Gustave, Jean, Marie Pédoya

1838 - 1938

Informations générales
  • Né le 29 novembre 1838 à Pamiers (Ariège - France)
  • Décédé le 4 novembre 1938 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 19 décembre 1909 au 31 mai 1910
Département
Ariège
Groupe
Gauche radicale-socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Ariège
Groupe
Républicains radicaux-socialistes
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 7 décembre 1919
Département
Ariège
Groupe
Parti républicain radical et radical socialiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 29 novembre 1838 à Pamiers (Ariège), mort à Paris le 4 novembre 1938.

Député de l'Ariège de 1909 à 1919.

Gustave Pedoya, après avoir fait des études secondaires au collège de Pamiers, puis à celui de Toulouse, entre à Saint-Cyr en 1857. En 1859, il rejoint comme sous-lieutenant l'armée d'Italie. En 1863, il est nommé pour suivre les cours de l'Ecole normale de tir à Vincennes et y obtient une médaille d'or. Il s'intéresse particulièrement à la balistique et préconise dans un mémoire l'emploi de la cartouche métallique et celui des armes à petit calibre se chargeant par la culasse. Il est nommé lieutenant en 1866. Pendant la guerre de 1870, il prend part aux combats de Wissembourg et de Reichshoffen où il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Plus tard, il participe à la défense de Bazeilles. Fait prisonnier à Sedan, il est promu capitaine pendant sa captivité. De 1871 à 1876, il est en Algérie dans le Hodna. Nommé chef de bataillon en 1876, il fait partie de l'armée d'occupation en Tunisie où il se livre à des travaux de colonisation et d'archéologie. Il fait effectuer des fouilles qui aboutissent à la découverte de monuments et au tracé de la ville romaine de Thelepte. Il adresse à la Société d'archéologie un mémoire qui est imprimé aux frais de l'Etat. Rentré en France en 1884, il est nommé membre de la commission chargée d'élaborer un nouveau règlement sur le service en campagne. Il est nommé lieutenant-colonel en 1885, colonel en 1889, général de brigade en 1893, il fait alors partie de l'armée des Alpes. Nommé général de division en 1898, il commande successivement la division de Saint-Etienne puis celle d'Alger au moment du conflit avec l'Angleterre. Une fois le conflit écarté, il poursuit, comme préfet du territoire de commandement, l'œuvre de colonisation de la France. Il développe les caisses de prévoyance et s'efforce d'améliorer les méthodes d'instruction et la situation du corps enseignant. Rappelé en France à la suite de l'expédition du Tidikelt, il est nommé peu de temps après au commandement du 16e corps d'armée de Montpellier. A ce titre, il dirige les grandes manœuvres de 1902. Atteint par la limite d'âge en 1903, il consacre ses loisirs à répandre ses idées sur les questions militaires, collabore à des journaux et publie plusieurs ouvrages Etude sur la formation de combat (1880), Recueil de principes de tactique (1895), etc... En 1908, il engage contre le général allemand von Polet-Narbonne qui avait insulté l'armée et la nation françaises, une polémique qui a un grand retentissement.

Le 1er février 1909, il emporte, au second tour, à une élection partielle, le siège laissé vacant dans son arrondissement natal par le décès d'Albert Tournier. Il obtient, en effet, sur 24.346 inscrits et 14.578 votants, 10.696 voix contre 3.191 à Deniau. Au premier tour, il a obtenu sur 24.309 inscrits et 16.735 votants, 7.649 voix contre 6.218 à Soula.

Il s'intéresse naturellement aux problèmes militaires.

Il retrouve son siège le 8 mai 1910 au second tour des élections générales en obtenant 9.487 voix contre 8.864 à de Seynes sur 24.661 inscrits et 17.932 votants. Au premier tour il a remporté 8.147 suffrages contre 6.716 à son adversaire sur 24.661 inscrits et 17.932 votants. Inscrit au groupe des républicains radicaux-socialistes, il est à nouveau membre de la commission de l'armée ; il dépose une série de propositions de loi : sur les pensions de retraite militaire, sur l'avancement des officiers de l'armée active, sur l'attribution des congés pour les moissons, sur les statuts des sous-officiers.

Il intervient fréquemment en séance publique notamment à propos de la discussion du budget de l'exercice 1911.

En 1911 également, il intervient dans la discussion d'interpellations sur l'organisation du haut commandement en cas de guerre. Il se fait entendre dans tous les débats budgétaires à propos des crédits du ministère de la Guerre, interpelle le gouvernement à nouveau sur l'organisation du haut commandement et demande son adaptation aux nécessités de la vie moderne (1912). En 1913, il combat la loi de trois ans présentée par A. Briand, à laquelle il préfère une plus complète réorganisation des réserves, de leur encadrement et de leur instruction.

Il est réélu le 10 mai 1914 au second tour des élections générales après avoir obtenu 9.924 voix contre 8.994 à de Seynes sur 23.508 inscrits et 18.413 votants. Au premier tour, c'est de Seynes qui venait en tête avec 7.388 voix alors qu'il ne réunissait que 7.350 voix sur 22.511 inscrits et 17.186 votants.

Inscrit au groupe du parti républicain-radical et radical-socialiste, il fait partie non seulement de la commission de l'armée dont il est élu président mais également de celle de la marine. Le jour de la déclaration de guerre, il demande et obtient, malgré son âge (76 ans), un commandement sur le front, mais dès le lendemain, le ministre de la Guerre, Messimy, qui avait été son officier d'ordonnance, se souvenant qu'il avait appartenu à l'armée des Alpes en 1893, le prie d'aller prendre le gouvernement de Grenoble et de toutes les places en dépendant; mais après le ralliement de l'Italie, son rôle n'ayant plus la même utilité, il demande à être relevé de son poste pour se consacrer entièrement à la présidence de la commission de l'armée. A ce titre, il visite toutes les usines travaillant pour la défense nationale, en France, en Angleterre et en Italie. Très alerte malgré ses 80 ans, il se rend fréquemment dans les tranchées de première ligne à Verdun, dans l'Aisne, en Argonne, dans la Somme. Malgré ses nombreux déplacements, il continue de participer d'une manière très active, à la vie parlementaire.

En 1919, âgé de 81 ans, il ne se représente pas aux élections. Il meurt le 4 novembre 1938 à Paris, vingt-cinq jours plus tard il aurait fêté son centenaire.

Les fonctions honorifiques et les distinctions dont était titulaire le général Pedoya étaient nombreuses : il était président de la solidarité militaire, société d'appui mutuel des anciens rengagés et des sociétés de préparation militaire, membre du comité directeur de la Société d'histoire de la révolution de 1848 et de la commission des œuvres de la Ligue française de l'enseignement, commandeur de la Légion d'honneur, décoré de la médaille de 1870-1871, officier de l'Instruction publique et du Mérite agricole, décoré de la Médaille coloniale avec agrafes Algérie et Tunisie, grand-croix du mérite militaire d'Espagne et possédait de nombreuses décorations étrangères.