Marcel Poimboeuf

1889 - 1974

Informations générales
  • Né le 16 mars 1889 à Montrouge (Hauts-de-Seine - France)
  • Décédé le 8 juin 1974 à Chelles (Seine-et-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Vosges
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Vosges
Groupe
Mouvement républicain populaire
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Vosges
Groupe
Mouvement républicain populaire

Biographies

Biographie de la IVe République

POIMBOEUF (Marcel, Jean-Paul, Edouard)
Né le 16 mars 1889 à Montrouge (Seine)
Décédé le 8 juin 1974 à Chelles (Seine-et-Marne)

Député de la première et de la deuxième Assemblée nationale constituante (Vosges)
Député des Vosges de 1946 à 1951

Importante figure du syndicalisme chrétien, Marcel Poimboeuf a effectué une scolarité abrégée à l’école Arago avant de devenir employé de commerce. En 1905, à l’âge de seize ans, il assiste à une réunion du Sillon auquel il adhère d’emblée et prend part à toutes les formes d’action. Il se soumet à la condamnation pontificale de 1910 et refuse d’adhérer au mouvement Jeune République, tout en conservant intactes ses sympathies sillonistes.
Adhérent, depuis 1906, au syndicat des employés de commerce et de l’industrie, Marcel Poimboeuf y accède, après la guerre, à des postes de responsabilité, d’abord au conseil syndical puis, en 1925, comme secrétaire général de la fédération. Entre-temps, il a participé en 1919 à la création de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) dont il est élu par la suite membre du conseil national, puis du bureau confédéral. Il joue désormais un rôle important dans la vie nationale des syndicats. En 1937, il entre au Conseil supérieur du travail et au Conseil national économique. A la veille de la guerre, il est élu vice-président de la CFTC.
Cette dernière ayant été dissoute, comme les autres fédérations syndicales, Marcel Poimboeuf accepte, en mars 1941, de participer à l’élaboration de la Charte du travail. Mais il démissionne l’année suivante et tourne ses regards vers la France libre. Il se rend à Londres en avril 1943 pour représenter le syndicalisme chrétien auprès du Conseil national français. Malgré des relations assez froides avec le général de Gaulle, il rejoint Alger et siège à l’Assemblée consultative dont il est, par ailleurs, l’un des délégués à la Conférence de Brazzaville en janvier 1944. Après la Libération, il représente la CFTC dans cette même assemblée transférée à Paris. Ses interventions en séance sont nombreuses et portent sur les sujets les plus divers. Il prend la parole dans les débats budgétaires et dans la discussion de certains projets d’ordonnance sur la réorganisation de la presse, les comités d’entreprise et le droit de vote des femmes.
Marcel Poimboeuf se présente dans le département des Vosges, le 21 octobre 1945, à l’élection de l’Assemblée constituante, tête de liste du Mouvement républicain populaire (MRP), parti auquel il a adhéré dès sa fondation. Il est élu avec 26 034 voix sur 169 105 suffrages exprimés. Il est nommé aux commissions des affaires étrangères et de l’équipement national, ainsi qu’à la Haute cour de Justice. S’il ne dépose aucune proposition de loi, il participe aux discussions des projets de loi portant nationalisation de la Banque de France et du crédit, puis de l’électricité et du gaz. Comme l’ensemble de son groupe, il rejette le projet constitutionnel du 19 avril 1946. L’élection de la seconde Assemblée constituante, le 2 juin, voit une forte poussée du MRP qui passe de 26 034 à 61 782 suffrages, dans le département des Vosges. Nommé aux mêmes commissions, Marcel Poimboeuf limite ses interventions au débat relatif à la Constitution, dont il vote l’adoption le 29 septembre.
L’élection de la première Assemblée nationale, le 10 novembre 1946, voit un net recul du MRP, qui chute à 42 478 voix au profit de l’Union gaulliste. Mais le parti conserve néanmoins ses deux sièges. Marcel Poimboeuf appartient à la commission des affaires économiques durant toute la législature et à la commission de la presse de 1949 à 1951. Il redevient membre de la Haute Cour de Justice, le 20 mai 1947. Il signe six rapports à caractère économique et social, ainsi que deux propositions de loi et trois propositions de résolution sur les mêmes thèmes du droit du travail et de la réglementation du droit de grève.
Son champ d’intervention en séance publique est extrêmement varié. Il prend la parole à 59 reprises, régulièrement dans la discussion annuelle de la loi de finances. Il prend part, également, à de nombreux débats importants, parmi lesquels, le statut de l’Algérie, la loi sur les conventions collectives, la loi d’amnistie, la loi électorale. Ses votes sont conformes à la discipline du groupe MRP : ils sont généralement favorables aux gouvernements dits de Troisième force. Mais avec Francine Lefebvre et Fernand Bouxom, avec l’abbé Pierre et dans une certaine mesure Robert Buron, il anime la tendance de gauche du MRP, très attachée aux conquêtes sociales et aux réformes de structure de la Libération. Ainsi, s’intéresse-t-il de très près à la composition et au fonctionnement du Conseil national économique, à partir du 18 juillet 1947. Le reclassement de la fonction publique (6 février 1948) et la lutte contre les hausses de prix injustifiées (17 février 1948) en témoignent, dans les premières années de la législature. Marcel Poimboeuf est un parlementaire très investi dans les débats sur la modification du régime d’assurance vieillesse et sur l’organisation de la sécurité sociale dans les mines (26 novembre 1948). L’année suivante, il prend une part active à la discussion du projet de loi relatif aux conventions collectives et au règlement des conflits du travail (31 décembre 1949 et 3 janvier 1950).
Aux élections du 17 juin 1951, la double poussée du RPF et de la droite - ces deux mouvements comptant respectivement trois et deux élus -, prive Marcel Poimboeuf de son siège, sa liste n’obtenant que 10,6% des suffrages exprimés. Candidat dans le département de Seine-et-Marne le 2 janvier 1956, il n’est pas élu et ne se représente plus par la suite. Rendu à ses activités syndicales, il défend avec énergie la référence confessionnelle, ce qui l’oppose à la tendance « Reconstruction » animée par Paul Vignaux et Eugène Descamps. Il crée dans ce but les Equipes syndicales chrétiennes et demeure fidèle à la CFTC lors de la scission de 1964 qui donne naissance à la CFDT. Peu favorable au gaullisme, dont il dénonce la collusion avec les trusts et la permissivité morale, il préside jusqu’à sa mort un Cartel d’action morale et sociale. Marcel Poimboeuf disparaît le 8 juin 1974.




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