François, Sampiero, Sébastien, Marie, Jourdan Piétri

1882 - 1966

Informations générales
  • Né le 8 août 1882 à Bastia (Haute-Corse - France)
  • Décédé le 18 août 1966 à Sartène (Corse-du-Sud - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1924 au 31 mai 1928
Département
Corse
Groupe
Républicains de gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 22 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Corse
Groupe
Républicains de gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVe législature
Mandat
Du 1er mai 1932 au 31 mai 1936
Département
Corse
Groupe
Républicains de gauche
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 26 avril 1936 au 31 mai 1942 *
Département
Corse
Groupe
Alliance des républicains de gauche et des radicaux indépendants

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 8 août 1882 à Bastia (Corse).

Député de la Corse de 1924 à 1942. Sous-Secrétaire d'Etat aux Finances du 23 juin au 19 juillet 1926. Ministre des Colonies du 3 novembre au 21 février 1929, du 2 mars au 13 décembre 1930 et du 26 octobre au 26 novembre 1933.

Ministre du Budget du 27 janvier 1931 au 20 février 1932.

Ministre de la Défense nationale du 20 février au 3 juin 1932. Ministre des Finances du 30 janvier au 4 février 2934. Ministre de la Marine du 9 février 1934 au 4 juin 1936.

Fils d'Antoine Piétri, conseiller de préfecture en 1869 et démissionnaire en 1870, et de Claude Gavini, descendant d'un commissaire du Directoire devenu préfet du Golo sous le Premier Empire, arrière-cousin d'un membre de la législative de 1791 et de deux préfets de police nommés sénateurs sous le Second Empire, petitfils d'un membre du Corps législatif, petit-neveu d'un membre des assemblées législatives de 1849 et 1871 et neveu de deux parlementaires de la Corse entre 1889 et 1924, toutes ces références pré destinaient François Piétri à représenter son département au Parlement.

Né à Bastia, il passe son enfance à Alexandrie, en Egypte, où son père exerce les fonctions de conseiller légal du gouvernement égyptien. Poursuivant ses études au collège Stanislas à Paris de 1895 à 1899, il est lauréat du concours général en 1897 et 1898. Licencié ès lettres en 1900, docteur en droit et diplômé des sciences politiques en 1903, il couronne ces très brillantes études en réussissant, en 1906, au concours de l'inspection des finances.

Il est alors chargé de mission en 1909, pendant les troubles viticoles du Midi, puis assume les fonctions de chef adjoint et par la suite de chef de cabinet du président du Conseil, Joseph Caillaux (1911-1912).

En août 1914, il est mobilisé comme sergent au 264e régiment d'infanterie à Nancy. Blessé à Verdun, il accède rapidement aux grades de sous-lieutenant et de lieutenant. En mai 1916, il est évacué de Douaumont et détaché à la poudrerie nationale de Vouges. En août 1917, il est nommé directeur général des finances au Maroc et collabore ainsi pendant sept ans, jusqu'en mai 1924, à l'œuvre immense du maréchal Lyautey, organisant le régime monétaire et le budget du Maroc. Au cours de la même période, récompensée par l'attribution du titre de directeur général honoraire des finances, il participe en tant que délégué technique à la conférence de Tanger en 1922.

Il se consacre alors à l'action politique à laquelle il semblait prédestiné. Aux élections législatives de mai 1924, il est élu député de la Corse à la majorité absolue, avec 23.954 voix, sur la liste d'union républicaine. Nanti déjà d'une solide expérience financière, il est nommé, dès son arrivée au Palais Bourbon, membre de la commission des finances, de celle des pensions, et de la commission chargée d'examiner les projets et propositions de loi relatifs à la mise en valeur de la Corse. Il sera encore par la suite (entre ses mandats ministériels) membre de diverses commissions : affaires étrangères, marchés et spéculations, suffrage universel, Algérie, colonies et protectorats, marine militaire, enfin marine marchande.

Dès son premier mandat parlementaire, plein d'activité, il propose une réforme du régime des pensions, rapporte les budgets des pensions pour 1923 et 1926, prend part aux discussions budgétaires, qu'il s'agisse de ces pensions, de la politique française au Maroc, d'impôts ou de la Corse ; il prend part à la discussion de demandes d'interpellation sur les événements militaires au Maroc ou de projets de loi ayant pour objet de mettre fin à la crise financière en 1925 et 1926.

Joseph Caillaux, dont il a été le chef de cabinet, l'appelle auprès de lui comme sous-secrétaire d'Etat lorsqu'il est lui-même nommé ministre des Finances dans le 10e cabinet Briand, du 28 novembre 1925 au 17 juillet 1926.

Retrouvant son siège après la démission de ce cabinet, il reprend son inlassable activité de parlementaire, intervenant dans la discussion des budgets de 1927 et de 1928 et d'interpellations relatives à la vie chère et à la stabilisation, interpellant lui-même le gouvernement Poincaré sur sa politique monétaire (1928) et présentant un contre-projet au projet et propositions de loi portant rétablissement du scrutin uninominal en 1927.

Ce mode de scrutin lui permet d'ailleurs, le 22 avril 1928, d'être réélu, au premier tour, député de l'arrondissement de Corte, par 8.747 voix contre 4.695 à Giacobbi. Il est à nouveau membre de la commission des finances.

