Charles Naveau

1903 - 1981

Informations générales
  • Né le 1er juillet 1903 à Ramousies (Nord - France)
  • Décédé le 24 août 1981 à Ramousies (Nord - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 12 mars 1967 au 30 mai 1968
Département
Nord
Groupe
Fédération de la gauche démocrate et socialiste
Régime politique
Cinquième République - Assemblée nationale
Législature
Ve législature
Mandat
Du 11 mars 1973 au 2 avril 1978
Département
Nord
Groupe
Parti socialiste et radicaux de gauche

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 1er janvier 1959 au 1er janvier 1967

Biographies

Biographie de la Ve République

NAVEAU (Charles, Edouard)
Né le 14 juillet 1903 à Ramousies (Nord)
Décédé le 24 août 1981 à Ramousies

Député du Nord de 1967 à 1968 et de 1973 à 1978

Agriculteur d’origine, Charles Naveau cumule progressivement sous la Ve République des responsabilités départementales (il est conseiller général du Nord depuis 1937), nationales (membre du premier Conseil de la République à partir de 1948 et réélu sénateur en 1952, 1958, 1959 et 1965), locales (maire de Sains-du-Nord à partir de 1951) et européennes (membre du parlement européen de 1965 à 1967). Ces nombreux mandats ne l’empêchent pas de participer activement à la vie agricole associative en étant président de la société des agriculteurs du Nord, de la caisse de crédit agricole, de la coopérative de blé d’Avesnes-sur-Helpe ainsi que de la société coopérative d’Etrœungt.
En juin 1958, après avoir voté les pleins pouvoirs en tant que sénateur, Charles Naveau retrouve son siège au Palais du Luxembourg. En novembre de la même année, il se présente aux premières élections législatives de la Ve République dans la 21ème circonscription du Nord. C’est un échec pour le candidat socialiste pourtant arrivé en tête au premier tour avec 28,5% des voix, Charles Naveau, devant Pierre Larivière, candidat de l’Union des républicains (23,7%), celui de l’Union pour la nouvelle République (UNR), Arthur Moulin (21,2%), le communiste Fernand Pécheux (20%) et le représentant du Centre de réforme républicaine, le gaulliste de gauche Jacques Loriau (6,4%). Seul ce dernier ne se maintient pas au second tour au terme duquel est élu Arthur Moulin avec 31,7% des voix talonné par Charles Naveau (28,7%), Pierre Larivière (20%) et Fernand Pécheux (19,4 %).
Aux élections législatives de 1962, c’est André Courtin qui est le candidat de la SFIO aux élections législatives. Celui-ci se place en troisième position derrière le communiste Marcel Ulrici et le député sortant UNR Arthur Moulin qui l’emporte avec plus de 59% des voix au second tour face à son adversaire du PCF.
En 1967, Charles Naveau décide de solliciter une nouvelle fois un mandat de député sous la bannière de la SFIO. Il affronte trois autres candidats : le député sortant gaulliste Arthur Moulin placé en tête du premier tour (42,8%) ; Marceau Gauthier pour le parti communiste (24,3%) ; et le candidat du Centre démocrate Gérard Gobert (5,6%). Charles Naveau recueille 26,6% des voix, grâce surtout aux résultats des deux cantons d’Avesnes-sur-Helpe (Nord et Sud). Au second tour, le socialiste qui profite du report des voix du candidat communiste, se veut confiant : mathématiquement, il doit battre le candidat d’une droite qui représente, à ses yeux, un « nationalisme périmé ». Pourtant, le maire de Sains-du-Nord n’ignore pas que le scrutin est ouvert, le candidat gaulliste profitant quant à lui des voix du candidat du Centre démocrate. Dans ces conditions, il appelle ses partisans (jeunes, anciens combattants, herbagers, ouvriers, fonctionnaires et petits artisans) à se mobiliser. De fait, la participation est élevée puisque 87,6% des inscrits se déplacent pour voter. Le résultat est serré, moins de cinq cents voix séparant les deux candidats : 49,3% des suffrages pour Arthur Moulin contre 50,7% pour Charles Naveau qui est élu.
A son arrivée au Palais Bourbon, Charles Naveau rejoint le groupe de la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS). Il est nommé membre de la Commission de la production et des échanges. Par ailleurs, il est aussi membre de la commission plénière de contrôle du conseil d'administration de la caisse nationale de crédit agricole. En outre, il est élu représentant de la France au Parlement européen le 24 mai 1965.
Au cours d’un mandat écourté par la dissolution du 30 mai 1968, Charles Naveau prend deux fois la parole. Lors d’une question orale concernant l’emploi le 26 mai 1967, il déplore le fort taux de chômage dans sa région et s’interroge sur les moyens d’y implanter de nouvelles usines Par ailleurs, il soulève la question du statut des travailleuses familiales à l’occasion d’une question orale sans débat au ministre des affaires sociales le 17 mai 1968. Enfin, Charles Naveau vote deux motions de censure sur les pouvoirs spéciaux attribués au gouvernement qui ne recueillent que 236 voix au lieu des 244 nécessaires pour être adoptées (20 mai et 9 juin 1967).
