René, Théodore Peeters

1898 - 1979

Informations générales
  • Né le 18 août 1898 à Nancy (Meurthe - France)
  • Décédé le 17 juin 1979 à Nancy (Meurthe-et-Moselle - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Socialiste
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Meurthe-et-Moselle
Groupe
Socialiste

Biographies

Biographie de la IVe République

PEETERS (René, Théodore)
Né le 18 août 1898 à Nancy (Meurthe-et-Moselle)
Décédé le 17 juin 1979 à Nancy

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Meurthe-et-Moselle)

René Peeters est issu d’une famille modeste de Nancy. Son père, ouvrier typographe d'origine belge, meurt précocement en 1909, tandis que sa mère est employée à la SEITA. Le jeune René Peeters devient ajusteur sur métaux et s'engage volontairement dans la marine en 1916, pour trois ans. Une fois marié, il obtient son certificat d’études, en même temps que sa fille aînée.
De retour de la première guerre mondiale, René Peeters se lance dans l'action syndicale, d'abord à la Fédération des métaux puis, à partir de 1925, comme employé de la Manufacture des tabacs de Nancy, à la SEITA. Il est secrétaire du syndicat des tabacs, affilié à la CGT, de 1933 à 1939. En 1925, il adhère au parti socialiste, dont il devient le secrétaire pour la fédération de Meurthe-et-Moselle, puis le trésorier fédéral adjoint à partir de 1936. Il travaille quelque temps avec Léon Blum. A Nancy, il consacre aussi une partie de son temps à l'orphelinat et à la maison de retraite des tabacs dont il est le trésorier.
Lorsque survient la guerre, René Peeters s'engage activement dans la résistance. Sous le pseudonyme de Duchemin, il est responsable du réseau Libération-Nord en zone interdite durant l'Occupation. Il est aussi président du Comité départemental de libération de la Meurthe-et-Moselle, de 1943 à 1945, et responsable régional de la CGT clandestine. Son action courageuse lui vaut d'être fait Compagnon de la Libération et chevalier de Légion d'honneur et de recevoir la médaille militaire, ainsi que la Croix de guerre avec palmes (pour chacune des deux guerres), ainsi que la médaille de la résistance.
Il est aussi nommé délégué à l'Assemblée consultative provisoire à Paris du 7 novembre 1944 au 5 novembre 1945 ; il siège à la commission du travail et des affaires sociales et à celle de l'Alsace – Lorraine. Fort de ses remarquables états de services, il se présente aux suffrages de ses concitoyens, le 21 octobre 1945, en tête de la liste socialiste de Meurthe-et-Moselle, pour les élections à l'Assemblée nationale constituante. Sa liste, qui doit affronter des candidatures aussi prestigieuses que celles de Maurice Kriegel-Valrimont (communiste), de Louis Marin (Union nationale démocratique), et de l'Abbé Pierre (MRP), arrive en tête avec 50 627 des 231 983 suffrages exprimés. Cela permet l'élection de René Peeters au quotient et de son second de liste, Pierre-Olivier Lapie, également délégué à l'Assemblée consultative provisoire, à la plus forte moyenne. Les autres têtes de liste sont également élues.
Au Palais-Bourbon, René Peeters est nommé membre de la commission des affaires économiques, des douanes et des conventions commerciales, et de la commission du travail et de la sécurité sociale. Il dépose deux propositions de loi à caractère social (23 et 25 novembre 1945), un rapport sur les comités d’entreprises (8 avril 1946), suivi d’un rapport supplémentaire sur le même sujet (28 avril 1946). Il vote en faveur de la nationalisation de la Banque de France et des organismes de crédit (2 décembre 1945), et se prononce en faveur du premier projet de constitution (19 avril 1946).
En séance publique, il intervient sur des thèmes liés à la fonction publique : revalorisation des traitements, salaires, conditions de recrutement et retraites des fonctionnaires, statut des délégués du personnel dans les entreprises. Ce projet ayant été rejeté par les Français lors du référendum du 5 mai, de nouvelles élections sont nécessaires pour élire une seconde Assemblée nationale constituante. Devenu secrétaire de la Fédération SFIO de Meurthe-et-Moselle, à la fin de l’année 1945, il revient à René Peeters de conduire à nouveau la liste socialiste pour les élections du 2 juin 1946 dans ce département. Cette liste voit son score stagner, avec 54 263 des 244 662 suffrages exprimés, tandis que la liste du MRP, menée par l’Abbé Pierre, et la liste du Rassemblement républicain de la liberté, conduite par Louis Marin, progressent. Chacune de ces listes obtient un second élu, au détriment notamment de Pierre-Olivier Lapie.
De retour à l'Assemblée nationale, René Peeters retrouve les deux commissions dont il était membre, avant le mois de juin. Il dépose une proposition de loi portant organisation de la sécurité des fonctionnaires. Il est l’auteur, également, d’une proposition de résolution tendant à inviter le Gouvernement à attribuer une indemnité provisoire aux fonctionnaires en attendant la fin des travaux de la commission de reclassement (19 septembre 1946). Au nom de la commission des affaires économiques, des douanes et des conventions commerciales, il dépose un rapport sur la participation française à la foire internationale de Stockholm et l’état des relations économiques entre la France et la Suède (4 octobre 1946). Il intervient à plusieurs reprises sur des sujets sociaux, concernant notamment les conditions de travail des salariés, sur les congés payés des jeunes travailleurs dans les territoires d’Outre-mer (2 août 1946), sur les retraités de l’Etat (11 septembre 1946) et le statut des fonctionnaires. Il se prononce en faveur du nouveau projet de Constitution le 28 septembre 1946, projet qui sera ratifié par référendum le 13 octobre.
René Peeters ne se présente pas aux élections du 10 novembre 1946, et se consacre à ses activités syndicales. Délégué régional de la CGT depuis la Libération, il se prononce en faveur de la scission en 1947 et suit Léon Jouhaux à la CGT – Force ouvrière. Il devient secrétaire de l'Union départementale de FO 1948 à 1959, et membre de la commission exécutive fédérale de Meurthe-et-Moselle. Il est aussi membre du Conseil économique et social en tant que représentant des travailleurs CGT, puis CGT – FO, de 1947 à 1958, et membre du Comité économique et social de Bruxelles. Le syndicaliste autodidacte est aussi l'auteur d'un ouvrage, La résistance ouvrière en Lorraine de 1940 à 1944.
Il meurt le 17 juin 1979 à Vandoeuvre (Meurthe-et-Moselle). Il était le père de deux filles.

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