Kaddour Sator

1911 -

Informations générales
  • Né le 14 avril 1911 à Alger (Algérie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Gouvernement provisoire de la République française
Législature
2e Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 2 juin 1946 au 27 novembre 1946
Département
Anciens départements d'Algérie
Groupe
Union démocratique du Manifeste algérien

Biographies

Biographie de la IVe République

SATOR (Kaddour)
Né le 14 avril 1911 à Alger (Algérie)

Membre de la deuxième Assemblée nationale constituante (Constantine)

Kaddour Sator appartient à l'élite intellectuelle et sociale de la communauté musulmane d'Algérie. Fils d'un avocat algérois, il conduit des études de droit et s'établit à son tour comme avocat à Alger. Kaddour Sator se lance très tôt dans l'opposition au régime de Vichy en Algérie et collabore au journal clandestin L'Action algérienne créée en 1943. Proche des vues fédéralistes de Ferhat Abbas, il se rallie à lui dès la rédaction du Manifeste du peuple algérien. Dès lors, il ne s'écartera guère du sillage du futur président du Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA). Kaddour Sator participe à la fondation de l'UDMA (Union démocratique du Manifeste algérien) en mai 1946 et accepte de figurer en quatrième position sur la liste dirigée par Abbas lors des élections à la seconde Assemblée nationale constituante de juin 1946.
Candidat au deuxième collège dans le département de Constantine, Kaddour Sator, dont la liste a recueilli quelque 254 986 des 289 668 suffrages exprimés, soit 88 % des voix, est élu député, comme la totalité de ses colistiers.
Une fois son élection validée le 19 juin 1946, Kaddour Sator rejoint la commission du règlement et des pétitions, le 26 juin 1946, et celle de l'intérieur, de l'Algérie et de l'administration générale, départementale et communale, le 10 septembre 1946. Au nom de cette dernière et sur la proposition de résolution de Ferhat Abbas et d’autres de ses collègues, il dépose un rapport tendant à inviter le gouvernement à réparer les torts matériels subis par les familles françaises et musulmanes lors des événements du 8 mai 1945 et des jours suivants en Algérie.
Il intervient à quatre reprises en séance. Il interpelle ainsi le gouvernement Bidault sur sa composition et sa politique (26 juin 1946). Il prend la parole dans la discussion du rapport de son collègue Archidice, relatif à la régularité des opérations électorales de juin 1946 dans le département d'Alger et sur le territoire de Ghardaïa (19 juillet 1946). Plus avant, à l’occasion d’une interpellation du député Quilici, il s’élève contre la politique du gouvernement en Algérie, le 23 août 1946. Enfin, il se distingue plus longuement lors du débat sur la proposition de loi relative à l'élection des députés en Algérie, dans la perspective des élections législatives à venir et soutient, à cette occasion, les amendements déposés par Ferhat Abbas. Il vote en faveur du second projet de constitution, le 28 septembre 1946.
S'il ne se représente à aucune élection législative, Kaddour Sator ne quitte pas pour autant la scène politique. algérienne. Il rencontre Abbane Ramdane à Alger en 1955 et accepte, non sans réticence, le ralliement de l'UDMA au Front de libération nationale (FLN).
Au moment du référendum du 1er juillet 1962, Kaddour Sator copréside, avec Abderrhamane Farès et René Capitant, la commission de contrôle électoral.
Dans un entretien avec Henri J. Douzon (La Guerre d'Algérie, Tome I, 1981), il déclare : « la lutte légale aboutissait à une impasse. Une impasse que les Français ont eux-mêmes créée de façon extraordinaire. Ils nous ont eux-mêmes fait la démonstration urbi et orbi qu'on n'arriverait à rien ainsi. On a fait des élections : ils ont falsifié les élections. Il y avait des procès-verbaux : ils ont falsifié les procès-verbaux. Des hommes étaient élus. On disait le lendemain qu'ils ne l'étaient plus et on les jetait en prison. Des électeurs allaient aux urnes : ils étaient mitraillés. »

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