La vague gaulliste aux élections législatives de juin 1968 lui fait perdre son siège dès le premier tour. En effet, c’est le gaulliste Arthur Moulin qui remporte le siège avec 50,1% des suffrages contre 24,5% pour Charles Naveau, 22% pour le communiste Marceau Gauthier et 3,3% pour Simonne Raux du PSU.
Le maire de Sains-du-Nord retrouve son adversaire gaulliste aux élections législatives de 1973. Au cours de la campagne, le candidat de la FGDS déclare défendre une politique sociale ambitieuse (augmentation de salaire, semaine de travail à 40 heures, retraite à 60 ans) en rupture avec quinze ans d’un pouvoir de droite qui confond trop, à ses yeux, « les intérêts de l’Etat et de la France avec les siens ». Il dénonce en particulier le gaspillage de l’argent public dans des opérations de prestige (le Concorde, La Villette), les privilèges et les monopoles du « grand capitalisme », « l’affairisme triomphant de la république des banquiers » et la mise en veilleuse du Parlement. Ces propos ne parviennent à convaincre que 26,6% des électeurs qui placent Charles Naveau en seconde position du premier tour loin derrière le gaulliste Arthur Moulin (39%) et presque à égalité avec le communiste Marceau Gauthier (26,5%). Les deux autres candidats, le radical socialiste Michel Gerekens et Jean-Claude Canoine qui se réclame de la Majorité présidentielle de soutien au président de la République, recueillent respectivement 6,9% et 1% des suffrages exprimés. L’entre-deux-tours connaît quelques tensions signalées par Charles Naveau dans circulaire, mettant par ailleurs l’accent sur le retour des industries dans une région industrielle sinistrée et sur les conditions de vie des personnes âgées. Grâce aux 18 000 voix qui se portent sur son nom au second tour (soit 52,7% des voix) contre 16 147 sur celui du député sortant, Charles Naveau retrouve son siège de député. Le socialiste a donc bénéficié d’un très bon report de voix du candidat du parti communiste. Le taux de participation est plutôt élevé au premier comme au second tour avec respectivement 86,9% et 88,3% de votants.
A son retour à l’Assemblée, Charles Naveau rejoint ses collègues sur les bancs des socialistes et siège successivement dans trois commissions parlementaires : celle la production et des échanges (de 1973 à 1976), celle des affaires culturelles, familiales et sociales en avril 1977, dont il démissionne le même mois pour siéger à la Commission de la défense nationale. L’essentiel de ses sept interventions à l'Assemblée nationale concerne des questions touchant à l’agriculture et au chômage dans sa région. Ainsi, dans une question au gouvernement le 16 juin 1976, il s’inquiète des conséquences de la sécheresse de l’été 1976 sur le revenu agricole. Lors de l’examen du projet de loi de finances pour 1976, le député du Nord se présente, le 5 novembre 1975, comme un représentant des régions herbagères et laitières. Il dénonce les faibles revenus des herbagers malgré un dur labeur et une vie de travail : « Ce sont des journées de dix à douze heures. Pas de dimanche, pas de week-end, aucune possibilité de partir en vacances, mais une présence, une surveillance continuelle ! ». Cette situation risque d’accroître la désertion des campagnes, s’inquiète Charles Naveau, pour qui les primes accordées aux agriculteurs sont insuffisantes. En juin 1977, dans une question au gouvernement, il se préoccupe encore de la baisse du pouvoir d'achat des producteurs liée à l’application de la taxe de coresponsabilité pour les producteurs de lait. Enfin, il interpelle à trois reprises le gouvernement dans une question orale sans débat, le 7 décembre 1973, et dans deux questions au gouvernement, le 5 novembre 1975 et le 7 décembre 1977, sur la situation de l’emploi dans la région d’Avesnes où le chômage se développe au cours de la mandature. Par ailleurs, il vote à trois reprises contre la déclaration de politique générale du gouvernement (gouvernements de Pierre Messmer, le 12 avril 1973 ; de Jacques Chirac, le 6 juin 1974 ; de Raymond Barre, le 28 avril 1977). De la même façon, il se prononce, le 16 octobre 1973, contre la réduction du mandat présidentiel à 5 ans et contre l'extension de la saisine du Conseil constitutionnel (10 octobre 1974). En revanche, il soutient la légalisation de l'interruption volontaire de grossesse le 28 novembre 1974 tout comme la création du divorce par consentement mutuel le 4 juin 1975 ou l’élection des membres de l’Assemblée des communautés européennes au suffrage universel le 21 juin 1977.
En 1978, Charles Naveau se présente une sixième et dernière fois aux élections législative dans la 21ème circonscription du Nord. N’ayant recueilli que 26,7% des voix au premier tour, il laisse le communiste Marceau Gauthier (30% des suffrages) affronter seul au second tour le candidat RPR, Christian Lefebvre (21,8%). Ce désistement permet à la gauche de l’emporter au second : Marceau Gauthier est élu avec 52,1% des suffrages exprimés.
Le 24 août 1981, Charles Naveau décède dans sa commune natale. Il était chevalier de la Légion d'honneur, décoré de la croix de guerre 1939-45, officier des Palmes académique et officier du mérite agricole.

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