Henri Roulon

1884 - 1973

Informations générales
  • Né le 28 mars 1884 à Villiers-aux-corneilles (Marne - France)
  • Décédé le 4 mars 1973 à Troyes (Aube - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
Ire Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 21 octobre 1945 au 10 juin 1946
Département
Aube
Groupe
Parti républicain de la liberté
Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Aube
Groupe
Parti républicain de la liberté
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Aube
Groupe
Parti républicain de la liberté

Biographies

Biographie de la IVe République

ROULON (Henri, Jules)
Né le 28 mars 1884 à Villiers-aux-Corneilles (Marne)
Décédé le 4 mars 1973 à Troyes (Aube)

Membre de la première et de la seconde Assemblée nationale constituante (Aube)
Député de l'Aube à l'Assemblée Nationale de 1946 à 1951

Henri Roulon commence très jeune son apprentissage du métier d'agriculteur dans la ferme paternelle. A partir de son mariage en 1910, il quitte la Marne pour résider dans l'Aube. Ses trois enfants naissent entre 1910 et 1918. Durant le premier conflit mondial, il est maréchal des logis dans l'artillerie. Gazé, il obtient la croix de guerre. Il s'installe ensuite comme agriculteur à Moussey (Aube), dont il devient conseiller municipal.
Pendant l'entre-deux guerres, il est membre du Parti social français (PSF) et président de la Fédération auboise du Parti agraire. Mais après 1945, il n'aura plus de relation ni avec le Parti paysan qui tente de se reconstituer dans l'Aube, ni avec le Parti de la réconciliation française (PRF).
Durant l'occupation, sa ferme sert de centre de ravitaillement pour la Résistance et de refuge pour les réfractaires ou les aviateurs anglais.
Après guerre, il reste particulièrement impliqué dans les questions agricoles. Il fait partie de la deuxième commission betteravière de l'Aube. Il est membre des coopératives du lait et du blé de Troyes. Cependant, il dispose d'une faible influence personnelle dans le département. S'il est élu député du Parti de Rénovation Républicaine en octobre 1945, puis en juin et octobre 1946 sur la liste du Parti républicain de la liberté (PRL), il est le premier surpris par ses succès électoraux. Il les doit à son statut d'agriculteur et surtout à la récurrence de sa place de deuxième de liste d'André Mutter, personnalité de droite fort populaire dans le département. Au plan local, il ne fait pas partie du Comité directeur du PRL aubois et son action politique se borne à des discours sur les questions agricoles lors de réunions publiques.
Durant la première Assemblée constituante, membre du groupe d'Unité républicaine, il ne prend pas la parole et n'intervient guère plus durant la suivante, où il siège comme PRL. Sa ligne politique est en fait essentiellement dictée par sa fidélité aux positions d'André Mutter, ce qui le cantonne dans une opposition de droite antiétatique et anticommuniste, opposée aux deux projets successifs de Constitution et aux nationalisations. Il est membre de la commission de l’agriculture et du ravitaillement.
Redevenu député à partir d'octobre 1946, il travaille au sein de la commission de l’agriculture (1946-1951) et de celle du ravitaillement (1948-1950). Il est nommé juré à la Haute Cour de Justice en 1948 et, le 8 juin de la même année, il devient membre de la commission spéciale d’enquête chargée de vérifier la gestion et les comptes de la société des éleveurs bourbonnais et, en particulier, de l’abattoir de Villefranche-d’Allier. Henri Roulon est un parlementaire particulièrement actif. Durant son mandat, il dépose trois propositions de loi, six propositions de résolution, quatre rapports, un rapport supplémentaire et un avis. C’est dans ce domaine agricole qu'il s'affirme à l'Assemblée nationale, où ses interventions contre la politique agricole de l'Etat emportent le soutien de la droite. Son cheval de bataille est la défense des intérêts agricoles, grâce à des mesures fiscales d'aide aux agriculteurs retraités ou touchés par les intempéries, des exemptions diverses ou le soutien des prix. Adversaire des taxes et des prix bas, il prône une modernisation accélérée de l'agriculture, soutenue par l'Etat, et visant à augmenter la production au risque de la surproduction, comme en témoigne son intervention du 24 février 1949. Il soutient alors la mauvaise qualité des pommes de terre de semences bretonnes, le prix trop faible du blé, les bénéfices insuffisants laissés par la culture de la betterave à sucre et la nécessité de construire de nouvelles distilleries de betteraves. Il est ainsi le promoteur inlassable de la culture betteravière, dont la production de sucre et d'alcool pour le carburant lui semble être un gage de développement économique pour l'agriculture et le pays tout entier. Il remplit aussi les fonctions de rapporteur, à l’occasion de l’élaboration et de la discussion de la loi relative à la fixation du prix du blé, à partir du 27 juillet 1950. Dans la discussion du projet de loi relatif au budget annexe des prestations familiales agricoles, le 16 mai 1951, il défend un amendement tendant à tenir compte des enfants à charge résidant à l’étranger.
Séduit par le Rassemblement du peuple français (RPF), il en devient membre et siège au sein de l'intergroupe gaulliste à l'Assemblée, tout en restant membre du PRL, puis des Indépendants et Paysans, grâce à la double appartenance. Mais en avril 1951, face à la décision du général de Gaulle de ne pas pratiquer d'apparentements, la fidélité à André Mutter l'emporte, et il démissionne du Rassemblement. A nouveau deuxième sur la liste des Indépendants, en juin 1951, il est privé de son mandat par le candidat RPF qui lui souffle le dernier siège.
En 1952, il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur.
En 1956, il est en troisième position sur la liste des Républicains sociaux qui connaît l’échec. Il se retire ensuite complètement de la vie politique. Il décède le 4 mars 1973, dans sa quatre-vingt-neuvième année.

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