Mais l'essentiel de cette législature sera pour lui occupé par les tâches gouvernementales qui lui seront confiées presque sans interruption de novembre 1929 à mai 1932.

Il est en effet ministre des Colonies des premier et second cabinets Tardieu du 3 novembre au 21 février 1929 et du 2 mars au 13 décembre 1930, puis ministre du Budget des trois premiers cabinets Laval, du 27 janvier 1931 au 16 février 1932, enfin ministre de la Défense nationale du troisième cabinet Tardieu, du 20 février au 3 juin 1932. Il participe ainsi, plus ou moins directement, à toute l'expérience que tente Tardieu pour rétablir la situation économique et financière du pays. Il avait, pendant le même temps, été plénipotentiaire français à la conférence navale de Londres (janvier 1930) et délégué à la conférence du désarmement à Genève (février 1932).

Le premier tour des élections du 1er mai 1932, qui lui permettent de remporter un nouveau succès sur Giacobbi par 7.716 voix contre 5.558, confirme la faveur que lui accorde son île, qui l'a porté en 1931 à la présidence du Conseil général de la Corse. Mais il doit attendre octobre 1933 pour que de nouvelles responsabilités gouvernementales lui soient confiées. Il sera dès lors presque continuellement ministre : ministre des Colonies, à nouveau, dans le 1er cabinet Sarraut, du 26 octobre au 26 novembre 1933, puis ministre des Finances dans le 2e cabinet Daladier, du 30 janvier au 4 février 1934, à la suite de sa démission personnelle ; Doumergue lui confie le ministère de la Marine militaire, qu'il conservera dans le cabinet Flandin, puis sous une dénomination différente puisqu'il s'agit du ministère de la Marine, dans le cabinet Bouisson, dans le 4e cabinet Laval et dans le 2e cabinet Sarraut. Le destin de la marine lui est donc confié pendant plus de deux ans, du 9 février 1934 au 4 juin 1936. Il en profite pour travailler très activement à donner à la France une flotte digne de son empire : il exécute les projets de son prédécesseur, Georges Leygues, renouvelle notre escadre de cuirassés en mettant en chantier, malgré l'opposition du Parlement, le Dunkerque et le Stras bourg qui devaient être suivis du Richelieu et du Jean Bart. Il exerce en outre, de juin à juillet 1934, pendant une longue absence du ministre Barthou, l'intérim des Affaires étrangères. Le 4 juin 1935, le président Albert Lebrun le charge de constituer le cabinet après l'échec du cabinet Bouisson mais il est contraint d'y renoncer.

S'il remporte, le 26 avril 1936, un nouveau succès électoral en étant réélu au premier tour avec 7.581 voix contre 4.635 à Casalta, l'avènement d'une majorité de front populaire l'écarte des allées du pouvoir. Il se consacre alors à de multiples activités parlementaires. Son expérience ministérielle l'appelle aux commissions de la marine marchande et militaire, des finances, du suffrage universel ; aux sous-commissions de la défense nationale et de la marine nationale où il est réélu à l'unanimité après en avoir démissionné (1939). Il prend part aux discussions des budgets pour 1937, 1938 et 1939, des projets de loi financiers en 1936, 1937, d'interpellations sur la défense nationale (1937), d'un projet de loi visant à créer une école nationale d'administration (1938).

Après la déclaration de guerre, il est nommé commissaire rapporteur en Corse (novembre 1939, avril et mai 1940) puis délégué parlementaire auprès du président de la République à Bordeaux (20 juin 1940).

Le 10 juillet 1940, au Congrès de Vichy, il accorde au maréchal Pétain les pouvoirs constituants.

Cette carrière très remplie d'administrateur local, de haut fonctionnaire, de diplomate et de membre du gouvernement ne saurait cependant suffire à définir François Piétri. Ce dernier est également un sportif convaincu qui pratique le golf et le polo et est même international à l'épée en 1921-1922, ce qui lui vaut par la suite de présider la fédération nationale d'escrime et de faire partie du Comité international olympique. En même temps, il collabore fréquemment à divers périodiques comme la Revue de Paris, la Revue de France, l'Illustration et l'Information et publie de nombreux ouvrages économiques et historiques : l'Antagonisme économique du Nord et du Sud de l'Italie (1904), Le compte de la pacification marocaine (1920), Régimes monétaires et finances coloniales (1923), Nos dettes de guerre (1926), La querelle du franc (1928), le Financier (1931), Justice et injustice fiscale (1933), La réforme de l'Etat au XVIIIe siècle (1934), Veillons au salut de l'Empire (1937), Lucien Bonaparte (1939), La France et la mer (1940).

Cette activité à multiples facettes est d'ailleurs sanctionnée par un grand nombre de décorations : chevalier de la Légion d'honneur, François Piétri se vit également attribuer la Croix de guerre, la Croix des blessés, la Médaille de Verdun, le grand cordon de la Couronne de Belgique, de la Couronne d'Italie, de l'Aigle blanc de Yougoslavie, de l'Etoile de Roumanie, d'Isabelle la Catholique, du Ouissam Alaouite, du Nichan, le titre de commandeur de Charles III, des Saints Maurice et Lazare, de la Couronne du chêne et le Mérite civil du Maroc.


Retour haut de page