat au renouvellement de son mandat en 1962 sous la bannière de la SFIO. Mais c’est d’un lit d’hôpital, où il se remet d’un accident qui l’a grièvement blessé un mois auparavant, que Paul Béchard doit mobiliser ses électeurs. Le scénario de l’élection est sensiblement le même qu’en 1958 : au premier tour, le député sortant devance légèrement le candidat de droite (34,9% des suffrages contre 30,4%) mais les voix attribuées au candidat communiste (31,8%) qui se désiste en sa faveur lui permettent de remporter largement le second tour (63,0% des suffrages exprimés).
À son retour à l’Assemblée, le député du Gard retrouve les rangs de la Commission de la défense nationale et des forces armées ainsi que le groupe socialiste. Son activité parlementaire est cependant limitée puisque au cours de cette législature, Paul Béchard n’a pas pris la parole en séance publique. En revanche, il s’oppose avec constance à l’exécutif en particulier en votant contre la ratification du traité de l’Elysée (13 juin 1963), contre le projet de loi relatif à certaines modalités de grèves dans les services publics (26 juillet 1963), contre la réforme du mode d’élection des conseillers municipaux (17 juin 1964) et contre la réforme du service national (26 mai 1965).
En 1967, Paul Béchard se présente une dernière fois face aux électeurs du Gard. S’il recueille 32,9% des suffrages au premier tour, le député sortant est largement devancé par le candidat communiste Gilbert Millet (39,5%). La droite, représentée par André Villeneuve, a obtenu de son côté 24,3% des voix. Or, dans le cadre d’une triangulaire, l’ancien ministre se voit infliger une défaite très sévère puisqu’il est placé en dernière position, loin derrière Gilbert Millet élu à une large majorité (61,2%). Il décide alors de se retirer de la scène nationale.
En effet, parallèlement à ses mandats de député, Paul Béchard a conservé une forte implantation locale. En 1958, il a renouvelé son mandat municipal à Alès dont il a été le maire de 1947 à 1948 et depuis 1953. Il restera à la tête de la ville jusqu’en 1965. Par ailleurs, il a été élu conseiller général de Pont-Saint-Esprit en février 1958. À partir de 1962, il est élevé à la présidence du Conseil général du Gard. En 1973, date de sa rupture avec le Parti socialiste en raison de son opposition à la signature du programme commun, il abandonne également ses responsabilités locales.
Paul Béchard est décédé le 26 avril 1982 à Montpellier. Il était grand officier de la Légion d’honneur et décoré des croix de guerres 1914-1918 et 1939-1945 et de la médaille de la Résistance.

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